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Programme de formation pour le huitième centenaire de Sainte Elisabeth de Hongrie.
Deuxième année : L’Aspect spirituel.
Leçon 10. Vie de pénitence et de prière. La pénitence. Comment les séculiers peuvent être des contemplatifs. Quand Élisabeth professa comme pénitente en 1229 et fonda son hôpital à Marburg, elle continuait sa vie de pénitence et de conversion qu’elle avait déjà commencé. Mais cette nouvelle vie requiert encore plus d’engagement et plus de sacrifice. Par son action pour les pauvres, elle déversa sur les autres les fruits de sa pénitence et les grâces reçues.
Cette année, nous avons étudié la nature de la pénitence et de la conversion et aussi son application dans notre formation comme franciscains séculiers. Quand, dans cette leçon, nous regardons la pleine croissance de la vie de pénitence d’Elisabeth, il est bon de se pencher sur les fruits de cette pénitence dans notre propre vie au service des autres et dans notre vie de prière. La vie de pénitence nous demande d’abord de nous débarrasser de notre égoїsme et de nos péchés, et de laisser la place à Dieu. Elle nous demande aussi de nous consacrer aux autres. Notre Règle (II ;14) nous rappelle que si nous voulons suivre Jésus, qui n’est pas seulement Dieu mais un homme parfait, nous devons comme lui, exercer nos responsabilités de service auprès des autres, y compris auprès des plus petits. Nous devons servir les autres avec le même esprit avec lequel Jésus a lavé les pieds de ses disciples (Jn. 13 :12-15). C’est cela que fit Elisabeth toute sa vie et c’est cela que nous aussi nous devons faire. Nous voulons ressembler à Jésus et devenir parfaits pas pour nous seulement mais pour les autres aussi. Parce que nous sommes séculiers, nous exerçons nos activités dans le monde auprès de nos sœurs et frères. Dans ses activités à l’hôpital comme dans sa vie matrimoniale, Elisabeth sut insérer également la prière contemplative. Notre Règle (II ,8) demande spécifiquement aux franciscains séculiers de « faire de la prière et de la contemplation l’âme de leur vie et de leur agir ». Cela implique que nous devons inclure dans notre prière la dimension contemplative. Mais qu’est-ce que c’est que la prière contemplative ? Il nous est souvent dit, à nous qui avons une vie active, que tout notre travail, s’il est offert à Dieu, est prière. Nous avons aussi la messe et notre office quotidien, la prière liturgique de l’Eglise. Mais ces deux formes de prières sont différentes de la contemplation qui consiste à élever nos cœurs et nos esprits à Dieu. Nous trouvons souvent cette forme de prière difficile. Comment faire, pour trouver le temps qu’il faut pour lever nos âmes à Dieu , absorbés comme nous le sommes par la vie de famille et le travail, distraits par la télé, l’Internet et les nouvelles de l’actualité quotidienne? Nous pouvons nous référer dans l’Evangile, aux paroles de Jésus, adressées à une femme de ménage très active. Jésus vient visiter Marthe et Marie. Marthe, hôtesse accomplie, accueille admirablement bien Jésus en lui préparant un bon repas, avec tout le confort nécessaire. Nous faisons pour Jésus les choses similaires. Cela représente aussi le service que nous portons aux autres qui sont dans le monde. Marie pour sa part, a choisi de s’asseoir au pied de Jésus, d’écouter ses paroles et de profiter de sa présence avec joie. Cela pourrait être la contemplation. Marthe fait remarquer à Jésus que Marie, la contemplative, ne faisait pas son devoir, elle aurait dû se lever elle aussi pour aider à servir. Jésus dit à Marthe, « tu t‘inquiètes et t’agites pour bien des choses » et il ajoute qu’une seule chose est nécessaire, c’est d’écouter Sa parole (Lc.10 ; 41,42). L’Eglise s’est souvent servie de ce contraste entre les deux sœurs pour marquer la différence entre la vie active et la vie contemplative comme deux vocations différentes, l’une pour les laïques et les religieux qui passent leurs vies aux services des autres, et l’autre pour les religieux qui consacrent leurs vies dans la prière contemplative. Mais Jésus dit aussi à Marthe, qui mène une vie active, qu’elle doit faire plus de place dans sa vie à écouter sa parole et à le contempler. Tous les chrétiens doivent combiner ces deux choses. Comme dit St. Augustin : « personne ne doit être si contemplatif au point de ne pas penser à rendre service à son voisin, ni si actif au point de ne pas chercher à contempler Dieu » (sur la Cité de Dieu, XIX, 19). Dieu est présent dans chaque vie et dans toutes les phases de la vie. Nous pouvons mieux nous préparer pour trouver et jouir de sa présence en simplifiant l’aspect extérieur de nos vies et en évitant les choses superficielles, inutiles, égoїstes, et vaines. Il nous faut trouver ce qui est important dans nos vies et éliminer ou réduire les autres choses. Durant sa courte vie, Elisabeth sépara les choses importantes des choses inutiles. Quand nous lisons sa vie nous sentons qu’elle ne cherchait jamais à perdre son temps afin d’avoir suffisamment de temps pour accomplir à la fois ses services auprès des autres et pour vivre davantage en présence de Dieu. Nous pouvons élever nos cœurs à Dieu dans la contemplation au cours de nos tâches quotidiennes. Elisabeth s’engagea dans ce genre de prière pendant qu’elle préparait le repas pour ses sœurs. Souvent nous avons, au travail, des temps pendant lesquels nos esprits ne sont pas occupés. Ainsi pendant le repassage, le jardinage, dans le transport qui nous conduit au travail ou dans la voiture, pendant qu’on attend la sortie des classes des enfants, nous trouvons le temps pour penser à Dieu au lieu d’occuper nos esprits à penser à la télé, à la radio, aux revues. Cela demande de la discipline et de la volonté. Cela nous demande aussi, comme chrétiens engagés, à consacrer ce temps au Seigneur notre Dieu. Prions afin que nous puisions suivre l’exemple de Sainte Elisabeth dans les deux faces de sa vie de pénitente : Prière et Service. Réflexion spirituelle Qu’est-ce que je considère les plus important dans ma vie ? Est-ce que Dieu a la place qu’il devrait avoir ? Quelles sont les choses sans importance et inutiles qui remplissent ma vie ? Comment puis-je en éliminer quelques unes afin de me donner plus de temps à la prière et au service des autres ? Quand je rends service aux autres, est ce que je le fais avec l’esprit de Jésus ? Y a-t-il des moments plus favorable dans ma journée pour contempler Dieu ? La parole de Dieu. Comme Jésus et ses disciples étaient en chemin, il entra dans un village où une femme appelée Marthe, le reçut chez elle. Elle avait une sœur, appelée Marie, qui s’assit aux pieds du Seigneur et écoutait ce qu’il enseignait. Marthe était fort affairée aux nombreux travaux du ménage. Elle survint et dit : « Seigneur cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule accomplir tout le travail ? Dis-lui donc de m’aider.» Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses, mais une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera pas enlevée ». (Lc.10 ;38-42) Après leur avoir lavé les pieds, Jésus remit ses vêtements, se rassit a table et leur dit : « comprenez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m’appelez ‘‘Maître’’ et ‘‘Seigneur,’’ et vous avez raison, car je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Je vous ai donné un exemple pour que vous agissiez comme j’ai agi envers vous. (Jn.13 ; 12-15).
Règle Franciscaine. Jésus fut le véritable adorateur du Père : à son exemple, ils feront de la prière et de la contemplation l’âme de leur vie et de leur agir. Pour revivre en eux les mystères de la vie du Christ, qu’ils participent à la vie sacramentelle de l’Eglise, surtout à l’Eucharistie; ils s’associeront également à sa prière liturgique dans une des formes qu’elle propose. (Reg. II :8) Avec tous les hommes de bonnes volonté, les laïcs franciscains sont appelés à construire un monde plus fraternel et plus évangélique, afin qu’advienne le Règne de Dieu. Conscients que ‘‘quiconque suit le Christ, homme parfait, devient lui-même plus homme,’’ ils exerceront avec compétence leurs propres responsabilités dans un esprit chrétien de service. (Reg. II :14)
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