Programme de formation pour le huitième centenaire de la naissance de

Sainte Elisabeth de Hongrie

La vie de sainte Elisabeth

Troisième mois : Le mariage.

Elisabeth avait compris que le mariage n’était pas juste un moyen de bonheur ou une satisfaction personnelle, mais une vocation aussi sérieuse qu’une vocation religieuse et un moyen auquel elle est appelée à atteindre la sainteté.

L’amour de ceux qui nous sont proches est à la base de notre compréhension sur l’amour en général et comment nous devons aimer Dieu. Ceci est aussi vrai pour l’amour conjugal, comme nous dit le Concile Vatican, cet amour « jaillit de la source de l’amour divin » ce qui signifie qu’il a son origine en Dieu ; le Concile ajoute que «l’amour conjugal authentique englobe l’amour divin.» (GS., no.48).

Peu d’attention a été accordée au mariage dans la vie des saints ; en effet, jusqu’à tout récemment, Elisabeth était une des rares personnes mariées, canonisées. Elle est l’heureuse épouse de Louis IV de Thuringe qui est aussi considéré comme un saint par le peuple.

Elisabeth vivait l’amour du mariage comme un moyen pour aimer Dieu. Isentrude, une de ses plus proches amies, qui fut aussi sa dame de compagnie, disait qu’Elisabeth et son mari «  vivaient la vie du mariage d’une manière digne de louange. Ils s’aimaient mutuellement d’une merveilleuse affection qui gentiment et avec persuasion entraînait l’un l’autre dans la louange et le service de Dieu. »

Ils étaient des saintes personnes non parce qu’ils n’avaient pas de problèmes, mais parce qu’ils les surmontaient tous. Un des ces problèmes fut le fait qu’ils vivaient dans une ambiance immorale de la cour royale, parmi des multiples tentations, que les auteurs de ce temps n’essayaient nullement de nous cacher. Mais ils étaient résolus à éviter ces pièges. Les sujets de Louis lui exprimèrent leur surprise qu’il n’était point infidèle à sa femme. Il répondit, « Ne vous avisez jamais à me dire cela encore: j’ai une femme en qui je dois toute fidélité.» De sa part Elisabeth avait à faire face à de longues séparations de son mari qui voyageait souvent au nom de l’empereur. Pendant ces absences, elle s’abstenait de toutes les festivités et divertissements de la cour et passait son temps dans la prière, pour s’éloigner de toute distraction mondaine et des tentations.

Comme toutes les femmes mariées, Elisabeth avait à répartir le temps accordé à son travail, ses enfants et l’attention consacrée à son mari avec ses devoirs envers Dieu.

Le fait d’être consciente de l’injustice causée par les riches, et son désir pour une vie plus simple, la mettaient souvent en conflit avec son amour pour son mari. Les officiers que ce dernier employait extorquaient du peuple des taxes injustes, en nature. Elisabeth, en cas de conscience, ne mangerait aucun produit provenant de cette source. En ce faisant elle accuserait implicitement le gouvernement de son mari de l’injustice. Louis respectait la conscience de son épouse et soutenait son choix en promettant qu’il allait bientôt changer la situation.

Elisabeth vivait fidèlement l’amour de sa famille dans l’amour de Dieu, par la manière qu’elle et son époux pratiquaient la fidélité dans le mariage, le respect envers l’un l’autre, la dévotion pour la même foi, et le travail quotidien. Elisabeth et Louis mettaient Dieu au centre de leur vie conjugale. Ils nous montrent aussi comment vivre cet amour. Ils accomplissent ainsi les paroles de Saint Paul :

L’amour est patient, l’amour est bon. Il n’est pas jaloux, il ne se vente pas, il n’est pas orgueilleux ; l’amour ne fait rien de honteux, il n’est pas égoïste, il ne s’irrite pas, il n’éprouve pas de rancune ; l’amour ne se réjouit pas de mal, mais se réjouit de la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout.

L’amour ne disparaît jamais. (1 Cor. 13 : 4-8)

Evangile : [Jésus dit] : « au commencement le Créateur les fit ‘mâle et femelle’, à cause de cette raison l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair. » (Mt. 19 : 5-6)

« Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres. » (Jn. 13 : 34-35)