PROGRAMME DE FORMATION CONTINUE
DOSSIER MENSUEL
DECEMBRE 2011 – 2ème ANNÉE – No. 24 |
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SECTION I: LE THEME MENSUEL |
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12: L'évangélisation est l'action de l'Esprit saint (EN 75-81)
Commentaires, extraits et questions par Ewald Kreuzer, OFS "Le Saint-Esprit est l'âme de l'Eglise" dit
Paul VI dans son Exhortation Apostolique "Evangelii Nuntiandii" (n.75)
toujours très pertinente dans la
mission évangélisatrice actuelle de l'Église. Le pape y exprime le désir que
"pasteurs et théologiens - et nous ajouterions fidèles marqués du sceau
de l'Esprit par le baptême - doivent
approfondir la nature et le mode d'action du Saint-Esprit dans
l'évangélisation" et exhorte "tout les évangélisateurs, quels
qu'ils soient, à prier sans cesse avec foi et ferveur le Saint-Esprit et à se
laisser guider par Lui comme inspirateur décisif de leurs plans, de leurs
initiatives et de leurs activités d'évangélistes." Et nous, Franciscains séculiers, rappelons nous
aussi la parole de saint François : le Saint-Esprit Lui-même est le vrai
"Ministre Général" de notre Ordre. Ayant cela bien en tête,
suivons avec confiance dans l'Esprit
notre vocation spécifique, notre mission de vivre l'Évangile selon la
spiritualité franciscaine en notre condition séculière." (cf. CG. 8, 1) 75. PAR L'ACTION DU SAINT-ESPRIT. Il
n’y aura jamais d’évangélisation possible sans l’action de l’Esprit Saint. (…)En fait, ce n’est qu’après la
venue du Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte, que les Apôtres partirent vers
tous les horizons du monde pour commencer la grande œuvre d’évangélisation. (…)
Or,
si l’Esprit de Dieu a une place éminente dans toute la vie de l’Eglise, c’est
dans la mission évangélisatrice de celle-ci qu’il agit le plus. On peut dire
que l’Esprit Saint est l’agent principal de l’évangélisation : c’est lui qui
pousse chacun à annoncer l’Evangile et c’est lui qui dans le tréfonds des
consciences fait accepter et comprendre la Parole du salut. (1) Mais
l’on peut dire également qu’il est le terme de l’évangélisation : lui seul
suscite la nouvelle création, l’humanité nouvelle à laquelle l’évangélisation
doit aboutir, avec l’unité dans la variété que l’évangélisation voudrait
provoquer dans la communauté chrétienne. A travers lui l’Evangile pénètre au
cœur du monde car c’est lui qui fait discerner les signes des temps — signes
de Dieu — que l’évangélisation découvre et met en valeur à l’intérieur de
l’histoire (…). 76. LE TÉMOIGNAGE DE VIE EST ESSENTIEL. (…) On répète souvent, de nos
jours, que ce siècle a soif d’authenticité. A propos des jeunes, surtout, on
affirme qu’ils ont horreur du factice, du falsifié, et recherchent par-dessus
tout la vérité et la transparence. Ces “ signes des temps ” devraient nous
trouver vigilants. Tacitement ou à grands cris, toujours avec force, l’on
demande: Croyez-vous vraiment à ce que vous annoncez ? Vivez-vous ce que
vous croyez? Prêchez-vous vraiment ce que vous vivez ? Plus que jamais le
témoignage de la vie est devenu une condition essentielle de l’efficacité
profonde de la prédication. Par ce biais-là nous voici, jusqu’à un certain
point, responsables de la marche de l’Evangile que nous proclamons. (...)
Nous exhortons donc nos Frères dans l’épiscopat, placés par l’Esprit Saint
pour gouverner l’Eglise. (2)
Nous exhortons les prêtres et les diacres, collaborateurs des Evêques
dans le rassemblement du peuple de Dieu et dans l’animation spirituelle des
communautés locales. Nous exhortons les religieux, témoins d’une Eglise
appelée à la sainteté et donc conviés eux-mêmes à une vie qui témoigne des
béatitudes évangéliques. Nous exhortons les laïcs : familles chrétiennes,
jeunes et adultes, tous ceux qui exercent un métier, les dirigeants, sans
oublier les pauvres souvent riches de foi et d’espérance, tous les laïcs
conscients de leur rôle évangélisateur au service de leur Eglise ou au cœur
de la société et du monde. Nous leur disons à tous : il faut que notre zèle
évangélisateur jaillisse d’une véritable sainteté de vie alimentée par la
prière et surtout par l’amour de l’Eucharistie, et que, comme nous le suggère
le Concile, Vatican II, la prédication à son tour fasse grandir en sainteté
le prédicateur. (3) 77. L'UNITÉ, CHEMIN ET
INSTRUMENT D'ÉVANGÉLISATION. La force de l’évangélisation se trouvera
bien diminuée si ceux qui annoncent l’Evangile sont divisés entre eux par
toutes sortes de ruptures. (…)La
division des chrétiens est un grave état de fait qui parvient à entacher
l’œuvre même du Christ. Le Concile Vatican II affirme avec lucidité et
fermeté qu’elle “ nuit à la cause sacrée de la prédication de l’Evangile à
toute créature, et pour beaucoup elle ferme l’accès à la foi (4)”.
Voilà pourquoi Nous avons cru nécessaire de rappeler à tous les fidèles du monde
catholique que “ la réconciliation de tous les hommes avec Dieu, notre Père,
présuppose, en effet, le rétablissement de la communion entre ceux qui ont
déjà, dans la foi, reconnu et accueilli Jésus-Christ comme le Seigneur de la
miséricorde qui libère les hommes et les unit dans l’Esprit d’amour et de
vérité (5). Nous souhaitons
ici souligner combien le signe d'unité
parmi tous les Chrétien
est chemin et instrument d'évangélisation (…). 78. SERVITEURS
DE LA VÉRITÉ. (…) L’Evangile dont
nous avons la charge est aussi parole de vérité. Une vérité qui rend libre (6)
et qui seule donne la paix du cœur, c’est ce que les gens viennent chercher
lorsque nous leur annonçons la Bonne Nouvelle. Vérité sur Dieu, vérité sur
l’homme et sa mystérieuse destinée, vérité sur le monde. Difficile vérité que
nous recherchons dans la Parole de Dieu et dont nous ne sommes, encore une
fois, ni les maîtres ni les propriétaires, mais les dépositaires, les
hérauts, les serviteurs. Docteurs,
que vous soyez théologiens, exégètes, historiens, l’œuvre de l’évangélisation
a besoin de votre infatigable labeur de recherche et aussi de votre attention
et de votre délicatesse dans la transmission de la vérité, dont vos études
vous rapprochent mais qui est toujours plus grande que le cœur de l’homme,
car c’est la vérité même de Dieu. Parents et maîtres, votre tâche, que les
multiples conflits actuels ne rendent pas facile, est d’aider vos enfants et
vos élèves dans la découverte de la vérité, y compris de la vérité religieuse
et spirituelle. 79. SIGNES
D'AMOUR. L’œuvre de l’évangélisation suppose, dans
l’évangélisateur, un amour fraternel toujours grandissant envers ceux qu’il
évangélise. Ce modèle d’évangélisateur qu’est l’Apôtre Paul écrivait aux
Thessaloniciens cette parole qui est un programme pour nous tous : “ Telle
était notre tendresse pour vous que nous aurions voulu vous livrer, en même
temps que l’Evangile de Dieu, notre propre vie, tant vous nous étiez devenus
chers ”. (7) Quelle est cette affection ? Bien plus que celle d’un
pédagogue, elle est celle d’un père ; et plus encore : celle d’une mère.
(8) C’est cette affection que le Seigneur attend de chaque prédicateur de
l’Evangile, de chaque bâtisseur de l’Eglise. Un signe d’amour sera le souci
de donner la vérité et d’introduire dans l’Unité. Un signe
d’amour sera également de se dévouer sans réserve ni retour à l’annonce de
Jésus-Christ. Permettez-Nous de faire mention de
quelques autres signes de cet amour. Le premier est le respect de la
situation religieuse et spirituelle des personnes qu’on évangélise. Respect
de leur rythme qu’on n’a pas le droit de forcer outre mesure. Respect de leur
conscience et de leurs convictions, à ne pas brusquer. Un autre signe de cet
amour est le souci de ne pas blesser l’autre, surtout s’il est faible dans sa
foi, (9) avec des affirmations qui peuvent être claires pour les
initiés, mais qui pour les fidèles peuvent être source de perturbation et de
scandale, comme une blessure dans l’âme. Un signe d’amour sera aussi l’effort
de transmettre aux Chrétiens non pas des doutes et des incertitudes nés d’une
érudition mal assimilée, mais des certitudes solides, parce que ancrées dans
la Parole de Dieu. Les fidèles ont besoin de ces certitudes pour leur vie
chrétienne ; ils y ont droit, en tant qu’enfants de Dieu qui, entre ses bras,
s’abandonnent entièrement aux exigences de l’amour. Questions pour la réflexion
et la discussion en Fraternité 1.
Comment coopérer avec le Saint-Esprit dans
notre mission spécifique d'évangélisation? 2.
L'unité des chrétiens signifie-t-elle
"uniformité" ou la diversité peut-elle être signe de vitalité et
d'enrichissement ? 3.
Paul VI parle des "signes d'amour"
que nous devrions toujours donner dans notre mission d'évangélisation. Quelle
est votre expérience dans la pratique de ces signes avec vos frères et sœurs
de la Fraternité? |
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SECTION II: SPIRITUALITE ET
DOCTRINE SOCIALE DE L'EGLISE |
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9 de 9: Notre Dame de Guadalupe Méditation par Fr. Amando Trujillo Cano, TOR "Dix ans après la prise de
Mexico, la guerre prit fin et la paix régna parmi le peuple; de cette façon
la foi commença à éclore, le discernement du vrai Dieu pour qui nous vivons.
En ce temps là, en l’année quinze cent trente et un, dans les premiers jours
du mois de décembre, vivait un pauvre Indien appelé Juan Diego, connu comme
étant un natif de Cuautitlan. A certains égards... il appartenait
spirituellement à Tlatilolco.
Elle lui parla alors ainsi: “Sache et comprends
bien, le plus humble de mes fils, que je suis la toujours vierge Sainte
Marie, Mère du Vrai Dieu pour qui nous existons, du Créateur de toutes
choses, Seigneur du ciel et de la terre. J’aimerais qu’une église soit érigée
ici, rapidement, afin que je puisse vous montrer et vous donner mon amour, ma
compassion, mon aide et ma protection, parce que je suis votre mère
miséricordieuse, à vous, à tous les habitants de cette terre et à tous ceux
qui m’aiment, m’invoquent et ont confiance en moi. J’écoute leurs lamentations
et je remédie à leurs misères, leurs détresses et leurs peines. Afin
d’accomplir ce qu’exige ma clémence, va au palais de l’évêque de Mexico et tu
lui diras que je manifeste un grand désir qu’ici, sur cette plaine, une
église soit construite en mon honneur; tu lui raconteras dans les moindres
détails tout ce que tu as vu et admiré et ce que tu as entendu. Sois assuré
que je te serai extrêmement reconnaissante et que je te récompenserai, parce
que je te rendrai heureux et digne de récompense pour les efforts et la
fatigue que tu vas endurer pour cette mission.
Voilà, tu as entendu mes instructions, mon humble fils, va et fais tous tes
efforts.
Les apparitions de la Vierge de
Guadalupe à Juan Diego nous rappellent que Dieu choisit les doux et les
humbles pour Son travail de salut. Juan Diego s'est considéré indigne de la
mission qu’ lui avait confiée la Vierge. Il l'a pourtant acceptée et,
lorsqu'il fut confronté aux difficultés, appris à avoir confiance en l'amour maternel de Marie. Ce faisant, il a
rempli son rôle dans l'extension du Royaume de Dieu. Comme lui, nous sommes
aussi appelés à prendre nos responsabilités dans l'évangélisation de notre
société, dans la construction d'une civilisation d'amour malgré les
difficultés que nous rencontrons. Il nous est demandé d'avoir confiance en
Jésus qui nous a envoyés et en Marie qui nous accompagne. Quand Juan Diego
s'est inquiété de son oncle malade, Juan Bernardino, la Vierge de Guadalupe
l'a rassuré par des paroles d'amour et d'encouragement, des paroles qu'elle
nous adresse aussi: ”Ecoute moi et comprends bien, le moindre de mes fils,
rien ne doit t’effrayer ou te peiner. Que ton cœur ne soit pas troublé.
N’aies pas peur de cette maladie, ni d’aucune autre maladie ou angoisse. Ne
suis-je pas là, moi qui suis ta Mère? N’es-tu pas sous ma protection? Ne
suis-je pas ta santé? Ne reposes-tu pas heureux en mon sein? Que désires-tu
de plus? Ne sois pas malheureux ou troublé par quoi que ce soit. Ne sois pas
affligé par la maladie de ton oncle, il n’en mourra pas. Sois assuré qu’il
est maintenant guéri. Ce même jour, le 12 décembre 1531, la Vierge dit à Juan
Diego de porter des roses à l'évêque qui avait demandé un signe. Juan Diego a coupé les roses sur la colline, des roses étrangement
présentes en cette période de l'année,
et les a mises dans son manteau ou tilma. Quand il les a montrées à l'évêque,
tous ont été surpris de découvrir l'image de la Vierge gravé dans le tilma.
Cette image est un vrai codex de couleurs et de formes portant un message
religieux avec des éléments de culture indigène, rendant les autochtones à
même de comprendre et d'accepter la foi chrétienne. La Vierge du Tepeyac
montre clairement l'importance d'une inculturation de l'Évangile dans des
milieux différents. Dans notre monde d'aujourd'hui, nous sommes aussi appelés
à proclamer le message de Jésus en utilisant bien à propos des éléments
culturels bien compris afin que les individus et les peuples puissent être
renouvelés de l'intérieur. La Vierge a apporté la
réconciliation et non la division entre indigènes et espagnols. Elle les a
aidés à comprendre que la foi chrétienne n'est pas la propriété de quiconque,
mais un don d'amour pour tous. Sa présence était décisive pour
l'évangélisation du "Nouveau Monde", en jouant un rôle important
dans l'identité nationale et l'histoire du Mexique, comme ce fut le cas
pendant la lutte pour l'indépendance. Cependant, la dévotion à notre Dame de
Guadalupe va bien au delà du Mexique. Le Pape Benoît XIV, par la Bulle Non
est équidem (25 mai 1754) a
déclaré la Vierge de Guadalupe patronne et protectrice de la Nouvelle Espagne
et approuvé l'Office et la Messe de sa fête le 12 décembre. Le 24 août 1910, Saint Pie X l'a déclarée
"Sainte Patronne de l'Amérique latine" et le 16 juillet 1935, Pie XI étendit ce
patronage aux Philippines. Le 12 octobre
1961, le Pape Jean XXIII annonça une nouvelle Année Mariale et proclamé la
Vierge de Guadalupe Mère des Amériques. Le 31 juillet 2002, le Bienheureux
Jean-Paul II célébra, dans la Basilique de Guadalupe, la canonisation de Juan
Diego. Le Pape déclara que dans la culture de mort actuelle, la Vierge de
Guadalupe, promotrice et avocate de la vie humaine peut nous rendre espoir.
Elle apparut enceinte à Juan Diego et les Indiens comprirent que c'était la
Mère de Dieu qui leur rendait visite. L'Église aujourd'hui demande son
intercession pour défendre la vie contre le génocide de l'avortement et pour
vaincre les autres menaces contre la dignité humaine et la marginalisation de
peuples. Le message de la Vierge de Guadalupe est un message d'espoir pour
l'humanité en notre changement d'époque et une demande de participation active et fidèle à l'évangélisation des
nouvelles cultures. Elle nous rappelle que nous ne sommes pas seuls, et
qu'elle continue à nous apporter la Lumière du monde. (Jn 8:20) Le service en politique (II) 569-574) Présentation et questions par Fr.
Amando Trujillo Cano, TOR Ce mois-çi nous présentons les six derniers
articles de la section Service en politique du Compendium de la
Doctrine Sociale de l'Église. Ces articles examinent les aspects divers du
discernement, sujet qui a été introduit le mois dernier, afin d'aider le
fidèle laïc impliqué ou voulant s'impliquer dans des activités politiques sur
l'aspect des valeurs chrétiennes. Cette section rappelle aux fidèles laïcs
que, considérant le mode de fonctionnement du système démocratique, ils
devront examiner avec soin le contenu des informations, des recherches
scientifiques et des décisions économiques, ainsi que ce qui se rapporte aux
aspects moraux concernant la sacralité de la vie, du mariage et de la
famille. Pour faciliter ce discernement, l'Abrégé offre quelques critères de
base et insiste sur l'intégration des
valeurs naturelles, des valeurs morales et des valeurs surnaturelles. Un
autre sujet inclus dans cette section est la responsabilité morale des
législateurs dans certains programmes politiques et lois individuelles qui
contredisent "le contenu fondamental de foi et moralité." Ce
segment demande aussi que soit faite une "distinction adéquate entre les
sphères politiques" et religieuses et explique le rôle du magistère de
l'Église dans l'instruction et l'éclairage de la conscience des fidèles.
L'Abrégé signale aussi la responsabilité de l'Etat dans la sauvegarde de la
liberté religieuse et le grand danger de marginaliser le Christianisme hors
de l'arène sociale. Cette section traite aussi de l'importance de
discernement dans le choix des instruments politiques, tel que partis,
plates-formes, etc. Pour ces choix, l'Abrégé insiste à la fois sur la valeur
des décisions personnelles et sur le rôle de la communauté chrétienne dans
l'analyse de chaque situation politique et la réponse à lui donner suivant
l'évangile, avec l'aide l'éclairage de
la Doctrine Sociale de l'Église. 569. …(dans) le
fonctionnement du système démocratique (...), le discernement est particulièrement exigeant quand il doit s'exercer
dans des domaines comme l'objectivité et l'exactitude des informations, la
recherche scientifique ou les choix économiques qui influent sur la vie des
plus pauvres, ou dans des réalités qui renvoient à des exigences morales
fondamentales auxquelles il est impossible de renoncer, comme la sacralité de
la vie, l'indissolubilité du mariage, la promotion de la famille fondée sur
le mariage entre un homme et une femme. Dans
cette situation, certains critères fondamentaux se révèlent utiles: la distinction et en même temps le lien entre l'ordre
légal et l'ordre moral; la fidélité à sa propre identité et, en même temps,
la disponibilité au dialogue avec tous; la nécessité que, dans le jugement et
dans l'engagement social, le chrétien se réfère à la fidélité, triple et
indissociable, aux valeurs naturelles, aux valeurs morales, aux
valeurs surnaturelles,
571 L'engagement
politique des catholiques est souvent mis en relation avec la « laïcité »de
l'état, , à savoir la distinction entre la sphère politique et la sphère
religieuse. (4) Cette distinction «est une valeur acquise et reconnue
par l'Église, et elle appartient au patrimoine de civilisation déjà atteint »
(5) La doctrine morale catholique exclut cependant nettement la
perspective d'une laïcité conçue comme autonomie par rapport à la loi morale: Chercher sincèrement la vérité,
promouvoir et défendre par des moyens licites les vérités morales concernant
la vie sociale — la justice, la liberté, le respect de la vie et des autres
droits de la personne — est un droit et un devoir de tous les membres d'une communauté
sociale et politique.. ". [T]
Quand le Magistère de l'Église intervient sur des questions inhérentes à la
vie sociale et politique, il ne méconnaît pas les exigences d'une
interprétation correcte de la laïcité, car il « n'entend pas exercer un pouvoir
politique ni supprimer la liberté d'opinion des catholiques sur des questions
contingentes. Il veut au contraire — conformément à sa mission — éduquer et
éclairer la conscience des fidèles, surtout de ceux qui se consacrent à la
vie politique, afin que leur action reste toujours au service de la promotion
intégrale de la personne et du bien commun. 572 Le principe de laïcité comporte le respect de toute
confession religieuse de la part de l'État, « qui assure le libre exercice
des activités cultuelles, spirituelles, culturelles et caritatives des
communautés de croyants. Dans une société pluraliste, la laïcité est un lieu
de communication entre les diverses traditions spirituelles et la nation »(6) Même dans les
sociétés démocratiques, il demeure encore, hélas, des expressions de laïcisme
intolérant, qui entravent toute forme de la foi, d'importance politique et
culturelle, en cherchant à disqualifier l'engagement social et politique des
chrétiens, parce qu'ils se reconnaissent dans les vérités enseignées par
l'Église et qu'ils obéissent au devoir moral de cohérence avec leur
conscience; on arrive aussi et plus radicalement à nier l'éthique naturelle
elle-même. Cette négation, qui prélude à une condition d'anarchie morale dont
la conséquence évidente est la mainmise du plus fort sur le faible, ne peut
être admise par aucune forme de pluralisme légitime, car elle mine les bases
mêmes de la coexistence humaine. À la lumière de cet état de choses, « la
marginalisation du christianisme ne pourrait servir à l'avenir envisagé d'une
société, ni à la concorde entre les peuples. De plus, elle minerait les
fondements culturels et spirituels de la civilisation » (7). 573 Un domaine particulier de discernement pour les fidèles
laïcs concerne le choix des instruments politiques, à savoir l'adhésion à un
parti et aux autres expressions de la participation politique. Il faut
effectuer un choix cohérent avec les valeurs, en tenant compte des
circonstances effectives. En tout cas,
tout choix doit être enraciné dans la charité et tendre à la recherche du
bien commun. (8). Les requêtes de la foi chrétienne sont difficilement
repérables dans un unique groupement politique: prétendre qu'un parti ou une
mouvance politique correspond complètement aux exigences de la foi et de la vie
chrétienne engendre de dangereuses équivoques. Le chrétien ne peut pas
trouver un parti qui corresponde pleinement aux exigences éthiques qui
naissent de la foi et de l'appartenance à l'Église: son adhésion à une
formation politique ne sera jamais idéologique, mais toujours critique, afin
que le parti et son projet politique soient encouragés à créer les conditions
propices à la réalisation du véritable bien commun, y compris la fin
spirituelle de l'homme. (9). 574 La distinction, d'une part, entre les exigences de la
foi et les options sociopolitiques, et d'autre part, entre les choix des
chrétiens individuellement et ceux qu'effectue la communauté chrétienne en
tant que telle, implique que l'adhésion à un parti ou à une mouvance
politique est considérée comme une décision personnelle, légitime du moins
lorsque les partis et les positions ne sont pas incompatibles avec la foi et
les valeurs chrétiennes. (10). Le choix du parti, de la coalition, des personnes à
qui confier la vie publique, bien qu'engageant la conscience de chacun, ne
pourra pas de toute façon être un choix exclusivement individuel: « Il
revient aux communautés chrétiennes d'analyser avec objectivité la situation
propre de leur pays, de l'éclairer par la lumière des paroles inaltérables de
l'Évangile, de puiser des principes de réflexion, des normes de jugement et
des directives d'action dans l'enseignement social de l'Église » (11). Questions
pour réflexion et discussion en Fraternité 1. Comment
avez vous ressenti l'appel de Dieu à vous impliquer activement dans
l'édification d'une civilisation d'amour malgré les difficultés rencontrées? 2. Quelles
sont les questions politiques majeures qui ont un impact sur votre communauté
locale? Sur votre pays? 3. Cherchez
à bien vous informer sur les problèmes politiques et faites l'effort d'y
réfléchir à la lumière de l'Évangile et de la doctrine sociale de l’Église? 4. Votre
Fraternité recherche-t-elle les moyens de négocier avec les politiques? |
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Notes pour
le thème mensuel EN 75-81 1.
Cf. Concile œcuménique Vatican II, Décret sur l'activité missionnaire de
l'Eglise Ad gentes, n. 4 : AAS 58 (1966), pp. 950-951. 2.
Cf. Act.20, 28 3
Cf. Concile œcuménique Vatican II, Décret sur le ministère et la vie des
prêtres Presbyterorum ordinis, n. 13 : AAS 58 (1966), p. 1011. 4.-
Cf. Cf. Concile œcuménique Vatican II, Décret sur l'activité missionnaire de
l'Eglise Ad gentes, n. 4 : AAS 58 (1966), pp. 950-951. 5.
Bulle Apostolorum Limina, VII: AAS 66 (1974), p. 305. 8. Cf.
1 Th 2, 7-11; 1 Co 4, 15; Ga 4, 19. 9. 1 Co
8, 9-13.* Notes pour
le Compendium 569-574 1. 1191 Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Note
doctrinale concernant certaines questions sur l'engagement et le comportement
des catholiques dans la vie politique (24 novembre 2002), 4, Libreria
Editrice Vaticana, Cité du Vatican 2002, Note pour Notre-Dame de Guadalupe Les deux premiers paragraphes et toutes les paroles de
la Vierge sont repris du site Web. http.//www.sancta.org/ (choisir Français en tête de la table des matières...)
Ce ne sont pas des fautes de frappe... mais une traduction française du texte
espagnol de 1649. |