PrÉsidence du Conseil international OFS

Project du Formation Permanente

Dossier Mensuel

AOUT 2010 – ANNÉE 1 – NO. 8

SECTION I : LE THÈME MENSUEL

 

Sujet II – 2 : Sens de l’appartenance à l’Ordre Franciscain Séculier

Appartenance à l’OFS, par Emmanuela de  Nunzio, SFO (n. 5, 7)

Résumé et commentaires de Ewald Kreuzer, SFO

 

n.5.  Appartenir à la Vie Ecclésiastique. Aujourd’hui la discussion entre l’Église et le monde porte sur les visions alternatives et globales  de l’homme et de la femme, de la paternité et de la maternité, de la sexualité, et par-dessus tout, des façons de vivre de sorte que les hommes et les femmes puissent se satisfaire dans la vie et se sentir satisfaits et heureux. Comment ceux qui, par leur Baptême, sont membres de l’Église Catholique, lui appartiennent et comment s’identifient-ils à Elle? Certains y appartiennent  totalement et sans réserve, avec la pleine conviction qu’ils appartiennent à l’âme de l’Église et qu’ils sont un membre du Corps Mystique du Christ. Mais, il y a aussi ceux (et ils sont peut-être plus nombreux) qui sont liés à l’Église par un fil très  fin, avec un sens d’appartenance limité à l’appartenance extérieure (croire sans appartenir).La Congrégation pour la Doctrine de la Foi  dénonce spécifiquement la « crise d’appartenance à l’Église comme un des sujets, qui devrait nous tenir en éveil, parce qu’il compromet le travail évangélique original des disciples de Jésus.

L’Église a reçu l’ordre de donner une réponse prophétique aux défis de notre temps. En fait,  elle maintient que la seule thérapie est le recouvrement des valeurs authentiquement humaines et chrétiennes, avec le retour des fidèles aux vraies origines et à la véritable identité dans une perspective christocentrique. Trois conclusions en découlent : le lien fort entre la foi et la réalité; l’importance du Christ dans le ‘quotidien’; l’attention continue à l’exacte relation de foi/liberté.

 

n.7.  L’identité franciscaine Séculière.  Au cours de la deuxième moitié du vingtième siècle, la famille franciscaine a expérimenté des transformations profondes. Le 24 juin 1978, les tertiaires ont reçu la nouvelle Règle, approuvée par le Pape Paul VI. D’abord, c’était le Second Concile du Vatican avec sa nouvelle orientation. Les documents du Concile ont fortement influencé  ceux qui ont écrit la Règle Pauline. Nous sommes entrés dans une période d’étude et d’assimilation de la nouvelle Règle. Elle est devenue un point de référence dans la recherche pour l’«identité ». L’attitude des frères et des sœurs a changé en une nouvelle  façon d’être franciscain, identique dans son essence, mais différente dans la manière de se manifester.

Le Troisième Ordre Franciscain a  pris le nouveau nom franciscain de « l’Ordre franciscain Séculier », exactement parce qu’il voulait souligner la présence des laïcs franciscains dans le monde; il voulait se distinguer dans son état « séculier », la caractéristique la plus significative du Tiers Ordre. Dans l’article 2, les Franciscains Séculiers sont des hommes et des femmes qui, « poussés  par l’Esprit, tendent vers la charité parfaite dans leur propre condition séculière. Par leur profession ils s’engagent à vivre l’évangile à la manière de  saint François au moyen de cette Règle approuvée par l’Église ». La législation mise à jour de l’OFS (Règle et Constitutions Générales) déclare que l’identité du Franciscain Séculier est exprimée dans une triple dimension : personnelle (la vie intérieure), fraternelle (coresponsabilité) et universelle (la mission). 

 

Questions pour réflexion et discussion en fraternité.

  1. Que signifie être un Franciscain Séculier dans le monde d’aujourd’hui?
  2. Que cherchent ceux qui font leur Profession dans l’Ordre aujourd’hui?
  3. De quelle façon l’ « identité » de l’OFS a été transformée par la nouvelle Règle de 1978?

 

SECTION II: SPIRITUAL INSIGHT

Sujet VIII : Le Pardon d’Assise. L’appartenance à une fraternité réconciliée et réconciliante

Fr. Amando Trujillo Cano, TOR

 

Parmi tous les lieux importants dans la vie de saint François, l’un en particulier a été en haute estime : la Portioncule   (petit lopin de terre ou parcelle de terrain). En ce lieu, François est venu pour comprendre pleinement la mission évangélique que le Seigneur lui a demandée pour lui et ses frères; c’est là que l’Ordre des Frères Mineurs a commencé et a grandi; c’est là que Claire reçut l’habit de pénitence et la pauvreté évangélique après s’être fait coupé les cheveux; c’est là que François a réuni ses frères pour des chapitres, des instructions et des admonitions; c’est de là que furent envoyés les missionnaires, y compris François, et où ils retourneraient; c’est de là que François a voulu être saisi, quand la sœur  la mort  viendrait le visiter.

 

Une réalité particulière, associée avec ce petit lopin de terre, si cher à saint François, est le soi-disant Pardon d’Assise ou Indulgence de la Portioncule, Selon le Diploma di fr. Teobaldo, évêque d’Assise (1296-1329), tandis que saint François était à Sainte-Marie-des-Anges, le Seigneur lui révéla durant la nuit qu’il devait visiter le Pape Honorius III, - qui visitait Pérouse alors (juillet 1216),- afin de lui demander une indulgence plénière  pour ceux qui visiteraient l’église qu’il venait tout juste de réparer, confesseraient leurs péchées et feraient pénitence. Dans le contexte de la pratique ecclésiale des indulgences de l’époque, la demande de François représentait une véritable innovation qui autoriserait ceux qui ne pourraient entreprendre un long pèlerinage, à avoir cette sorte d’accès à la miséricorde de Dieu. Il était poussé par un désir authentique et énorme pour la conversion et le salut de tous dans le Christ. Il y avait évidemment le danger de mal comprendre ou d’abuser des indulgences. Toutefois, dans le cas de la Portioncule, il a été noté qu’il y a eu une correspondance entre le renouveau de  l’état évangélique qui a pris  sa source là,    et la prodigalité de la grâce de Dieu dans l’effusion du pardon. Pour nous aider à comprendre ceci un peu mieux, rappelons ce que Joseph Ratzinger  dit au sujet du Pardon d’Assise tandis qu’il visitait la Basilique de Sainte-Marie-des-Anges, en août 1996, quand il était encore cardinal :

 

L’indulgence est fondamentalement un peu comme l’église de la Portioncule : juste  comme vous avez besoin de marcher à travers les  espaces plutôt froids et étranges du gros bâtiment pour arriver à son centre, l’humble église qui vous touche le cœur,  ainsi est-il nécessaire d’aller à travers la réaction complexe de l’histoire et des idées théologiques pour atteindre ce qui est réellement simple : la prière, avec laquelle nous nous jetons dans la communion des saints, pour coopérer avec eux pour la victoire du bien sur la toute-puissance apparente du mal , sachant qu’à la fin tout est grâce. 

 

Comme le même Ratzinger l’indique plus loin dans le texte, le Pardon de la Portioncule était limité au 2 août seulement, peu après, ces grâces ont été étendues aux défunts  per modum suffraggi, par la prière. Plus tard, l’Indulgence a été étendue d’abord à toutes les églises franciscaines, puis à toutes les églises paroissiales pour le 2 août. Actuellement, l’indulgence plénière de la Portion- cule peut être obtenue chaque jour et seulement une fois par jour, tel que confirmé par le décret  de la Pénitencerie Apostolique Portiunculae sacra aedes,  depuis le 15 juillet, 1988. Pour  conclure, voyons quelques déclarations du Catéchisme de l’Église Catholique sur les indulgences :   

 

L’indulgence s’obtient par l’Église qui, en vertu du pouvoir de délier et de délier qui lui a été accordé par le Christ Jésus, intervient en faveur d’un chrétien et lui ouvre le trésor des mérites du Christ et des saints pour obtenir du Père des miséricordes la remise des peines temporelles dues pour ses péchés. C’est ainsi que l’Église ne veut pas seulement venir en aide à ce chrétien, mais aussi l’inciter à des œuvres de piété, de pénitence et de charité. (1478) Puisque les fidèles défunts en voie de purification sont aussi  membres de la même communion des saints, nous pouvons les aider entre autres en obtenant pour eux des indulgences, de sorte qu’ils soient acquittés des peines temporelles dues pour leurs péchés. (1479)

 

Questions pour réflexion et discussion en fraternité.

 

1.      Nommez sont quelques-uns des endroits les plus significatifs dans votre itinéraire de vie et de foi? Pourquoi?

2.      Cherchez les conditions pour obtenir l’indulgence plénière du Pardon d’Assise (pour soi-même ou pour un fidèle défunt) et d’avoir une conversation à leur sujet avec votre Fraternité?

 

SECTION III: LA DOCTRINE SOCIALE DE L’ÉGLISE

Bloc II : Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église

Partie 5 de 9 : Le principe de subsidiarité

Extraits et questions par le Fr. Amando Trujillo Cano, TOR

 

A. L’origine et la signification

185 La subsidiarité figure parmi les directives les plus constantes et les plus caractéristiques de la doctrine sociale de l’Église. Il est impossible de promouvoir la dignité de la personne si ce n’est en prenant soin de la famille, des groupes, des associations, des réalités territoriales locales, bref de toutes les expressions associatives de type économique, social, culturel, sportif, récréatif, professionnel, politique, auxquelles les personnes donnent spontanément vie et qui rendent possible leur croissance sociale effective.

186 L’exigence de protéger et de promouvoir les expressions originelles de la socialité est soulignée par l’Église dans l’encyclique « Quadragesimo Anno », dans laquelle le principe de subsidiarité est indiqué comme un principe très important de la « philosophie sociale » […] Sur la base de ce principe, toutes les sociétés d’ordre supérieur doivent se mettre en attitude d’aide (« subsidium ») – donc de soutien, de promotion, de développement – par rapport aux sociétés d’ordre mineur. […]  À la subsidiarité comprise dans un sens positif, comme aide économique, institutionnelle, législative offerte aux entités sociales plus petites, correspond une série d’implications dans un sens négatif, qui imposent à l’État de s’abstenir de tout ce qui restreindrait, de fait, l’espace vital des cellules mineures et essentielles de la société. Leur initiative, leur liberté et leur responsabilité ne doivent pas être supplantées.

 

B. Indications concrètes

187 Le principe de subsidiarité protège les personnes des abus des instances sociales supérieures et incite ces dernières à aider les individus et les corps intermédiaires à développer leurs fonctions. Ce principe s’impose parce que toute personne, toute famille et tout corps intermédiaire ont quelque chose d’original à offrir à la communauté…

Certaines formes de concentration, de bureaucratisation, d’assistance, de présence injustifiée et excessive de l’État et de l’appareil public contrastent avec le principe de subsidiarité : « En intervenant directement et en privant la société de ses responsabilités, l’État de l’assistance provoque la déperdition des forces humaines, l’hypertrophie des appareils publics, animés par une logique bureaucratique plus que par la préoccupation d’être au service des usagers, avec une croissance énorme des dépenses ». Le manque de reconnaissance ou la reconnaissance inadéquate de l’initiative privée, même économique, et de sa fonction publique, ainsi que les monopoles, concourent à mortifier le principe de subsidiarité.

À l’application du principe de subsidiarité correspondent : le respect et la promotion effective de la primauté de la personne et de la famille; la mise en valeur des associations et des organisations intermédiaires, dans leurs choix fondamentaux et dans tous ceux qui ne peuvent pas être délégués ou assumés par d’autres;  l’encouragement offert à l’initiative privée, de sorte que tout organisme social, avec ses spécificités, demeure au service du bien commun; l’articulation pluraliste de la société et la représentation de ses forces vitales; la sauvegarde des droits de l’homme et des minorités; la décentralisation bureaucratique et administrative; l’équilibre entre la sphère publique et la sphère privée, avec la reconnaissance correspondante de la fonction sociale du privé; et une responsabilisation appropriée du citoyen dans son rôle en tant que partie active de la réalité politique et sociale du pays.

188 Diverses circonstances peuvent porter l’État à exercer une fonction de suppléance.[…]

 À la lumière du principe de subsidiarité, cependant, cette suppléance institutionnelle ne doit pas se prolonger ni s’étendre au-delà du strict nécessaire, à partir du moment où elle ne trouve sa justification que dans le caractère d’exception de la situation. En tout cas, le bien commun correctement compris, devra demeurer le critère de discernement quant à l’application  du principe de subsidiarité.

 

Questions pour réflexion et discussion dans la fraternité?

 

1.      Nommez quelques-unes des organisations sociales intermédiaires où vous vivez et comment elles aident les gens à accomplir une croissance sociale efficace.

2.      Comment fonctionne la subsidiarité réalisée dans le secteur où vous vivez, à la fois dans le sens d’assistance offerte aux entités sociales les plus dépourvues et dans le sens de respect de l’espace existentielle des plus petites cellules essentielles  de la société de la part de l’État? 

3.      Comment les Franciscains Séculiers peuvent-ils aider à chercher les méthodes appropriées  pour rendre les citoyens  plus responsables à devenir une part active dans la réalité politique et sociale de leur pays?