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12: Jésus-Christ, le tout premier et
le plus grand évangélisateur (EN 7
-12)
Commentaires,
extraits et questions par Ewald Kreuzer, ofs
Le
Pape Paul VI nous rappelle en quelques
mots clairs comment Jésus a pratiqué l'évangélisation : Il a proclamé le "royaume de
Dieu" et le "salut de l'homme". Ces clés de Son message sont
toutes deux offertes à chaque être humain.
Accompagnée de nombreux signes, actions et miracles, la proclamation
de l'Évangile avait et a toujours le pouvoir de changer le cœur et l'esprit
des hommes et de renouveler leur vie.
Etant
Franciscains, nous nous remémorons comment François d'Assise a été touché
profondément par ces mots de l'Évangile et comment il a été guidé par le
Saint-Esprit à une conversion radicale de sa vie.
7. Jésus, premier
évangélisateur. Jésus lui-même [Cf. Mc1:1;Rom
1:1-3] a été le tout premier et le plus grand évangélisateur. Il l’a été
jusqu’au bout : jusqu’à la perfection, jusqu’au sacrifice de sa vie
terrestre. Evangéliser : quelle signification cet impératif a-t-il eu pour le
Christ ? Il n’est certes pas aisé d’exprimer, dans une synthèse complète, le
sens, le contenu, les modes de l’évangélisation telle que Jésus la concevait
et l’a réalisée. D’ailleurs une telle synthèse ne pourra jamais être
terminée. Qu’il Nous suffise de rappeler quelques aspects essentiels...
8.
L'annonce du Règne de Dieu. Evangélisateur, le
Christ annonce tout d’abord un Règne, le Règne de Dieu, tellement important
que, par rapport à lui, tout devient “ le reste ”, qui est “ donné par
surcroît ” [Cf. Mt 6:33]. Seul le
Règne est donc absolu et il relativise tout ce qui n’est pas lui. Le Seigneur
se plaira à décrire sous mille formes diverses le bonheur d’appartenir à ce
Règne, bonheur paradoxal fait de choses que le monde rejette [Cf. Mt 5:3-12]; les exigences du Règne et sa Charte [Cf. Mt 5-7], les hérauts du Règne [Cf. Mt 10], ses mystères [Cf. Mt 13], ses enfants [Cf. Mt 18], la vigilance et la
fidélité demandées à quiconque attend son avènement définitif [Cf. Mt 24-25].
9. L’annonce du Salut libérateur. Comme noyau et centre de sa Bonne Nouvelle, le Christ annonce le
Salut, ce grand don de Dieu qui est libération de tout ce qui opprime l’homme
mais qui est surtout libération du péché et du Malin, dans la joie de
connaître Dieu et d’être connu de Lui, de Le voir, d’être livré à Lui. Tout
cela commence durant la vie du Christ et est définitivement acquis par sa
mort et sa résurrection, mais doit être patiemment conduit au cours de
l’histoire, pour être pleinement réalisé au jour de l’Avènement définitif du
Christ, dont nul sauf le Père ne sait quand il aura lieu. [Cf.
Mt 24:36;Actes 1:7;1 Thes 5:1-2].
10. Au prix d’un effort
crucifiant. Ce Règne
et ce Salut, mots-clés de l’évangélisation de Jésus-Christ, tout homme peut
les recevoir comme grâce et miséricorde, et pourtant simultanément chacun
doit les conquérir par la force — ils appartiennent aux violents, dit le
Seigneur [Cf. Mt 11:12; Lc16:16] — par la
fatigue et la souffrance, par une vie selon l’Evangile, par le renoncement et
la croix, par l’esprit des béatitudes. Mais, avant tout, chacun les conquiert
moyennant un total renversement intérieur que l’Evangile désigne sous le nom
de “ metanoia ”, une conversion radicale, un changement profond du regard et
du cœur.[Cf. Mt 4:17].
11.
Prédication
infatigable. Cette
proclamation du Royaume de Dieu, le Christ l’accomplit par la prédication
infatigable d’une parole dont on dira qu’elle ne trouve d’égale nulle part
ailleurs : “ Un enseignement neuf! Donné de sa propre autorité! ”[Mc 1: 27] ; “ Tous s'étonnaient de
la faveur divine qui s'exprimait par sa bouche ” [Lc 4:22] ; “ Personne n'a jamais parlé comme ça! ”[Jn 7:46]. Ses paroles dévoilent le
secret de Dieu, son dessein et sa promesse, et changent par là le cœur de
l’homme et son destin.
12. Avec des signes évangéliques Mais il réalise
également cette proclamation par d’innombrables signes qui font la stupeur
des foules et en même temps les entraînent vers lui pour le voir, l’écouter
et se laisser transformer par lui : malades guéris, eau changée en vin, pain
multiplié, morts qui reviennent à la vie. Et, entre tous, le signe auquel il
donne une grande importance : les petits, les pauvres sont évangélisés,
deviennent ses disciples, se réunissent “ en son Nom ” dans la grande
communauté de ceux qui croient en lui. Car ce Jésus qui déclarait : “ Je dois
annoncer le règne de Dieu ”[Lc 4:43] est
le même Jésus dont Jean l’Evangéliste disait qu’il était venu et devait
mourir “ pour rassembler tous les enfants dispersés de Dieu” [Jn 11:52].
Ainsi
achève-t-il sa révélation, en la complétant et en la confirmant, par toute la
manifestation qu’il fait de lui-même, par paroles et oeuvres, par signes et
miracles, et plus particulièrement par sa mort, par sa résurrection et par
l’envoi de l’Esprit de Vérité [Cf.
Concile oecuménique Vatican II, Constitution dogmatique sur la Révélation
divine Dei Verbum, n. 4 : AAS
58 (1966), pp. 818-819.]

Questions pour la réflexion et la discussion en Fraternité
1.
Comment comprenez-vous les deux
mots-clé utilisés par Jésus dans son évangélisation : "Le royaume de
Dieu" et "Le Salut?"
2.
Qu'y a t il de
"nouveau" dans l'enseignement de Jésus? En quoi son message peut-il
changer le cœur des hommes et leur destin?
3.
Comment nous, Franciscains
Séculiers, pouvons-nous témoigner de l'amour de Dieu et de sa bonté?
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3 / 3: La Journée mondiale de la paix 2011
LIBERTÉ RELIGIEUSE, CHEMIN VERS LA PAIX (11-15)
Réflexion, extraits et
questions par Fr. Amando Trujillo Cano, TOR
Le 7 mars, l'Église
célèbre la mémoire des saintes Perpétue et Félicité ainsi que de leurs compagnons
qui, en l'an 203 ont subi le martyre après leur arrestation à Thurubo minus, petite ville de la
province romaine d'Afrique. Cinq d'entre eux étaient de jeunes catéchumènes
que leur catéchiste rejoignit volontairement en prison à Carthage. Leur
arrestation, leur martyre résultaient d'un édit de l'empereur Septime Severe
(193-211) qui interdisait à tout sujet de l'empire, sous les peines les plus
sévères, de se convertir aux religions chrétienne ou juive. (Scrpitores
Historiae Augustae, Severus, 17 1).
Perpétue (181-203), jeune
mère, intelligente et bien éduquée faisait partie d'une famille qui était
chrétienne à l'exception de son père. Félicité était la domestique de
Perpétue. Mariée, elle aussi, elle a donné naissance à son premier enfant
deux jours seulement avant le martyre. Leur foi dans le Christ avait fait
d'elles de véritables sœurs. Les cinq catéchumènes ont été baptisés par leur
catéchiste pendant leur incarcération et ont reçu la visite d'autres
chrétiens tandis que le père de Perpétue
tentait de la persuader d'abandonner sa foi et de sauver sa vie.
Tous ces martyrs, refusant
d'adorer l'Empereur comme un dieu, ont témoigné de leur foi dans le Christ.
Après jugement et condamnation par le Procureur Hilarianus qui était
violemment anti-chrétien, ils ont enduré leurs souffrances avec courage et
patience. Perpétue et Saturus, l'un des néophytes, ont eu pendant leur
emprisonnement des visions qui les ont préparés pour la dernière lutte.
Perpétue a commencé alors à écrire un journal relatant son procès et les
expériences extraordinaires faites pendant ces jours. Avant sa mort elle transmis son journal à un autre chrétien qui le compléta
par le récit de leur martyre. Le jour du sacrifice, ils furent flagellés puis
jetés dans l'amphithéâtre pour y être attaqués par des bêtes sauvages devant
une grande foule aux réactions malsaines. Avant d'être mis à mort par l'épée,
ils se sont donné un dernier baiser de paix.
La commémoration des
saintes Perpétue et Félicité et de leurs compagnons nous rappellent que la
primitive Église a enduré la persécution dans l'empire romain durant deux
siècles et demis parce que les Chrétiens refusaient de reconnaître la
divinité présumée de l'empereur. Cette attitude était considérée comme une
offense à la religion romaine et une menace pour l'unité nationale, marquée
et confortée par la divinisation de l'empereur. Ces martyrs ont donné un
témoignage remarquable de foi dans le Dieu révélé par Jésus de Nazareth, et
de la grande dignité qu'il gagna pour nous et qui nous impose de n'adorer
personne d'autre que notre Dieu. Cette commémoration introduit parfaitement
notre résumé de la dernière partie du message du Pape pour la Journée mondiale de la Paix 2011:
"La liberté religieuse, chemin vers la paix".

11
- Le dialogue comme recherche en commun. En ce paragraphe 11 de son
message pour la Journée mondiale de la Paix 2011 Benoît XVI nous dit que pour
l'Eglise, le dialogue entre les fidèles des diverses religions représente un
instrument important pour collaborer au bien commun avec toutes les
communautés religieuses. L’Eglise elle-même, dit-il, ne rejette rien de ce
qui est vrai et saint dans les diverses religions, et il cite saint Thomas
d’Aquin: « toute vérité, qui que ce soit qui la dise, vient de l’Esprit Saint
». Mais, dit le Pape, le chemin
ainsi indiqué n’est pas celui du relativisme ou du syncrétisme religieux.
L’Eglise en effet "annonce, et est tenue d’annoncer sans cesse le Christ
qui est "le chemin, la vérité, la vie" (Jn 14:6)". Dans ce contexte, la célébration cette année du
vingt-cinquième anniversaire de la Journée mondiale de prière pour la paix,
convoquée en 1986 à Assise par le vénérable Jean-Paul II, est un motif
d'espérance en un avenir où tous les croyants se sentent et deviennent
effectivement artisans de justice et de paix.
12
- Vérité morale dans la politique et dans la diplomatie. La politique et la
diplomatie devraient prendre en considération le patrimoine moral et
spirituel offert par les grandes religions du monde pour reconnaître et
affirmer des vérités, des principes et des valeurs universelles qui ne
peuvent être niés sans nier en même temps la dignité de la personne humaine.
C'est ce que tente la Charte de l’Organisation des Nations Unies de
1945, qui présente des valeurs et des principes moraux universels de
référence pour les normes, les institutions, les systèmes de coexistence au
niveau national et international... Dans la pratique,
promouvoir la vérité morale dans le monde de la politique et de la diplomatie
cela veut dire agir de manière responsable à partir de la connaissance
objective et complète des faits et déstructurer des idéologies politiques qui
finissent par supplanter la vérité et la dignité humaine, cela veut dire
favoriser un engagement constant pour fonder la loi positive sur les principes
de la loi naturelle.
13
- Au delà de la haine et des préjugés. En dépit des enseignements
de l’histoire et des efforts de nombreuses organisations et individus, on
constate dans le monde aujourd’hui encore des persécutions, des
discriminations, des actes de violence et d’intolérance liés à la religion.
En Asie et en Afrique en particulier, les principales victimes sont les
membres des minorités religieuses, auxquels il est interdit de professer
librement leur religion ou d’en changer, par des intimidations et par la
violation de leurs droits et libertés. Dans les pays occidentaux l'hostilité à la religion assume des formes
plus sophistiquées telles que le reniement de l’histoire et le rejet des
symboles religieux dans lesquels se reflètent l’identité et la culture de la
majorité des citoyens. Ces attitudes alimentent souvent haine et préjugés. Le
Pape appelle les leaders des grandes religions du monde et les
responsables des Nations à renouveler leur engagement pour la promotion et la
sauvegarde de la liberté religieuse, en particulier pour la défense des
minorités religieuses, qui ne représentent pas une menace pour l’identité de
la majorité, mais au contraire une opportunité de dialogue et
d’enrichissement culturel réciproque !
14 -
La liberté
religieuse dans le monde. S'adressant aux
communautés chrétiennes qui souffrent de persécutions, de discriminations, de
violences et d’intolérance, le Pape les assure de son affection paternelle et
de sa prière et demande à tous les responsables d’agir avec promptitude pour
mettre fin à toute brimade contre les chrétiens qui habitent ces régions. Il
exhorte ces chrétiens à ne pas perdre courage car le témoignage rendu à l’Evangile est et sera toujours signe de
contradiction et ajoute : "Joie, oui, joie, dans le mépris, la
persécution, le fiel, à cause de moi, joie et joie encore pour vous, un
salaire élevé vous attend dans les cieux."» (Mt 5, 11-12 -
ici et ailleurs Bible Bayard). Le Pape nous demande de renouveler "l’engagement pris par nous à
l’indulgence et au pardon que nous demandons à Dieu dans le Notre
Père" et exprime son espoir que notre cri de
douleur soit toujours accompagné par la foi, par l’espérance et le témoignage
de l’amour de Dieu et qu’en
Occident, spécialement en Europe, cessent l’hostilité et les préjugés à
l’encontre des chrétiens qui veulent donner à leur vie une orientation
cohérente avec les valeurs et les principes exprimés dans l’Evangile.
15
- La liberté religieuse, chemin vers la paix. Le Pape termine son
message en affirmant: Le monde a besoin de Dieu. Il a besoin de valeurs
éthiques et spirituelles, universelles et partagées, et la religion peut
offrir une contribution précieuse dans leur recherche pour la construction
d’un ordre social juste et pacifique au niveau national et international. Il
nous rappelle aussi que la paix est
un don de Dieu et en même temps un projet à mettre en œuvre, jamais
complètement achevé. Une société réconciliée avec Dieu est plus proche
de la paix qui n’est pas simplement l’absence de guerre, qui n’est pas le
simple fruit d’une prédominance militaire ou économique, ni encore moins de
ruses mensongères ou d’habiles manipulations. La paix, en fait, est le
résultat d’un processus de purification et d’élévation culturelle, morale et
spirituelle de chaque personne et chaque peuple, processus dans lequel la
dignité humaine est pleinement respectée.
Questions pour réflexion et discussion en Fraternité:
1. Dans le (les)
milieux que vous fréquentez, quel genre de dialogue entendez-vous entre
partisans de religions différentes dans la recherche du bien commun?
2.
Comment les chrétiens peuvent-ils encourager à une
vérité morale dans le monde politique et diplomatique?
3. Que pouvez-vous, que peut faire votre
Fraternité OFS s'il y a dans votre environnement des cas de persécution, de
discrimination, d'actes de violence ou d'intolérance à base religieuse?
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