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Consilium Internationale


COMMISSION FAMILLE Fr. Francis Dor OFMCap. 

 

 


LES CONCLUSIONS DU SYNODE SUR LA FAMILLE

PARTIE II Chapitre 2


La Famille dans le Magistère de l’Église

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L’Eglise a reçu de Jésus, son divin Maitre, la mission d’enseigner à l’humanité le voies de Dieu. En fait, nos voies ne sont pas celles de Dieu, (cf. Is 55,8). Les voies de Dieu peuvent être nous étonner comme lorsque Jésus demandât aux serviteurs des noces de Cana de remplir les jarres d’eau quand il leur manquait du vin, (cf Jn 1,1-11). Le deuxième chapitre des Conclusion du Synode réassume les enseignements de l’Eglise sur la famille à partir du Concile Vatican II à nos jours. Vu sa concision e sa clarté simple, nous vous présentons le texte presque dans son intégralité.


Les enseignements du Concile Vatican II


La Constitution Pastorale Gaudium et Spes, consacre un chapitre entier à la dignité du mariage et de la famille (cf. GS, 47-52). Le mariage et la famille sont ainsi définis : « La communauté profonde de vie et d’amour que forme le couple a été fondée et dotée de ses lois propres par le Créateur ; elle est établie sur l’alliance des conjoints, c’est-à-dire sur leur consentement personnel irrévocable. Une institution, que la loi divine confirme, naît ainsi, au regard même de la société, de l’acte humain par lequel les époux se donnent et se reçoivent mutuellement» (GS, 48). L’« amour authentique entre mari et femme » (GS, 49) implique le don mutuel de soi, inclut et intègre la dimension sexuelle et l’affectivité, en correspondant au dessein divin (cf. GS, 48-49). Cela manifeste clairement que le mariage et l’amour conjugal qui l’anime « sont d’eux-mêmes ordonnés à la procréation et à l’éducation » des enfants (GS, 50). En outre, l’enracinement des époux dans le Christ est souligné : le Christ Seigneur «vient à la rencontre des époux chrétiens par le sacrement de mariage» (GS, 48) et demeure avec eux (sacramentum permanens). Il assume l’amour humain, le purifie, le porte à sa plénitude et donne aux époux, avec son Esprit, la capacité de le vivre, en imprégnant toute leur vie de foi, d’espérance et de charité. De la sorte, les époux sont comme consacrés et, à travers une grâce propre, ils édifient le Corps du Christ et constituent une Église domestique (cf. LG, 11), de sorte que l’Église, pour comprendre pleinement son mystère, regarde vers la famille chrétienne, qui le manifeste d’une façon authentique. (42)


L’enseignement du Concile, a été par la suite développé et approfondi par les Pontifes.

Le bienheureux Paul VI a approfondi la doctrine sur le mariage et sur la famille. En particulier, par l’Encyclique Humanae Vitae, il a mis en lumière le lien intrinsèque entre l’amour conjugal et l’engendrement de la vie : «L’amour conjugal exige donc des époux une conscience de leur mission de “ paternité responsable ”, sur laquelle, à bon droit, on insiste tant aujourd’hui, et qui doit, elle aussi, être exactement comprise. […] Un exercice responsable de la paternité implique donc que les conjoints reconnaissent pleinement leurs devoirs envers Dieu, envers eux-mêmes, envers la famille et envers la société, dans une juste hiérarchie des valeurs » (HV, 10). Dans son Exhortation Apostolique Evangelii Nuntiandi, Paul VI a mis en évidence le rapport entre la famille et l’Église : « Au sein de l’apostolat évangélisateur des laïcs, il est impossible de ne pas souligner l’action évangélisatrice de la famille. Elle a bien mérité, aux différents moments de l’histoire, le beau nom d’“ Église domestique ” sanctionné par le Concile Vatican II. Cela signifie, que, en chaque famille chrétienne, devraient se retrouver les divers aspects de l’Église entière. En outre, la famille, comme l’Église, se doit d’être un espace où l’Évangile est transmis et d’où l’Évangile rayonne » (EN, 71). (43)


Saint Jean-Paul II a consacrée une attention particulière à la famille à travers ses catéchèses sur l’amour humain et sur la théologie du corps. Il a ainsi offert à l’Église une richesse de réflexions sur la signification sponsale du corps humain et sur le projet de Dieu sur le mariage et sur la famille dès le commencement de la création. En particulier, traitant de la charité conjugale, il a décrit la façon dont les époux, dans leur amour mutuel, reçoivent le don de l’Esprit du Christ et vivent leur appel à la sainteté. Dans sa Lettre aux familles Gratissimam Sane et, surtout, dans l’Exhortation Apostolique Familiaris Consortio, Jean-Paul II a désigné la famille comme la “ voie de l’Église ”, il a offert une vision sur la vocation à l’amour de l’homme et de la femme et a proposé les lignes fondamentales pour la pastorale de la famille et pour la présence de la famille dans la société. « Au sein du mariage et de la famille se tisse un ensemble de relations interpersonnelles - rapports entre conjoints, paternité-maternité, filiation, fraternité - à travers lesquelles chaque personne est introduite dans la “ famille humaine ” et dans la “ famille de Dieu”, qu’est l’Église » (FC, 15). (44)


Benoît XVI, dans l’Encyclique Deus Caritas Est, a repris le thème de la vérité de l’amour entre homme et femme, qui ne s’éclaire pleinement qu’à la lumière de l’amour du Christ crucifié (cf. DCE, 2). Il réaffirme que « le mariage fondé sur un amour exclusif et définitif devient l’icône de la relation de Dieu avec son peuple et réciproquement: la façon dont Dieu aime devient la mesure de l’amour humain » (DCE, 11). En outre, dans l’Encyclique Caritas in Veritate, il met en évidence l’importance de l’amour familial comme principe de vie dans la société, lieu où s’apprend l’expérience du bien commun. «Continuer à proposer aux nouvelles générations la beauté de la famille et du mariage, la correspondance de ces institutions aux exigences les plus profondes du cœur et de la dignité de la personne devient ainsi une nécessité sociale, et même économique. Dans cette perspective, les États sont appelés à mettre en œuvre des politiques qui promeuvent le caractère central et l’intégrité de la famille, fondée sur le mariage entre un homme et une femme, cellule première et vitale de la société. prenant en compte ses problèmes économiques et fiscaux, dans le respect de sa nature relationnelle » (CiV, 44). (45)


Le Pape François, abordant le lien entre la famille et la foi, écrit ainsi dans l’Encyclique Lumen Fidei: « Le premier environnement dans lequel la foi éclaire la cité des hommes est donc la famille. Je pense surtout à l’union stable de l’homme et de la femme dans le mariage […] Promettre un amour qui soit pour toujours est possible quand on découvre un dessein plus grand que ses propres projets » (LF, 52). Dans l’Exhortation Apostolique Evangelii Gaudium, le Pape rappelle le caractère central de la famille au milieu des défis culturels contemporains : « La famille traverse une crise culturelle profonde, comme toutes les communautés et les liens sociaux. Dans le cas de la famille, la fragilité des liens devient particulièrement grave parce qu’il s’agit de la cellule fondamentale de la société, du lieu où l’on apprend à vivre ensemble dans la différence et à appartenir aux autres et où les parents transmettent la foi aux enfants. Le mariage tend à être vu comme une simple forme de gratification affective qui peut se constituer de n’importe quelle façon et se modifier selon la sensibilité de chacun. Mais la contribution indispensable du mariage à la société dépasse le niveau de l’émotivité et des nécessités contingentes du couple » (EG, 66). En outre, le Pape François a dédié aux thèmes relatifs à la famille un cycle complet de catéchèses qui approfondit les sujets, les expériences et les phases de la vie (46). Pour tout couronner les travaux des deux synodes et leur donner une autorité apostolique, le Pape a publié en mars 2016 l’Exhortation Apostolique post-synodale, Amoris laetizia sur l’amour dans la famille. Les premiers paroles en disent beaucoup : “ La joie de l’amour qui est vécue dans les familles est aussi la joie de l’Église » (AL 1).


Dans ces quelques lignes, les Conclusions du Synode d’octobre nous offrent l’enseignement de la plus haute autorité de l’Eglise sur le mariage et la famille depuis le Concile Vatican II à nos jours.


Questions pour le partage
1. A la lumière de la Règle et des Constitutions Générales OFS, dans votre Fraternité, commentez sur la phrase suivante prise de LG 11: “les époux sont comme consacrés et, à travers une grâce propre, ils édifient le Corps du Christ et constituent une Église domestique.”


2. Le Bienheureux Pape Paul VI qui aussi donné à l’OFS sa nouvelle Règle a dit: “ Au sein de l’apostolat évangélisateur des laïcs, il est impossible de ne pas souligner l’action évangélisatrice de la famille» (EN, 71). Discutez en fraternité sur les possibles contributions que les familles OFS ont données (peuvent donner) pour l’apostolat évangélisateur dans votre contexte. Prenez des initiatives concrètes.


Nous concluons la rencontre en priant ensemble la Prière à la Sainte Famille

Janvier 2017.

Ordo Franciscanus Saecularis
Consilium Internationale
COMMISSION FAMILLE

Jenny Harrington ofs 

 

 


LES CONCLUSIONS DU SYNODE SUR LA FAMILLE
LA FAMILLE DANS LE PLAN DE DIEU

PARTIE II Chapitre I
LA FAMILLE DANS LE PLAN DE DIEU, La famille dans l’histoire du salut

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Nous continuons notre réflexion sur les conclusions du Synode de la Famille et l’Exhortation Apostolique Amoris Laetitia (AL) et nous voyons comment la famille a toujours fait partie du plan (projet) de Dieu.


Jésus, qui a réconcilié toutes choses en lui, a ramené le mariage et la famille à leur forme originelle (cf. Mc 10, 1-12). La famille et le mariage ont été rachetés par le Christ (cf. Ep 5, 21-32), restaurés à l’image de la Très Sainte Trinité, mystère d’où jaillit tout amour véritable. L’alliance sponsale, inaugurée dans la création et révélée dans l’histoire du salut, reçoit la pleine révélation de sa signification dans le Christ et dans son Église. Du Christ, à travers l’Église, le mariage et la famille reçoivent la grâce nécessaire pour témoigner de l’amour de Dieu et vivre la vie de communion. L’Évangile de la famille traverse l’histoire du monde depuis la création de l’homme à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26-27) jusqu’à l’accomplissement du mystère de l’Alliance dans le Christ à la fin des siècles avec les noces de l’Agneau (cf. Ap 19, 9) » (AL 63)


La famille est une école d’amour et une famille stable est la pierre angulaire de la société qui permet aux personnes de s’épanouir en tant qu'êtres humains.
[…] Voulus par Dieu en même temps que la création, le mariage et la famille sont en eux-mêmes destinés à s'accomplir dans le Christ et ils ont besoin de sa grâce pour être guéris de la blessure du péché et ramenés à leur «origine», c'est-à-dire à la pleine connaissance et à la réalisation intégrale du dessein de Dieu.[…] (FC 3).


Les Pères synodaux ont rappelé que Jésus « se référant au dessein initial sur le couple humain, […] réaffirme l’union indissoluble entre l’homme et la femme, tout en disant qu’‘‘en raison de votre dureté de coeur, Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; mais dès l’origine il n’en fut pas ainsi’’ (Mt 19, 8). L’indissolubilité du mariage (‘‘Ce que Dieu a uni, l’homme ne doit point le séparer’’, Mt 19, 6), ne doit pas avant tout être comprise comme un “joug” imposé aux hommes, mais bien plutôt comme un “don” fait aux personnes unies par le mariage. […]. La condescendance divine accompagne toujours le chemin de l’homme, par sa grâce elle guérit et transforme le coeur endurci en l’orientant vers son origine, à travers le chemin de la croix. Les Évangiles font clairement ressortir l’exemple de Jésus qui […] a annoncé le message concernant la signification du mariage comme plénitude de la révélation qui permet de retrouver le projet originel de Dieu (cf. Mt 19, 3) » (AL 62)

[....] Le mariage se réalise dans la communauté de vie et d’amour, et la famille devient évangélisatrice. Les époux, devenus ses disciples, sont accompagnés par Jésus sur le chemin menant à Emmaüs, ils le reconnaissent à la fraction du pain, retournent à Jérusalem illuminés par sa résurrection (cf. Lc 24, 13-43). (n 36)


La pédagogie divine

Étant donné que dans l’ordre de la création tout est orienté vers le Christ, il faut distinguer sans les séparer les différents degrés à travers lesquels Dieu communique à l’humanité la grâce de l’alliance. En raison de la pédagogie divine, selon laquelle le dessein de la création se réalise dans celui de la rédemption par étapes successives, il faut comprendre la nouveauté du sacrement nuptial en continuité avec le mariage naturel des origines, fondé sur l’ordre de la création. C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre la façon d’agir salvifique de Dieu dans la vie chrétienne. Comme tout a été fait par le Christ et en vue de lui (cf. Col 1, 16), les chrétiens découvrent « avec joie et respect les semences du Verbe qui s’y trouvent cachées ; ils doivent en même temps être attentifs à la transformation profonde qui s’opère parmi les nations » (AG, 11). L’incorporation du croyant dans l’Église par le Baptême s’accomplit pleinement avec les autres sacrements de l’initiation chrétienne. Dans cette Église domestique qu’est sa famille, il entreprend ce «processus dynamique qui va peu à peu de l’avant grâce à l'intégration progressive des dons de Dieu » (FC, 9), à travers la conversion continuelle à l’amour qui sauve du péché et donne une plénitude de vie. (n 37)


L’icône de la Trinité dans la famille

L’Écriture et la Tradition nous ouvrent l’accès à une connaissance de la Trinité qui se révèle sous des traits familiers. La famille est l’image de Dieu qui « dans son mystère le plus intime, n’est pas solitude, mais bien une famille, étant donné qu’elle possède la paternité, la filiation et l’essence de la famille qui est l’amour » (Jean-Paul II, Homélie durant la messe au séminaire Juan de Palafox de Puebla de Los Angeles, 28 janvier 1979). Dieu est communion de personnes. Lors du Baptême, la voix du Père désigne Jésus comme son Fils bien aimé et c’est l’Esprit Saint qu’il faut reconnaître dans cet amour, (cf. Mc 1, 10-11). Jésus, qui a réconcilié toute chose en lui et qui a racheté l’homme du péché, n’a pas seulement ramené le mariage et la famille a leur forme originelle, mais il a aussi élevé le mariage au rang de signe sacramentel de son amour pour l’Église (cf. Mt 19, 1-12 ; Mc 10, 1-12 ; Ep 5, 21-32). C’est dans la famille humaine, réunie par le Christ, qu’est restituée « l’image et la ressemblance » de la Sainte Trinité (cf. Gn 1, 26), mystère d’où jaillit tout amour véritable. Par l’Église, le mariage et la famille reçoivent du Christ la grâce de l’Esprit Saint, pour témoigner de l’Évangile de l’amour de Dieu jusqu’à l’accomplissement de l’Alliance au dernier jour de la fête des noces de l’Agneau (cf. Ap 19, 9 ; Jean-Paul II, Catéchèse sur l’amour humain). L’alliance d’amour et de fidélité, dont vit la Sainte Famille de Nazareth, illumine le principe qui donne forme à toute famille et la rend capable de mieux affronter les vicissitudes de la vie et de l’histoire. Sur cette base, toute famille, malgré sa faiblesse, peut devenir une lumière dans l’obscurité du monde. « Ici nous comprenons la façon de vivre en famille. Nazareth doit nous rappeler ce qu’est la famille, ce qu’est la communion d’amour, sa beauté austère et simple, son caractère sacré et inviolable ; cela doit nous enseigner sa fonction naturelle dans l’ordre social » (Paul VI, Discours prononcé à Nazareth, 5 janvier 1964). (n 38)


La famille dans l’Écriture Sainte

L’homme et la femme, par leur amour fécond qui engendre, poursuivent l’œuvre créatrice et collaborent avec le Créateur à l’histoire du salut à travers la succession des générations (cf. Gn 1, 28 ; 2, 4 ; 9, 1.7 ; 10 ; 17, 2.16 ; 25, 11; 28, 3 ; 35, 9.11 ; 47, 27 ; 48, 3-4). La réalité conjugale, dans sa forme exemplaire, est esquissée dans le livre de la Genèse, auquel Jésus renvoie dans sa vision de l’amour nuptial. L’homme se sent incomplet car il est privé d’une aide qui lui « corresponde », qui soit « semblable à lui » (cf. Gn 2,18.20) dans un dialogue d’égal à égal. La femme participe donc à la même réalité que l’homme, représentée symboliquement par la côte, c’est-à-dire de la même chair, comme le proclame l’homme dans son chant d’amour : « cette fois c’est vraiment la chair de ma chair et les os de mes os » (Gn 2, 23). Les deux deviennent ainsi « une seule chair » (cf. Gn 2, 24). Cette réalité qui fonde l’expérience conjugale est magnifiée dans l’évocation de l’appartenance réciproque, que l’on trouve dans la profession d’amour prononcée par la femme dans le Cantique des Cantiques. La formule reproduit celle de l’alliance entre Dieu et son peuple (cf. Lv 26,12) : « mon bien-aimé est à moi et moi je suis à lui… je suis à mon bienaimé, mon bien-aimé est à moi » (Ct 2, 16 ; 6, 3). (n 39)


Dans les paroles de vie éternelle que Jésus a laissées à ses disciples, dans son enseignement sur le mariage et la famille, on peut distinguer trois étapes fondamentales dans le projet de Dieu. Au départ, il y a la famille des origines, quand Dieu créateur a institué le mariage primordial entre Adam et Ève, comme fondement solide de la famille. Dieu n’a pas seulement créé l’être humain homme et femme (cf. Gn 1, 27), mais il les a aussi bénis pour qu’ils soient féconds et se multiplient (cf. Gn 1, 28). Voilà pourquoi, «l’homme quittera son père et sa mère et s’unira à sa femme et les deux ne formeront qu’une seule chair » (Gn 2, 24). Cette union, blessée ensuite par le péché, a connu diverses oscillations dans la forme historique du mariage au sein de la tradition d’Israël : entre la monogamie et la polygamie, entre la stabilité et le divorce, entre la réciprocité et la subordination de la femme à l’homme. La concession faite par Moïse sur la possibilité de la répudiation (cf. Dt 24, 1sq), qui persistait au temps de Jésus, se comprend dans ce cadre. Enfin, avec l’avènement du Sauveur, la réconciliation du monde déchu non seulement réintègre le projet divin originel, mais conduit l’histoire du Peuple de Dieu vers un nouvel accomplissement. L’indissolubilité du mariage (cf. Mc 10, 2-9), ne doit pas être comprise avant tout comme un joug imposé aux hommes, mais bien comme un don fait aux personnes unies par le mariage. (n 40)


« L’exemple de Jésus est un paradigme pour l’Église. Le Fils de Dieu est venu dans le monde au sein d’une famille […]. Il a inauguré sa vie publique sous le signe de Cana, accompli lors d’un banquet de noces (cf. Jn 2, 1-11) […]. Il a partagé des moments quotidiens d’amitié avec la famille de Lazare et de ses soeurs (cf. Lc 10, 38) et avec la famille de Pierre (cf. Mt 8, 14). Il a écouté les pleurs des parents pour leurs enfants, leur rendant la vie (cf. Mc 5, 41 ; Lc 7, 14-15) et manifestant ainsi la véritable signification de la miséricorde, qui implique la restauration de l’Alliance (cf. Jean-Paul II, Dives in misericordia, n. 4). Ceci ressort clairement des rencontres avec la samaritaine (cf. Jn 4, 130) et avec la femme adultère (cf. Jn 8, 1-11), chez qui la perception du péché se réveille face à l’amour gratuit de Jésus » (AL 64)


L’incarnation du Verbe dans une famille humaine, à Nazareth, touche par sa nouveauté l’histoire du monde. Nous avons besoin de plonger dans le mystère de la naissance de Jésus, dans le oui de Marie à l’annonce de l’ange, lorsque la Parole a été conçue dans son sein ; également dans le oui de Joseph, qui a donné à Jésus son nom et a pris en charge Marie ; dans la fête des bergers près de la crèche ; dans l’adoration des Mages ; dans la fuite en Égypte, à travers laquelle Jésus participe à la douleur de son peuple exilé, persécuté et humilié ; dans l’attente religieuse de Zacharie et dans la joie qui accompagne la naissance de Jean le Baptiste ; dans la promesse accomplie pour Siméon et Anne au temple ; dans l’admiration des docteurs écoutant la sagesse de Jésus adolescent. Et ensuite, pénétrer les trente longues années où Jésus gagnait son pain en travaillant de ses mains, en murmurant la prière et la tradition croyante de son peuple et en étant éduqué dans la foi de ses parents, jusqu’à la faire fructifier dans le mystère du Royaume. C’est cela le mystère de la Nativité et le secret de Nazareth, plein de parfum familial ! (AL 65)


« L’alliance d’amour et de fidélité, dont vit la Sainte Famille de Nazareth, illumine le principe qui donne forme à toute famille et la rend capable de mieux affronter les vicissitudes de la vie et de l’histoire. Sur cette base, toute famille, malgré sa faiblesse, peut devenir une lumière dans l’obscurité du monde. ‘‘Une leçon de vie familiale. Que Nazareth nous enseigne ce qu’est la famille, sa communion d’amour, son austère et simple beauté, son caractère sacré et inviolable; apprenons de Nazareth comment la formation qu’on y reçoit est douce et irremplaçable; apprenons quel est son rôle primordial sur le plan social’’ (Paul VI, Discours prononcé à Nazareth, 5 janvier 1964) ».(AL 66)

QUESTIONS POUR AIDER A REFLECHIR:
1. Comment entendez-vous le rôle du mariage et de la famille dans l'histoire du salut?

2. Comment voyez-vous que les familles sont l’icône de la Trinité?

3. Dialoguer toujours ensemble «Maternité » et «Paternité»:

4. Comment pouvons-nous offrir au monde le sens et les valeurs du mariage et de la famille?


Nous concluons la rencontre en priant ensemble la Prière à la Sainte Famille

Novembre 2016

Ordo Franciscanus Saecularis
Consilium Internationale
COMMISSION FAMILLE

Silvia Diana  OFS

 

 


LES CONCLUSIONS DU SYNODE SUR LA FAMILLE, OCTOBRE 2015
Chapitre III

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Ce Chapitre III nous présente la “Famille, inclusion et société” avec beaucoup de thèmes importants à partager et à réfléchir ensemble ; nous vous proposons de lire en entier tout le chapitre. Nous ferons une réflexion sur quelques points, mais nous proposons que chaque fraternité cherche à approfondir le texte selon les besoins de chaque réalité locale.
Partageons en fraternité les interrogations suivantes :
         1. Comment est la réalité de la vie de nos grands-parents, des personnes avec des besoins spéciaux, des personnes non mariées, dans nos familles et dans notre entourage ?

         2. Des migrants, des réfugiés et des persécutés vivent dans nos villes, quelle est leur situation ?

         3. Les femmes : quelles sont les situations de malaise pour les femmes aujourd’hui ?

        4. Nos enfants et nos jeunes sont-ils heureux ? Leurs droits sont-ils respectés dans notre société ?
A la lumière des documents, nous nous formons :

Le troisième âge


Nos grands-parents sont très importants dans la reconstruction des valeurs de la famille :
Une des tâches les plus graves et urgentes de la famille chrétienne est de conserver le lien entre les générations pour la transmission de la foi et des valeurs fondamentales de la vie.[…] La présence des grands-parents dans la famille mérite une attention particulière. Ils constituent le maillon qui unit les générations et assurent un équilibre psycho-affectif à travers la transmission de traditions et de coutumes, de valeurs et de vertus, dans lesquelles les plus jeunes peuvent reconnaître leurs racines. […] (N°17/18.)
Le pape François nous dit dans son exhortation Amoris Laetitia : « Ne me rejette pas au temps de ma vieillesse, quand décline ma vigueur, ne m’abandonne pas » (Ps 71, 9). C’est le cri de la personne âgée, qui craint l’oubli et le mépris. Ainsi, tout comme Dieu
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nous invite à être ses instruments pour écouter la supplication des pauvres, de la même manière, il s’attend à ce que nous écoutions le cri des personnes âgées. Cela interpelle les familles et les communautés, car « l’Église ne peut pas et ne veut pas se conformer à une mentalité d’intolérance, et encore moins d’indifférence et de mépris à l’égard de la vieillesse. Nous devons réveiller le sentiment collectif de gratitude, d’appréciation, d’hospitalité, qui ait pour effet que la personne âgée se sente une partie vivante de sa communauté. Les personnes âgées sont des hommes et des femmes, des pères et des mères qui sont passés avant nous sur notre même route, dans notre même maison, dans notre bataille quotidienne pour une vie digne ». Par conséquent, « comme je voudrais une Église qui défie la culture du rebut par la joie débordante d’une nouvelle étreinte entre les jeunes et les personnes âgées ! » (AL 191). L’absence de mémoire historique est un sérieux défaut de notre société. Il s’agit de la mentalité immature du ‘‘c’est du passé’’. Connaître et pouvoir prendre position face aux événements passés est l’unique possibilité de construire un avenir qui ait un sens. On ne peut éduquer sans mémoire : « Rappelezvous ces premiers jours » (Hb 10, 32). Les récits des personnes âgées font beaucoup de bien aux enfants et aux jeunes, car ils les relient à l’histoire vécue aussi bien de la famille que du quartier et du pays. […](AL 193)

Personnes ayant des besoins spéciaux


Que d’amour se reflète dans les familles qui donnent sa valeur à la vie...
[…] Les familles qui acceptent avec amour l’épreuve difficile d’un enfant handicapé méritent une grande admiration. Elles donnent à l’Église et à la société un témoignage précieux de fidélité au don de la vie. La famille pourra découvrir, avec la communauté chrétienne, de nouveaux gestes et langages, de nouvelles formes de compréhension et d’identité, dans un cheminement d’accueil et d’attention au mystère de la fragilité. Les personnes porteuses de handicap constituent pour la famille un don et une opportunité pour grandir dans l’amour, dans l’aide réciproque et dans l’unité. (N° 21) (AL 47)

Les célibataires


Dans nos fraternités il y a de nombreux frères et soeurs qui ont opté pour ces conditions de vie...
De nombreuses personnes qui vivent sans se marier se consacrent non seulement à leur famille d’origine, mais elles rendent aussi souvent de grands services dans leur cercle d’amis, leur communauté ecclésiale et leur vie professionnelle. Il n’en reste pas moins que leur présence et leur contribution sont souvent négligées et cela leur procure un certain sentiment d’isolement. On trouve souvent chez elles de nobles motivations, qui conduisent à leur pleine implication dans les domaines artistiques, scientifiques ou pour le bien de l’humanité. Par ailleurs, beaucoup mettent leurs talents au service de la communauté chrétienne sous le signe de la charité et du bénévolat. Il existe aussi des personnes qui ne se marient pas parce qu’elles consacrent leur vie à l’amour du Christ et de leurs frères. Leur engagement est une source d’enrichissement pour la famille, que ce soit dans l’Église ou dans la société.N° 22)

Migrants, réfugiés, persécutés


Une réalité qui aujourd'hui nous défie est l'accueil et le travail avec ces frères...
Nous sommes tous des pèlerins: Les conséquences du phénomène migratoire sur la famille mérite une attention pastorale particulière. Cela touche, avec des modalités différentes, des populations entières dans diverses parties du monde. L’Église a exercé un rôle de premier plan dans ce domaine. La nécessité de maintenir et de développer ce témoignage évangélique (cf. Mt25, 35) apparaît aujourd’hui plus que jamais urgente. L’histoire de l’humanité est une histoire de migrants : cette vérité est inscrite dans la vie des peuples et des familles. Notre foi aussi le réaffirme : nous sommes tous des pèlerins. […]L’accompagnement des migrants exige une pastorale spécifique pour les familles en migration, mais aussi pour les membres du foyer familial qui sont demeurés sur leurs lieux d’origine. Cela doit se faire dans le respect de leurs cultures, de la formation religieuse et humaine d’où ils proviennent, de la richesse spirituelle de leurs rites et de leurs traditions, notamment par le biais d’une pastorale spécifique. « Il est important de considérer les migrants non seulement en fonction de la régularité ou de l’irrégularité de leur condition, mais surtout comme des personnes qui, une fois leur dignité assurée, peuvent contribuer au bien-être et au progrès de tous, en particulier lorsqu’ils assument la responsabilité de leurs devoirs envers ceux qui les accueillent, en respectant de façon reconnaissante le patrimoine matériel et spirituel du pays hôte, en obéissant à ses lois et en contribuant à ses charges » (François, Message pour la Journée mondiale des migrants et des réfugiés 2016, 12 septembre 2015). […] (N ° 23).

Les enfants


Jésus a dit : “Laissez les enfants venir à moi, car le Royaume des Cieux est à ceux qui leur ressemblent”. (Mt 19,14)
Les enfants sont une bénédiction de Dieu (cf. Gn 4,1). Ils doivent occuper la première place dans la vie familiale et sociale et constituer une priorité dans l’action pastorale de l’Église. « En effet, l’on peut juger la société à la façon dont on y traite les enfants, mais pas seulement moralement, sociologiquement aussi, si c’est une société libre ou une société esclave d’intérêts internationaux. […] Les enfants nous rappellent […] que nous sommes toujours des enfants […]. Et cela nous renvoie toujours au fait que nous ne nous sommes pas donné la vie nous-mêmes mais nous l’avons reçue » (François, Audience générale, 18 mars 2015). [...] (N ° 26).
“La famille ne peut renoncer à être un lieu de protection, d’accompagnement, d’orientation, même si elle doit réinventer ses méthodes et trouver de nouvelles ressources. Elle a besoin de se demander à quoi elle veut exposer ses enfants. Voilà pourquoi, elle ne doit pas éviter de s’interroger sur ceux qui sont chargés de leur divertissement et de leurs loisirs, sur ceux qui rentrent dans leurs chambres à travers les écrans, sur ceux à qui ils les confient pour qu’ils les guident dans leur temps libre. Seuls les moments que nous passons avec eux, parlant avec simplicité et affection des choses importantes, et les possibilités saines que nous créons pour qu’ils occupent leur temps, permettront d’éviter une invasion nuisible. Il faut toujours rester vigilant. L’abandon n’est jamais sain. Les parents doivent orienter et prévenir les enfants ainsi que les adolescents afin qu’ils sachent affronter les situations où il peut y avoir des risques d’agression, d’abus ou de toxicomanie, par exemple”. (AL 260)
“L’enfance, aujourd’hui, doit être la destinataire d’une action prioritaire de l’Église, de la famille et des institutions de l’État, tant pour les possibilités qu’elle offre, que pour la vulnérabilité à laquelle elle est exposée. Les enfants sont le don et le signe de la présence de Dieu dans notre monde pour leur capacité à accepter avec simplicité le message évangélique. Jésus les a choisis, avec une tendresse spéciale (cf Mt 19,14). Et il a présenté leur capacité à accueillir l’Évangile comme modèle pour entrer dans le Royaume de Dieu (cf Mc 10,14 ; Mt 18,3). Nous voyons avec souffrance la situation de pauvreté, de violence intrafamiliale (surtout dans les familles irrégulières ou désintégrées), d’abus sexuel qui touche beaucoup d’enfants : les secteurs des enfants travailleurs, les enfants de la rue, les enfants porteurs de HIV, les orphelins, les enfants soldats, et les garçons et les filles trompés et exposés à la pornographie et à la prostitution forcée, à la fois virtuelle et réelle. Surtout, la première enfance (0 à 6 ans) demande un soin spécial, et de l’attention. On ne peut rester indifférent devant la souffrance de tant d’enfants innocents. (Document d’Aparecida CELAM de 2007 n°438/439)

La femme


"Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur." (Lc 2,19).
La femme joue un rôle déterminant dans la vie de la personne, de la famille et de la société. « Chaque personne humaine doit la vie à une mère, et presque toujours, elle lui doit une grande partie de son existence successive, de sa formation humaine et spirituelle » (François, Audience générale, 7 janvier 2015). […] Il n’en reste pas moins vrai que la condition féminine dans le monde est sujette à de grandes différences qui dérivent principalement de facteurs socioculturels. La dignité de la femme a besoin d’être défendue et promue. […] Pour contribuer à la reconnaissance sociale de leur rôle déterminant on pourrait valoriser davantage les responsabilités des femmes dans l’Église : leur intervention dans les processus décisionnels, leur participation au gouvernement de certaines institutions, leur implication dans la formation des ministres ordonnés. (N° 27)


L’homme


Saint Joseph, homme juste, qui, à l’heure du danger « de nuit, prit avec lui l’enfant et sa mère » (Mt 2, 14)
L’homme revêt un rôle tout aussi décisif dans la vie de la famille, en se référant plus particulièrement à la protection et au soutien de l’épouse et des enfants. Le modèle de cette figure est saint Joseph, homme juste, qui, à l’heure du danger « de nuit, prit avec lui l’enfant et sa mère » (Mt 2, 14) et les conduisit en un lieu sûr. Beaucoup d’hommes sont conscients de l’importance de leur rôle dans la famille et le vivent avec les qualités spécifiques du caractère masculin. L’absence du père marque gravement la vie familiale, l’éducation des enfants et leur insertion dans la société. Son absence peut être physique, affective, cognitive et spirituelle. Cette carence prive les enfants d’un modèle de référence du comportement paternel. […] (N ° 28)

Les jeunes


De nombreux jeunes continuent à considérer le mariage comme le grand désir de leur vie et le projet de fonder une famille comme la réalisation de leurs aspirations. Dans la pratique, ils adoptent cependant des attitudes différentes vis-à-vis du mariage.[…] Les jeunes baptisés doivent être encouragés à ne pas hésiter face à la richesse que procure à leurs projets d’amour le sacrement du mariage, car ils seront forts du soutien de la grâce du Christ et de la possibilité de participer pleinement à la vie de l’Église. Il est donc nécessaire d’identifier plus précisément les motivations profondes de leur renoncement et de leur découragement. Les jeunes peuvent prendre davantage confiance dans le choix conjugal en voyant ces familles qui, dans la communauté chrétienne, leur offrent l’exemple fiable d’un témoignage durable dans le temps. (N° 29)

TRAVAIL FINAL:
          *Devant ces défis et provocations, quelles seraient les lignes d'action et les engagements que nous devrions assumer ?

          *Spécialement avec les frères aînés de nos fraternités, quels engagements devons-nous assumer pour les accompagner dans cette étape de leur vie ?

 

Prière à la Sainte Famille


Jésus, Marie et Joseph

en vous nous contemplons la splendeur de l’amour véritable,

à vous nous nous adressons avec confiance.

Sainte Famille de Nazareth,

fais aussi de nos familles des lieux de communion et des cénacles de prière,

des écoles authentiques de l’Évangile et des petites Églises domestiques.

Sainte Famille de Nazareth,

que jamais plus dans les familles on fasse l’expérience de la violence,

de la fermeture et de la division:

que quiconque a été blessé ou scandalisé connaisse rapidement consolation et guérison.

Sainte Famille de Nazareth,

que le Synode des Évêques puisse réveiller en tous la conscience du caractère sacré

et inviolable de la famille, sa beauté dans le projet de Dieu.

Jésus, Marie et Joseph écoutez-nous, exaucez notre prière.

Amen.
Juillet 2016.

Ordo Franciscanus Saecularis
Consilium Internationale
COMMISSION FAMILLE

Silvia Diana  OFS

 

 


LES CONCLUSIONS DU SYNODE SUR LA FAMILLE, OCTOBRE 2015
Chapitre IV

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Ce chapitre IV nous présente “la famille, l'affectivité et la vie” ; nous continuons à intégrer la richesse de l'Exhortation Apostolique Amoris Lætitia (AL) et à la partager dans nos réalités locales, en réfléchissant sur le beau trésor qu’est la famille. Nous proposons des questions pour aider au partager et donc aussi la lecture de quelques articles des documents cités dans le texte. 

Pour le partage en fraternité :


1. L’importance de la vie affective
QUESTIONS :

      1) Qu’en est-il du dialogue dans notre vie matrimoniale ?

      2) Quels en sont les points de force et de faiblesse ?

      3) Quels aspects sont nécessaires ou favorables pour mieux vivre, s’exprimer et communiquer entre nous, afin de mûrir dans l'amour réciproque d’époux? 

30. […] Le défi pour l’Église, c’est d’aider les couples pour faire mûrir la dimension émotionnelle et grandir la dimension affective en encourageant le dialogue, la vertu et la confiance en l’amour miséricordieux de Dieu. Le dévouement total requis par le mariage chrétien est un puissant antidote contre la tentation d’une existence individuelle repliée sur soi-même.
Le dialogue est une manière privilegié et indispensable de vivre, d’exprimer et de faire mûrir l’amour, dans la vie matrimoniale et familiale. […] ( AL 136 )
Se donner du temps, du temps de qualité, qui consiste à écouter avec patience et attention, jusqu’à ce que l’autre ait exprimé tout ce qu’il a sur le cœur […] ( AL 137 ) .
[…] L’amour surpasse les pires barrières. […] ( AL 140 )

2. La formation au don de soi
QUESTIONS : Comme parents :

      1) Est-ce que nous assumons de manière responsable et comme une mission brûlante et passionnante reçue de Dieu, l'éducation intégrale des enfants, pour les aider dans leur croissance humaine, affective, morale et spirituelle ?

31. Le style des relations familiales a une incidence primordiale sur la formation affective des jeunes générations. La rapidité avec laquelle s’accomplissent les mutations de la société contemporaine rend plus difficile l’accompagnement de la personne pour qu’elles mûrissent dans la formation de leur affectivité. Cela exige aussi une action pastorale appropriée, riche d’une connaissance approfondie de l’Écriture et de la doctrine catholique, et dotée d’instruments éducatifs adéquats. Une connaissance opportune de la psychologie de la famille constituera une aide pour que la vision chrétienne soit transmise de façon efficace : il faudra que cet effort éducatif débute avec la catéchèse de l’initiation chrétienne. Cette formation aura soin de mettre en valeur la vertu de chasteté, conçue comme intégration des sentiments, qui favorise le don de soi.
En outre, cette formation doit se réaliser de façon inductive, de telle manière que l’enfant puisse arriver à découvrir par lui - même la portée de certaines valeurs, principes et normes, au lieu de se les voir imposées comme des vérités irréfutables. […] ( AL264 ) .

3. Fragilité et immaturité
QUESTIONS :

      1) Nous engageons-nous de manière responsable, comme une mission confiée par Dieu, à aider nos enfants dans leur maturation humaine, affective, morale et spirituelle, dans la fragilité de leur développement et de leur croissance ?

      2) Quels aspects de la culture actuelle et du style de vie des adolescents et des jeunes d'aujourd'hui créent-ils des difficultés dans l’éducation chrétienne centrée sur l'amour ?

      3) Que pouvons-nous faire en tant qu’adultes, pour éduquer et aider les nouvelles générations dans le mûrissement de leur sexualité ?  

32. Dans le monde actuel, les tendances culturelles qui visent à imposer une sexualité sans limites, dont on veut explorer toutes les facettes, même les plus complexes, ne manquent pas. La question de la fragilité affective est d’une grande actualité : une affectivité narcissique, instable et changeante, n’aide pas la personne à gagner en maturité. Il faut dénoncer avec fermeté la grande diffusion de la
pornographie et de la commercialisation du corps, favorisée notamment par un mauvais usage d’internet, ainsi que la prostitution forcée et son exploitation. […] Le Conci le Vatican II envisageait la nécessité « d’une éducation sexuelle à la fois positive et prudente au fur et à mesure [que les enfants et les adolescents] grandissent » et « en tenant compte du progrès des sciences psychologique, pédagogique et didactique » ( AL280)

4. Technique et procréation humaine
QUESTIONS:

      1- La paternité ou la maternité sont-ils un don de Dieu ou un droit de la personne humaine ?

      2- Les nouvelles technologies qui permettent la procréation et la fécondité bien au-delà des limites naturelles, dans quelle mesure peuvent-elles donner un droit à être père ou mère sans limites, ou s’agit-il là d’un don de Dieu ?

      3- Peut-on être père ou mère à tout prix et sans aucune limite, seulement parce que la science le permet ?

      4- La position des Évêques est : "tout ce qu i est scientifiquement possible n'est pas scientifiquement permis" . Quelle est ta position ? 

33. La révolution biotechnologique dans le domaine de la procréation humaine a introduit la possibilité de manipuler l’acte d’engendrer, en le rendant indépendant de la relation sexuelle entre un homme et une femme. De la sorte, la vie humaine et la parentalité sont devenus des réalités qu’il est possible de faire ou de défaire, principalement sujettes aux désirs des individus ou des couples, qui ne sont pas nécessairement hétérosexuels ou mariés. Ce phénomène s’est présenté ces dernières années comme une nouveauté absolue sur la scène de l’humanité et se diffuse de plus en plus. Tout cela a de profondes répercussions sur la dynamique des relations, sur la structure de la vie sociale et sur les normes juridiques, qui interviennent pour tenter de réglementer des pratiques déjà existantes et des situations différenciées. Dans ce contexte, l’Église ressent la nécessité de dire une parole de vérité et d’espérance […]
La famille est le lieu non seulement de la procréation mais aussi celui de l’accueil de la vie qui arrive comme don de Dieu […] (AL166)

5. Les défis pour la pastorale
QUESTIONS :

      1- Sans avoir renoncé à l’idéal chrétien du mariage et de la famille, quels gestes de miséricorde et de proximité pastorale avons-nous faits comme Eglise et personnellement envers les nouvelles réalités “familiales” ?

      2- Que devrions-nous faire encore? 

34. […] Dans la formation à la vie conjugale et familiale, l’approche pastorale tiendra compte de la pluralité des situations concrètes. Si, d’une part, il faut encourager des parcours qui garantissent la formation des jeunes au mariage, de l’autre, il faut accompagner ceux qui vivent seuls ou qui ne forment pas de nouveau noyau familial, en restant souvent liés à leur famille d’origine. Les couples qui ne peuvent pas avoir d’enfants doivent aussi faire l’objet d’une attention pastorale particulière de la part de l’Église, pour les aider à découvrir le dessein de Dieu sur leur situation, au service de toute la communauté. Tous ont besoin d’un regard de compréhension, en tenant compte que les situations de distance par rapport à la vie ecclésiale ne sont pas toujours voulues, mais sont souvent induites et parfois même subies. Dans l’optique de la foi, personne n’est exclu : tous sont aimés de Dieu et sont au centre de l’action pastorale de l’Église.
Dans son annonce et le témoignage qu’elle donne face au monde, rien ne peut être privé de miséricorde (AL 310).
[…] et nous situe plutôt dans le contexte d’un discernement pastoral empreint d ’amour miséricordieux , qui tend toujours à comprendre , à pardonner, à accompagner, à attendre, et surtout à intégrer. (AL 312).

QUESTIONS COMPLEMENTAIRES 

      1- La famille est un patrimoine de l’humanité, un sanctuaire de la vie, un trésor. Pour lequel de ces aspects avons-nous expérimenté et témoigné que ces affirmations sur cette réalité familiale si riche et si simple à la fois, sont certaines ?

      2- Indique des mots tels que, par exemple, intégrer, s’engager, accepter, accompagner, etc. (offrir de l'espérance, du temps, la patience). Quels autres mots seraient utiles pour l'une ou l’autre des situations décrites précédemment, en considérant que l'Église cherche à développer des moyens pour devenir plus inclusive?

      3- Comment notre charisme nous aide-t-il à appréhender et à mûrir dans cette "pédagogie de l’amour que sont le mariage et la famille" ?  

Documents : http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa francesco_esortazione - ap_20160319_amoris - laetitia.html http://www.vatican.va/roman_curia/synod/documents/rc_synod_doc_20151026_re lazione - finale - xiv - assemblea_fr.html
Nous concluons la rencontre en priant ensemble la Prière à la Sainte Famille

Octobre 2016 

Ordo Franciscanus Saecularis 
Consilium Internationale
COMMISSION FAMILLE Fr. Francis Dor OFMCap.

 

 


LES CONCLUSIONS DU SYNODE SUR LA FAMILLE, OCTOBRE 2015
DEUXIEME PARTIE -Chapitre II

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La Famille dans le contexte Socio-économique


Le 8 avril dernier, l’Exhortation Apostolique Post-Synodale, Amoris lætitia (AL) du Saint Père, le Pape François, sur l’amour dans la famille, basée sur les conclusions du dernier Synode, a été publiée. L’importance de la famille dans la société en général et pour l’Eglise en particulier ne peut jamais être suffisamment soulignée. En faite, « La famille est le cellule vitale de la société ». La raison pour laquelle, “le Bonheur de la famille est décisive pour l’avenir du monde et de l’Eglise”(AL 31). Le Chapitre deuxième des Conclusions du Synode (n° 11- n° 16), présente un regard globale du contexte socio-économique de la famille aujourd’hui.