Ordre Franciscain Séculier

Ordo Franciscanus Sæcularis

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PRESIDENCE DU CONSEIL INTERNATIONAL DE L’OFS
PROGRAMME DE FORMATION CONTINUE
DOSSIER MENSUEL


MARS 2013 – 4ème ANNEE – No. 39

LA THEOLOGIE DU CORPS

Sur base des écrits du
Bienheureux Pape Jean-Paul II


Dossier préparé par l’équipe de formation continue du CIOFS :
Ewald Kreuzer, OFS, Coordinateur
Lucy Almiranez, OFS
Mike et Jenny Harrington, OFS.

Le coeur humain–TDC 24–631

LE CHRIST EN APPELE  AU COEUR HUMAIN

Nous avons reconnu  notre état  original tel que créé par Dieu : un état d’innocence, de pureté, de bonheur, que n’avait pas touché le péché et ses conséquences. Adam et Eve vivaient une union heureuse, un amour réciproque désintéressé et jouissaient de la plénitude si ardemment  désirée par tout  couple marié.  Dieu  les a créés avec la capacité d’être unis à Lui dans un amour éternel, et cette offre ne nécessitait pour s’accomplir que leur libre choix. Mais nos premiers parents n'ont pas accepté cette affectueuse invitation et, par leur désobéissance, l’humanité est maintenant soumise à la faute et à la mort.

"Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Et moi, je vous dis : Quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà, dans son cœur, commis l’adultère avec elle ". (Mt 5:27-28)

Ce passage concerne également la théologie du corps. Il demande une révision fondamentale de la compréhension et donc de l’application de la loi morale fixée par « l’Ancien Testament ». Nous nous trouvons  donc au coeur de l'ethos, forme intérieure (ou  âme) de la moralité humaine. Le Christ en appelle à l'homme intérieur.

Le péché originel, rupture de la convention originelle passée avec le Créateur.

Quand ils eurent désobéi à Dieu « leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils virent qu'ils étaient nus. Ayant cousu des feuilles de figuier ;ils s’en firent des pagnes… « J'ai pris peur, car j’étais nu, et je me suis caché » (Gen 3:,7-10)

En comparaison de l’état originel de l’humanité,  notre situation après la chute était modifiée. Sans le Christ, l’homme  est maintenant incapable d'atteindre le destin que Dieu lui a préparé.

La concupiscence /la convoitise / la honte (Gen 3: 8-11)

Jean-Paul II observe que c’est par le péché originel que la concupiscence est entrée dans le coeur humain. La concupiscence est un désordre de nos désirs qui nous incite au péché, infectant  notre sexualité. Au lieu de voir dans le corps une expression transparente de la vie intérieure et la vraie profondeur de la personne, nous sommes tentés de voir en elle un objet de plaisir, d’auto satisfaction.

Le “coeur” est devenu le lieu d’un combat entre amour et concupiscence. Plus la concupiscence domine le coeur, moins celui-ci peut reconnaitre la signification sponsale du corps, moins il devient sensible au don de la personne qui exprime précisément cette signification dans les rapports réciproques de l’homme et de la femme. (TDC 32-3) ; nous sommes alors tentés de confondre don et proie. La concupiscence obscurcit la réponse sponsale du corps.

La honte qu'ont éprouvé Adam et Eve était le résultat de la rupture de l’unité esprit-corps. C’était la

source de la manifestation dans l’être humain – dans les deux, l’homme et la femme – de ce qui “ne vient pas du Père mais du monde”.(TDC 26.5) . “Leurs yeux à tous deux s’ouvrirent alors et ils surent qu’ils étaient nus. Ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des pagnes.” Gn 3,7

A cause de leur honte l’homme et la femme  éprouvent la nécessité de se cacher de Dieu. " Leur besoin de se cacher indique qu’au fond de la honte qu’ils éprouvent réciproquement, comme fruit immédiat de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, a mûri un sentiment de peur en présence de Dieu: une peur ignorée auparavant " (TDC 27.1) .... (l’homme) souffrit de la dégradation de tout ce qui appartient à sa nature même, à son humanité dans la plénitude originelle « de l’image de Dieu ».

La honte atteste d’un changement radical de l’état de l’homme. La nudité ne constituait pas une carence dans l’état d’innocence originelle mais représentait la pleine acceptation du corps dans toute sa vérité humaine et donc personnelle. En ce sens, le corps humain a été, dès le début, un témoin fidèle et une “vérification” sensible de l’originelle “solitude” de l’homme dans le monde, devenant en même temps, par sa masculinité et sa féminité, un élément limpide du don réciproque dans la communion des personnes (TDC 27.3).  Mais maintenant comme résultat du péché originel et de la concupiscence entrée en son "coeur", l’homme a perdu en quelque sorte, la certitude originelle de « l’image de Dieu » exprimée dans son corps.(TDC 27.4)

  • La convoitise exprime un désir sexuel dépourvu de l'amour de Dieu. Elle consiste à rechercher la satisfaction personnelle aux  dépens de l'autre, tandis que l’Amour veille  avant tout au  bien de l’autre.  La convoitise occasionne  donc une réduction de la plénitude originale prévue par Dieu pour le rapport sexuel..
  • La honte a aussi une fonction possible de  « forme naturelle d'autodéfense »  contre  le danger d’être contraint  à la fonction d’objet à usage sexuel" (LR p 182)
  • La honte, dans son sens négatif, indique la perte de vue de la dignité du corps en tant que"théologie", révélation du mystère de Dieu. Dans son sens positif, la honte indique le désir de protéger de déchéance. par convoitise la dignité de la personne et la valeur du corps .

La tension / Conflit –Rapports humains et Univers créé - (Gen 3: 12-13, 16-19, Rom 8:20-21)

Après leur péché l’Homme et la Femme  n’ont plus joui de la liberté ni de la communion avec Dieu qu’ils avaient connues auparavant. Tourmentés par leur culpabilité, ils craignent Dieu comme un législateur distant, un juge sévère. Les relations dans le premier couple sont aussi abimées. Ils ont maintenant des difficultés à se faire confiance et à se comprendre. Il y maintenant des  tension et des conflits. Une conséquence intrinsèque de leur péché est une désharmonie dans la totalité de l'univers créé. (Rom 8:20-21)

Il y a maintenant. discorde entre l’ humanité et la nature dont  l'humanité était censée se  soucier.

La concience est maintenant obscurcie par le péché, mais les êtres  humains retiennent leur capacité naturelle à connaître Dieu à travers sa création et à vivre selon leurs consciences.

L'homme répondit  « La femme que tu as mise auprès de moi, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé »  Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’a tu fait  là ! » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée et j’ai mangé ». (Gen 3: 12-13)

Il dit à la femme :

« Je ferai qu’enceinte tu sois dans de grandes souffrances ; c’est péniblement que tu enfanteras des fils. Tu seras avide de ton homme et il te dominera ; ».

Il dit à Adam :

A  la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes  au sol car c’est de lui que tu as été pris » (Gen 3:16, 19)

Livrée au pouvoir du néant (la Création),– non de son propre gré mais par l’autorité de celui qui l’y a livrée, garde l’espérance car elle aussi sera libérée de l’esclavage de la corruption pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu. (Rom 8:20-21)

Dans le mystère de la création, le corps humain portait  en lui un signe incontestable de l’ "image de Dieu" et constituait la source spécifique de sa certitude au sujet de cette image, présente dans l'être  humain tout  entier. L'acceptation originelle du corps fut en quelque sens la base de l'acceptation du monde visible en totalité.  Et à son tour, cette acceptation était pour l’homme la garantie de son autorité sur le monde, sur la Terre qu'il devait soumettre.

Les mots, "j'avais peur, car j’étais nu, et je me suis caché" indiquent un changement radical dans ce rapport. L’homme, d’une certaine façon , perd la certitude originelle d’ être "image de Dieu" telle qu’ exprimée dans son corps, et perd aussi le sens de son droit de participer à cette visibilité du monde dont il avait joui dans le mystère de la création. Ce droit avait sa fondation dans la pensée la plus intime de l’homme car ayant participé à la vision divine du monde et de sa propre humanité, il en avait retiré une profonde paix et joie dans la vérité et dans la valeur du corps que lui avait donné le Créateur. Les paroles de Dieu-Yahweh annonçaient  l'hostilité  du monde, la résistance de la nature contre l’homme et ses travaux,  elles  prédisaient que le corps humain aurait à souffrir dans ses contact avec le monde jusqu’alors subjugué par lui. : « Le sol sera maudit... »

Le corps n'est plus soumis à l'esprit comme dans l'état d'innocence originelle, mais porte en lui-même une source constante de résistance contre l'esprit qui menace de diverses façons l'unité de l'homme en tant que personne, cette unité de nature morale qui plonge ses racines dans la constitution même de la personne.

« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère .Et moi, je vous dit : Quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà, dans son cœur, commis l’adultère avec elle. » (Mt 5:27-28)

Ce passage est significatif dans la théologie du corps. Il demande une révision fondamentale de la compréhension et donc de l’application de la loi morale fixée par « l’Ancien » Testament . Nous nous trouvons  au coeur de l'ethos, forme intérieure ou  âme de la moralité humaine. Le Christ, lui, en appelle  à l'homme intérieur.

Le Sermon sur la Montagne (Mt 5 :27-28)

Le regard exprime ce qui est dans le cœur. “Un regard de convoitise  est un adultère  dans le cœur ».  Désirer”, “regarder avec désir” indique une évaluation de la valeur du corps dont la signification sponsale cesse d’exister en raison même de la concupiscence. Sa signification procréatrice cesse également.

Or, l’homme, “en désirant”, “en regardant pour désirer” (comme nous le lisons dans Mt 5,27-28), expérimente de façon plus ou moins explicite l’éloignement de cette signification du corps qui est à la base de la communion des personnes: aussi bien en dehors du mariage que – de manière particulière – lorsque l’homme et la femme sont appelés à construire l’union “dans le corps”,. (TDC 39.5)

Cet adultère “dans le coeur”, l’homme peut aussi le commettre avec sa propre épouse s’il la traite seulement comme un objet de satisfaction de son instinct " (TDC 43.4)

Nous sommes purs de coeur quand nous comprenons et usons de notre corps comme Dieu a voulu qu’il en soit : une révélation de son propre mystère divin. " Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu" (Mt 5:8) .. Seul atteint “la pureté du coeur” celui qui sait obtenir la cohérence de son “coeur”: de son “coeur” et de son “corps”.

Le regard intérieur, « le pur regard » qu’échangèrent  Adam et Eve dans l'état d'innocence  leur permettait non seulement la vue avec les yeux du corps, mais par cette vision physique : la contemplation de la vérité intérieure de la personne.

L’exigence que le Christ  demande à tous ses auditeurs actuels et potentiels dans le Discours sur la Montagne, appartient à l’espace intérieur où l’homme – précisément celui qui l’écoute – doit voir de nouveau la plénitude perdue de son humanité et vouloir l’acquérir de nouveau .... Devons-nous craindre la sévérité de ces paroles ou, plutôt, avoir confiance dans leur contenu salvifique, dans leur puissance? (TDC 43.7)

Par une conversion progressive, les désirs de notre coeur se conforment graduellement à la loi de Dieu, au point que nous éprouvons la liberté de la loi qui nous permet de réaliser plus profondément sa signification. "La loi de l’ Évangile... n'ajoute pas de préceptes extérieurs nouveaux, mais continue à réformer le cœur là ou l’homme choisit entre le pur et l’impur" (CEC. 1968).2 Dans "le sermon sur la montagne... l'Esprit du Seigneur donne la nouvelle forme à nos désirs" (CEC. 2764)

"L'ethos chrétien est caractérisé par une "transformation de la conscience et des attitudes de la personne humaine... tels que exprimer et réaliser la valeur du corps et du sexe d'après le plan originel du Créateur" (TDC 45.3 ?)

Questions pour réflexion:

1. Pourquoi pensez-vous que le péché originel ait pu avoir un tel effet majeur sur la sexualité humaine?

2. Comparez et contrastez le mode originel de vie et la vie du monde après la chute?

3. Identifiez la différence entre moi qui donne l'amour comme "donner" et moi "amour" indulgent comme "utiliser."

 

 


1 Le TDC est l’ensemble des cathéchèses de Jeab-Paul II,  consultable  sur http:// theologieducorps.com/les-cathecheses/

2 Cathéchisme de l’Eglise Catholique.  Texte typique latin, Libreria Editrice Vaticana, Citta del Vaticano, 1992

PRESIDENCE DU CONSEIL INTERNATIONAL DE L’OFS

PROGRAMME DE FORMATION CONTINUE

DOSSIER MENSUEL

MARS 2013 – 4ème ANNEE – No.39

LA THEOLOGIE DU CORPS

Sur base des écrits du

Bienheureux Pape Jean-Paul II

Dossier préparé par l’équipe de formation continue du CIOFS :

Ewald Kreuzer, OFS, Coordinateur

Lucy Almiranez, OFS

Mike et Jenny Harrington, OFS.

Le coeur humain–TDC 24–63 [1]

LE CHRIST EN APPELE AU COEUR HUMAIN

Nous avons reconnu notre état original tel que créé par Dieu : un état d’innocence, de pureté, de bonheur, que n’avait pas touché le péché et ses conséquences. Adam et Eve vivaient une union heureuse, un amour réciproque désintéressé et jouissaient de la plénitude si ardemment désirée par tout couple marié. Dieu les a créés avec la capacité d’être unis à Lui dans un amour éternel, et cette offre ne nécessitait pour s’accomplir que leur libre choix. Mais nos premiers parents n'ont pas accepté cette affectueuse invitation et, par leur désobéissance, l’humanité est maintenant soumise à la faute et à la mort.

"Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Et moi, je vous dis : Quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà, dans son cœur, commis l’adultère avec elle ". (Mt 5:27-28)

Ce passage concerne également la théologie du corps. Il demande une révision fondamentale de la compréhension et donc de l’application de la loi morale fixée par « l’Ancien Testament ». Nous nous trouvons donc au coeur de l'ethos, forme intérieure (ou âme) de la moralité humaine. Le Christ en appelle à l'homme intérieur.

Le péché originel, rupture de la convention originelle passée avec le Créateur.

Quand ils eurent désobéi à Dieu « leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils virent qu'ils étaient nus. Ayant cousu des feuilles de figuier ;ils s’en firent des pagnes… « J'ai pris peur, car j’étais nu, et je me suis caché » (Gen 3:,7-10)

En comparaison de l’état originel de l’humanité, notre situation après la chute était modifiée. Sans le Christ, l’homme est maintenant incapable d'atteindre le destin que Dieu lui a préparé.

La concupiscence /la convoitise / la honte (Gen 3: 8-11)

Jean-Paul II observe que c’est par le péché originel que la concupiscence est entrée dans le coeur humain. La concupiscence est un désordre de nos désirs qui nous incite au péché, infectant notre sexualité. Au lieu de voir dans le corps une expression transparente de la vie intérieure et la vraie profondeur de la personne, nous sommes tentés de voir en elle un objet de plaisir, d’auto satisfaction.

Le “coeur” est devenu le lieu d’un combat entre amour et concupiscence. Plus la concupiscence domine le coeur, moins celui-ci peut reconnaitre la signification sponsale du corps, moins il devient sensible au don de la personne qui exprime précisément cette signification dans les rapports réciproques de l’homme et de la femme. (TDC 32-3) ; nous sommes alors tentés de confondre don et proie. La concupiscence obscurcit la réponse sponsale du corps.

La honte qu'ont éprouvé Adam et Eve était le résultat de la rupture de l’unité esprit-corps. C’était la

source de la manifestation dans l’être humain – dans les deux, l’homme et la femme – de ce qui “ne vient pas du Père mais du monde”.(TDC 26.5) . “Leurs yeux à tous deux s’ouvrirent alors et ils surent qu’ils étaient nus. Ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des pagnes.” Gn 3,7

A cause de leur honte l’homme et la femme éprouvent la nécessité de se cacher de Dieu. " Leur besoin de se cacher indique qu’au fond de la honte qu’ils éprouvent réciproquement, comme fruit immédiat de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, a mûri un sentiment de peur en présence de Dieu: une peur ignorée auparavant " (TDC 27.1) .... (l’homme) souffrit de la dégradation de tout ce qui appartient à sa nature même, à son humanité dans la plénitude originelle « de l’image de Dieu ».

La honte atteste d’un changement radical de l’état de l’homme. La nudité ne constituait pas une carence dans l’état d’innocence originelle mais représentait la pleine acceptation du corps dans toute sa vérité humaine et donc personnelle. En ce sens, le corps humain a été, dès le début, un témoin fidèle et une “vérification” sensible de l’originelle “solitude” de l’homme dans le monde, devenant en même temps, par sa masculinité et sa féminité, un élément limpide du don réciproque dans la communion des personnes (TDC 27.3). Mais maintenant comme résultat du péché originel et de la concupiscence entrée en son "coeur", l’homme a perdu en quelque sorte, la certitude originelle de « l’image de Dieu » exprimée dans son corps.(TDC 27.4)

· La convoitise exprime un désir sexuel dépourvu de l'amour de Dieu. Elle consiste à rechercher la satisfaction personnelle aux dépens de l'autre, tandis que l’Amour veille avant tout au bien de l’autre. La convoitise occasionne donc une réduction de la plénitude originale prévue par Dieu pour le rapport sexuel..

· La honte a aussi une fonction possible de  « forme naturelle d'autodéfense » contre le danger d’être contraint à la fonction d’objet à usage sexuel" (LR p 182)

· La honte, dans son sens négatif, indique la perte de vue de la dignité du corps en tant que"théologie", révélation du mystère de Dieu. Dans son sens positif, la honte indique le désir de protéger de déchéance. par convoitise la dignité de la personne et la valeur du corps .

La tension / Conflit –Rapports humains et Univers créé - (Gen 3: 12-13, 16-19, Rom 8:20-21)

Après leur péché l’Homme et la Femme n’ont plus joui de la liberté ni de la communion avec Dieu qu’ils avaient connues auparavant. Tourmentés par leur culpabilité, ils craignent Dieu comme un législateur distant, un juge sévère. Les relations dans le premier couple sont aussi abimées. Ils ont maintenant des difficultés à se faire confiance et à se comprendre. Il y maintenant des tension et des conflits. Une conséquence intrinsèque de leur péché est une désharmonie dans la totalité de l'univers créé. (Rom 8:20-21)

Il y a maintenant. discorde entre l’ humanité et la nature dont l'humanité était censée se soucier.

La concience est maintenant obscurcie par le péché, mais les êtres humains retiennent leur capacité naturelle à connaître Dieu à travers sa création et à vivre selon leurs consciences.

L'homme répondit « La femme que tu as mise auprès de moi, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé » Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’a tu fait là ! » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée et j’ai mangé ». (Gen 3: 12-13)

Il dit à la femme :

« Je ferai qu’enceinte tu sois dans de grandes souffrances ; c’est péniblement que tu enfanteras des fils. Tu seras avide de ton homme et il te dominera ; ».

Il dit à Adam :

A la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes au sol car c’est de lui que tu as été pris » (Gen 3:16, 19)

Livrée au pouvoir du néant (la Création),– non de son propre gré mais par l’autorité de celui qui l’y a livrée, garde l’espérance car elle aussi sera libérée de l’esclavage de la corruption pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu. (Rom 8:20-21)

Dans le mystère de la création, le corps humain portait en lui un signe incontestable de l’ "image de Dieu" et constituait la source spécifique de sa certitude au sujet de cette image, présente dans l'être humain tout entier. L'acceptation originelle du corps fut en quelque sens la base de l'acceptation du monde visible en totalité. Et à son tour, cette acceptation était pour l’homme la garantie de son autorité sur le monde, sur la Terre qu'il devait soumettre.

Les mots, "j'avais peur, car j’étais nu, et je me suis caché" indiquent un changement radical dans ce rapport. L’homme, d’une certaine façon , perd la certitude originelle d’ être "image de Dieu" telle qu’ exprimée dans son corps, et perd aussi le sens de son droit de participer à cette visibilité du monde dont il avait joui dans le mystère de la création. Ce droit avait sa fondation dans la pensée la plus intime de l’homme car ayant participé à la vision divine du monde et de sa propre humanité, il en avait retiré une profonde paix et joie dans la vérité et dans la valeur du corps que lui avait donné le Créateur. Les paroles de Dieu-Yahweh annonçaient l'hostilité du monde, la résistance de la nature contre l’homme et ses travaux, elles prédisaient que le corps humain aurait à souffrir dans ses contact avec le monde jusqu’alors subjugué par lui. : « Le sol sera maudit... »

Le corps n'est plus soumis à l'esprit comme dans l'état d'innocence originelle, mais porte en lui-même une source constante de résistance contre l'esprit qui menace de diverses façons l'unité de l'homme en tant que personne, cette unité de nature morale qui plonge ses racines dans la constitution même de la personne.

« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère .Et moi, je vous dit : Quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà, dans son cœur, commis l’adultère avec elle. » (Mt 5:27-28)

Ce passage est significatif dans la théologie du corps. Il demande une révision fondamentale de la compréhension et donc de l’application de la loi morale fixée par « l’Ancien » Testament . Nous nous trouvons au coeur de l'ethos, forme intérieure ou âme de la moralité humaine. Le Christ, lui, en appelle à l'homme intérieur.

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Le Sermon sur la Montagne (Mt 5 :27-28)

Le regard exprime ce qui est dans le cœur. “Un regard de convoitise est un adultère dans le cœur ». Désirer”, “regarder avec désir” indique une évaluation de la valeur du corps dont la signification sponsale cesse d’exister en raison même de la concupiscence. Sa signification procréatrice cesse également.

Or, l’homme, “en désirant”, “en regardant pour désirer” (comme nous le lisons dans Mt 5,27-28), expérimente de façon plus ou moins explicite l’éloignement de cette signification du corps qui est à la base de la communion des personnes: aussi bien en dehors du mariage que – de manière particulière – lorsque l’homme et la femme sont appelés à construire l’union “dans le corps”,. (TDC 39.5)

Cet adultère “dans le coeur”, l’homme peut aussi le commettre avec sa propre épouse s’il la traite seulement comme un objet de satisfaction de son instinct " (TDC 43.4)

Nous sommes purs de coeur quand nous comprenons et usons de notre corps comme Dieu a voulu qu’il en soit : une révélation de son propre mystère divin. " Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu" (Mt 5:8) .. Seul atteint “la pureté du coeur” celui qui sait obtenir la cohérence de son “coeur”: de son “coeur” et de son “corps”.

Le regard intérieur, « le pur regard » qu’échangèrent Adam et Eve dans l'état d'innocence leur permettait non seulement la vue avec les yeux du corps, mais par cette vision physique : la contemplation de la vérité intérieure de la personne.

L’exigence que le Christ demande à tous ses auditeurs actuels et potentiels dans le Discours sur la Montagne, appartient à l’espace intérieur où l’homme – précisément celui qui l’écoute – doit voir de nouveau la plénitude perdue de son humanité et vouloir l’acquérir de nouveau .... Devons-nous craindre la sévérité de ces paroles ou, plutôt, avoir confiance dans leur contenu salvifique, dans leur puissance? (TDC 43.7)

Par une conversion progressive, les désirs de notre coeur se conforment graduellement à la loi de Dieu, au point que nous éprouvons la liberté de la loi qui nous permet de réaliser plus profondément sa signification. "La loi de l’ Évangile... n'ajoute pas de préceptes extérieurs nouveaux, mais continue à réformer le cœur là ou l’homme choisit entre le pur et l’impur" (CEC. 1968).[2] Dans "le sermon sur la montagne... l'Esprit du Seigneur donne la nouvelle forme à nos désirs" (CEC. 2764)

"L'ethos chrétien est caractérisé par une "transformation de la conscience et des attitudes de la personne humaine... tels que exprimer et réaliser la valeur du corps et du sexe d'après le plan originel du Créateur" (TDC 45.3 ?)

Questions pour réflexion:

1. Pourquoi pensez-vous que le péché originel ait pu avoir un tel effet majeur sur la sexualité humaine?

2. Comparez et contrastez le mode originel de vie et la vie du monde après la chute?

3. Identifiez la différence entre moi qui donne l'amour comme "donner" et moi "amour" indulgent comme "utiliser."



[1] Le TDC est l’ensemble des cathéchèses de Jeab-Paul II, consultable sur http:// theol

PRESIDENCE DU CONSEIL INTERNATIONAL DE L’OFS

PROGRAMME DE FORMATION CONTINUE

 

DOSSIER MENSUEL

 

MARS 2013 – 4ème ANNEE – No.39

LA THEOLOGIE DU CORPS

Sur base des écrits du

Bienheureux Pape Jean-Paul II

Dossier préparé par l’équipe de formation continue du CIOFS :

Ewald Kreuzer, OFS, Coordinateur

Lucy Almiranez, OFS

Mike et Jenny Harrington, OFS.

Le coeur humain–TDC 24–63 [1]

 

LE CHRIST EN APPELE  AU COEUR HUMAIN

Nous avons reconnu  notre état  original tel que créé par Dieu : un état d’innocence, de pureté, de bonheur, que n’avait pas touché le péché et ses conséquences. Adam et Eve vivaient une union heureuse, un amour réciproque désintéressé et jouissaient de la plénitude si ardemment  désirée par tout  couple marié.  Dieu  les a créés avec la capacité d’être unis à Lui dans un amour éternel, et cette offre ne nécessitait pour s’accomplir que leur libre choix. Mais nos premiers parents n'ont pas accepté cette affectueuse invitation et, par leur désobéissance, l’humanité est maintenant soumise à la faute et à la mort.

 

"Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Et moi, je vous dis : Quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà, dans son cœur, commis l’adultère avec elle ". (Mt 5:27-28)

Ce passage concerne également la théologie du corps. Il demande une révision fondamentale de la compréhension et donc de l’application de la loi morale fixée par « l’Ancien Testament ». Nous nous trouvons  donc au coeur de l'ethos, forme intérieure (ou  âme) de la moralité humaine. Le Christ en appelle à l'homme intérieur.

 

Le péché originel, rupture de la convention originelle passée avec le Créateur.

Quand ils eurent désobéi à Dieu « leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils virent qu'ils étaient nus. Ayant cousu des feuilles de figuier ;ils s’en firent des pagnes… « J'ai pris peur, car j’étais nu, et je me suis caché » (Gen 3:,7-10)

En comparaison de l’état originel de l’humanité,  notre situation après la chute était modifiée. Sans le Christ, l’homme  est maintenant incapable d'atteindre le destin que Dieu lui a préparé.

 

La concupiscence /la convoitise / la honte (Gen 3: 8-11)

Jean-Paul II observe que c’est par le péché originel que la concupiscence est entrée dans le coeur humain. La concupiscence est un désordre de nos désirs qui nous incite au péché, infectant  notre sexualité. Au lieu de voir dans le corps une expression transparente de la vie intérieure et la vraie profondeur de la personne, nous sommes tentés de voir en elle un objet de plaisir, d’auto satisfaction.

Le “coeur” est devenu le lieu d’un combat entre amour et concupiscence. Plus la concupiscence domine le coeur, moins celui-ci peut reconnaitre la signification sponsale du corps, moins il devient sensible au don de la personne qui exprime précisément cette signification dans les rapports réciproques de l’homme et de la femme. (TDC 32-3) ; nous sommes alors tentés de confondre don et proie. La concupiscence obscurcit la réponse sponsale du corps.

La honte qu'ont éprouvé Adam et Eve était le résultat de la rupture de l’unité esprit-corps. C’était la

source de la manifestation dans l’être humain – dans les deux, l’homme et la femme – de ce qui “ne vient pas du Père mais du monde”.(TDC 26.5) . “Leurs yeux à tous deux s’ouvrirent alors et ils surent qu’ils étaient nus. Ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des pagnes.” Gn 3,7

A cause de leur honte l’homme et la femme  éprouvent la nécessité de se cacher de Dieu. " Leur besoin de se cacher indique qu’au fond de la honte qu’ils éprouvent réciproquement, comme fruit immédiat de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, a mûri un sentiment de peur en présence de Dieu: une peur ignorée auparavant " (TDC 27.1) .... (l’homme) souffrit de la dégradation de tout ce qui appartient à sa nature même, à son humanité dans la plénitude originelle « de l’image de Dieu ».

 

La honte atteste d’un changement radical de l’état de l’homme. La nudité ne constituait pas une carence dans l’état d’innocence originelle mais représentait la pleine acceptation du corps dans toute sa vérité humaine et donc personnelle. En ce sens, le corps humain a été, dès le début, un témoin fidèle et une “vérification” sensible de l’originelle “solitude” de l’homme dans le monde, devenant en même temps, par sa masculinité et sa féminité, un élément limpide du don réciproque dans la communion des personnes (TDC 27.3).  Mais maintenant comme résultat du péché originel et de la concupiscence entrée en son "coeur", l’homme a perdu en quelque sorte, la certitude originelle de « l’image de Dieu » exprimée dans son corps.(TDC 27.4)

 

  • La convoitise exprime un désir sexuel dépourvu de l'amour de Dieu. Elle consiste à rechercher la satisfaction personnelle aux  dépens de l'autre, tandis que l’Amour veille  avant tout au  bien de l’autre.  La convoitise occasionne  donc une réduction de la plénitude originale prévue par Dieu pour le rapport sexuel..

 

  • La honte a aussi une fonction possible de  « forme naturelle d'autodéfense »  contre  le danger d’être contraint  à la fonction d’objet à usage sexuel" (LR p 182)

 

  • La honte, dans son sens négatif, indique la perte de vue de la dignité du corps en tant que"théologie", révélation du mystère de Dieu. Dans son sens positif, la honte indique le désir de protéger de déchéance. par convoitise la dignité de la personne et la valeur du corps .

 

La tension / Conflit –Rapports humains et Univers créé - (Gen 3: 12-13, 16-19, Rom 8:20-21)

Après leur péché l’Homme et la Femme  n’ont plus joui de la liberté ni de la communion avec Dieu qu’ils avaient connues auparavant. Tourmentés par leur culpabilité, ils craignent Dieu comme un législateur distant, un juge sévère. Les relations dans le premier couple sont aussi abimées. Ils ont maintenant des difficultés à se faire confiance et à se comprendre. Il y maintenant des  tension et des conflits. Une conséquence intrinsèque de leur péché est une désharmonie dans la totalité de l'univers créé. (Rom 8:20-21)

Il y a maintenant. discorde entre l’ humanité et la nature dont  l'humanité était censée se  soucier.

La concience est maintenant obscurcie par le péché, mais les êtres  humains retiennent leur capacité naturelle à connaître Dieu à travers sa création et à vivre selon leurs consciences.

 

L'homme répondit  « La femme que tu as mise auprès de moi, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé »  Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’a tu fait  là ! » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée et j’ai mangé ». (Gen 3: 12-13)

Il dit à la femme :

« Je ferai qu’enceinte tu sois dans de grandes souffrances ; c’est péniblement que tu enfanteras des fils. Tu seras avide de ton homme et il te dominera ; ».

Il dit à Adam :

A  la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes  au sol car c’est de lui que tu as été pris » (Gen 3:16, 19)

Livrée au pouvoir du néant (la Création),– non de son propre gré mais par l’autorité de celui qui l’y a livrée, garde l’espérance car elle aussi sera libérée de l’esclavage de la corruption pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu. (Rom 8:20-21)

 

Dans le mystère de la création, le corps humain portait  en lui un signe incontestable de l’ "image de Dieu" et constituait la source spécifique de sa certitude au sujet de cette image, présente dans l'être  humain tout  entier. L'acceptation originelle du corps fut en quelque sens la base de l'acceptation du monde visible en totalité.  Et à son tour, cette acceptation était pour l’homme la garantie de son autorité sur le monde, sur la Terre qu'il devait soumettre.

Les mots, "j'avais peur, car j’étais nu, et je me suis caché" indiquent un changement radical dans ce rapport. L’homme, d’une certaine façon , perd la certitude originelle d’ être "image de Dieu" telle qu’ exprimée dans son corps, et perd aussi le sens de son droit de participer à cette visibilité du monde dont il avait joui dans le mystère de la création. Ce droit avait sa fondation dans la pensée la plus intime de l’homme car ayant participé à la vision divine du monde et de sa propre humanité, il en avait retiré une profonde paix et joie dans la vérité et dans la valeur du corps que lui avait donné le Créateur. Les paroles de Dieu-Yahweh annonçaient  l'hostilité  du monde, la résistance de la nature contre l’homme et ses travaux,  elles  prédisaient que le corps humain aurait à souffrir dans ses contact avec le monde jusqu’alors subjugué par lui. : « Le sol sera maudit... »

Le corps n'est plus soumis à l'esprit comme dans l'état d'innocence originelle, mais porte en lui-même une source constante de résistance contre l'esprit qui menace de diverses façons l'unité de l'homme en tant que personne, cette unité de nature morale qui plonge ses racines dans la constitution même de la personne.

« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère .Et moi, je vous dit : Quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà, dans son cœur, commis l’adultère avec elle. » (Mt 5:27-28)

Ce passage est significatif dans la théologie du corps. Il demande une révision fondamentale de la compréhension et donc de l’application de la loi morale fixée par « l’Ancien » Testament . Nous nous trouvons  au coeur de l'ethos, forme intérieure ou  âme de la moralité humaine. Le Christ, lui, en appelle  à l'homme intérieur.

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

Le Sermon sur la Montagne (Mt 5 :27-28)

Le regard exprime ce qui est dans le cœur. “Un regard de convoitise  est un adultère  dans le cœur ».  Désirer”, “regarder avec désir” indique une évaluation de la valeur du corps dont la signification sponsale cesse d’exister en raison même de la concupiscence. Sa signification procréatrice cesse également.

Or, l’homme, “en désirant”, “en regardant pour désirer” (comme nous le lisons dans Mt 5,27-28), expérimente de façon plus ou moins explicite l’éloignement de cette signification du corps qui est à la base de la communion des personnes: aussi bien en dehors du mariage que – de manière particulière – lorsque l’homme et la femme sont appelés à construire l’union “dans le corps”,. (TDC 39.5)

Cet adultère “dans le coeur”, l’homme peut aussi le commettre avec sa propre épouse s’il la traite seulement comme un objet de satisfaction de son instinct " (TDC 43.4)

 

Nous sommes purs de coeur quand nous comprenons et usons de notre corps comme Dieu a voulu qu’il en soit : une révélation de son propre mystère divin. " Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu" (Mt 5:8) .. Seul atteint “la pureté du coeur” celui qui sait obtenir la cohérence de son “coeur”: de son “coeur” et de son “corps”.

Le regard intérieur, « le pur regard » qu’échangèrent  Adam et Eve dans l'état d'innocence  leur permettait non seulement la vue avec les yeux du corps, mais par cette vision physique : la contemplation de la vérité intérieure de la personne.

 

L’exigence que le Christ  demande à tous ses auditeurs actuels et potentiels dans le Discours sur la Montagne, appartient à l’espace intérieur où l’homme – précisément celui qui l’écoute – doit voir de nouveau la plénitude perdue de son humanité et vouloir l’acquérir de nouveau .... Devons-nous craindre la sévérité de ces paroles ou, plutôt, avoir confiance dans leur contenu salvifique, dans leur puissance? (TDC 43.7)

 

Par une conversion progressive, les désirs de notre coeur se conforment graduellement à la loi de Dieu, au point que nous éprouvons la liberté de la loi qui nous permet de réaliser plus profondément sa signification. "La loi de l’ Évangile... n'ajoute pas de préceptes extérieurs nouveaux, mais continue à réformer le cœur là ou l’homme choisit entre le pur et l’impur" (CEC. 1968).[2] Dans "le sermon sur la montagne... l'Esprit du Seigneur donne la nouvelle forme à nos désirs" (CEC. 2764)

 

"L'ethos chrétien est caractérisé par une "transformation de la conscience et des attitudes de la personne humaine... tels que exprimer et réaliser la valeur du corps et du sexe d'après le plan originel du Créateur" (TDC 45.3 ?)

 

Questions pour réflexion:

1. Pourquoi pensez-vous que le péché originel ait pu avoir un tel effet majeur sur la sexualité humaine?

2. Comparez et contrastez le mode originel de vie et la vie du monde après la chute?

3. Identifiez la différence entre moi qui donne l'amour comme "donner" et moi "amour" indulgent comme "utiliser."

 

 

 

 

 

 



[1] Le TDC est l’ensemble des cathéchèses de Jeab-Paul II,  consultable  sur http:// theologieducorps.com/les-cathecheses/

[2] Cathéchisme de l’Eglise Catholique.  Texte typique latin, Libreria Editrice Vaticana, Citta del Vaticano, 1992

ogieducorps.com/les-cathecheses/

[2] Cathéchisme de l’Eglise Catholique. Texte typique latin, Libreria Editrice Vaticana, Citta del Vaticano, 1992

PRESIDENCE DU CONSEIL INTERNATIONAL DE L'OFS

PROGRAMME DE FORMATION CONTINUE

DOSSIER MENSUEL

MARS 2013 – 5ème ANNÉE – N° 38

 

LA THÉOLOGIE DU CORPS

Sur base des écrits du

bienheureux PapeJean-Paul II1

 

Dossier préparé par l’équipe de formation continue du  CIOFS

Ewald Kreuzer, OFS, Coordinateur,

Lucy Almiranez, OFS,

Mike et Jenny Harrington, OFS.

 

RETOUR A « L’ORIGINE»
Notre Création (Gn 1 ; 1-23)

 

LE CHRIST NOUS RAPPELE  « L’ORIGINE »

En nous rappelant l’état des choses « à l’origine » le Christ non seulement rétablit en norme le plan original de Dieu pour l’homme et la femme mais donne aussi la force pour le vivre. La « Bonne Nouvelle » de l’Evangile est : « Jésus est venu restaurer la Création dans la pureté de ses origines. »2

Jean- Paul II nous reporte à la situation avant le péché originel comme Jésus nous a reportés « a l’origine » ; nous voyons ainsi la vraie signification de la vie et de la sexualité humaine, le programme originel de Dieu pour l'humanité.

Tout en nous remémorant  la Genèse (le plan initial de Dieu) Jésus nous donne un complément : il déclare solennellement l’indissolubilité du mariage. Il définit le mariage comme l’union indissoluble, à vie, inscrite dans notre nature profonde telle que Dieu l'a créée.

«  Des Pharisiens s’avancèrent vers lui et lui dirent pour lui tendre un piège : « Est-il permis de répudier sa femme pour n’importe quel motif ? » Il répondit : « N’avez-vous pas lu que le Créateur, dès l’origine, les fit mâle et femelle et qu’il a dit : c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme et les deux ne feront qu’une seule chair." Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a unis !  Ils lui disent : « Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit de donner un acte de divorce quand on répudie ? » Il leur dit : « C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes mais a l’origine il n’en était pas ainsi ». (Mt 19:3-8)

PRÉSIDENCE DU CONSEIL INTERNATIONAL DE L’OFS

PROGRAMME DE FORMATION CONTINUE

DOSSIER MENSUEL

DÉCEMBRE 2012 – 3ème ANNÉE – No.36

(DOC)

UNE VOCATION SPÉCIFIQUE POUR UNE MISSION PARTICULIERE

Benedetto Lino, OFS

Dossier préparé par l’équipe de formation continue du CIOFS

Ewald Kreuzer, OFS, Coordinateur

Fr. Amando Trujillo Cano, TOR

Doug Clorey, OFS

 

Nous conclurons par ce résumé l’exposé de Benedetto Lino au Chapitre Général de Sao Polo en octobre 2011, Chapitre dont le thème était « Une vocation spécifique pour une mission particulière ». Nous vous invitons à reprendre dans vos fraternités les divers points de ce résumé et à partager vos réflexions et expériences avec vos Frères et Sœurs.

L'an prochain nous présenterons un nouveau thème : «La théologie du corps», sujet abordé par Jean-Paul II notamment aux audiences du 22 avril 1980 et du  28 nov. 1984. Nous souhaitons ainsi aider à la mise en œuvre de l'une des Conclusions du Chapitre général qui disait : « Les écrits du Bienheureux Jean Paul II sur la théologie du corps devraient figurer dans les programmes de formation de l'OFS et de la JeFra afin d’aider les membres à redécouvrir la beauté de la sexualité, du mariage et de la famille et à vivre ces dons selon le dessein de Dieu »

 

RÉSUMÉ DE LA SESSION 3ème ANNÉE

► 1. "Évangélisés pour évangéliser", "Vocation et mission" : deux thèmes qui expriment la même réalité fondamentale de notre christianité.

► 2. La vocation fondamentale, identique pour tous, précède et fonde toute vocation spécifique. Sa réalisation est la prémisse indispensable pour accéder à n'importe quelle vocation "spécifique".

►3. La spécificité de notre vocation en tant que franciscaines et franciscains séculiers est: être comme François. François est notre spécificité. La vocation de François et sa réalisation sont le modèle de la nôtre.

►4. François est "seulement" chrétien: il se conforme au Christ pour atteindre le Père, docile à l'action de l'Esprit. On est" franciscain" seulement dans la mesure où on devient chrétien total, comme François.

►5. Etre chrétien à la manière de François se caractérise uniquement par l'intensité de sa sequela: radicalité, totalité, permanence. Nous devons reproduire complètement cette manière de suivre le Christ: radicalement, totalement et à chaque instant de notre vie.

►6. François "totus catholicus et totus apostolicus". Notre vocation est d'être chrétien en totalité, sans créer de barrières, sans se vanter des supériorités infondées, en étant profondément apostoliques, toujours prêts à "aller de l'avant", à sortir des réalités routinières de nos Fraternités, de l'Ordre, de la Famille, dociles à la volonté du Seigneur. Notre vocation est apostolique. Nous sommes l'expression séculière de la vocation religieuse apostolique de Saint François.

► 7. François n'est pas "Franciscain"; il ne voulait pas fonder un Ordre de « franciscains ». Son désir était d'être «seulement» et totalement chrétien, catholique, apostolique. Il voulait des frères et des disciples totalement amoureux du Christ pour vivre en communion avec le Père, dans l'Esprit, au sein de la Très Sainte Trinité.

► 8. La Mission n'est pas particulière: elle est totale. Sa particularité consiste en cette totalité. Comme pour la vocation, la mission est identique à la mission générale de chaque chrétien, mais elle doit être vécue et réalisée de façon radicale, totale et permanente, avec toute l'intensité dont nous sommes capables. Notre mission est de porter et d'offrir le Christ total.

► 9. La mission révélée par le Crucifié de Saint-Damien est paradigmatique pour tous les franciscains et donc pour nous franciscains séculiers. La mission doit être en faveur de l'Église tout entière, de tout le Corps du Christ, dans tous ses aspects, et partout.

► 10. La mission de l'Église est notre mission et cette mission est d'annoncer la Bonne Nouvelle de l'Amour de Dieu et la rédemption de l'homme, afin de permettre à tous d'arriver à partager la Vie et la Sainteté de Dieu: "...incarner aujourd'hui le charisme propre de notre commun père séraphique saint François dans la vie et dans la mission de L'Église".

► 11. La mission, tout en restant la responsabilité de chacun de nous de l'accomplir, exige une unité absolue et la collaboration et complémentarité de nous tous dans l'OFS, de nous tous Franciscains de toute la Famille. Le temps est arrivé de prendre conscience du fait que nous ne pouvons pas vivre détachés les uns des autres avec un faux sens d'autosuffisance. Le projet de Dieu pour François et sa Famille est globalisant et nous sommes tous, les uns pour les autres, dans une seule mission pour l'Église.

► 12. Mission au service de l'Église universelle et de l'Église locale, selon les nécessités contingentes indiquées par le Pape, les Évêques, les Pasteurs.

► 13. Nous ne sommes pas appelés à être des Chrétiens médiocres, caractérisés par des dévotions et des fréquentations franciscaines. Nous sommes appelés à nous engager avec passion et avec chaque fibre de notre être, partout et toujours, à être saints comme le Père qui est aux cieux, comme François.

POUR RÉFLEXION ET DISCUSSION EN FRATERNITÉ:

  1. Que signifient "Évangélisation", "Vocation" et "Mission" pour vous personnellement et pour votre Fraternité OFS?
  2. Comment François d’Assise continue-t-il à nous inspirer actuellement en tant que Franciscains Séculiers ?  De quelle manière spécifique?
  3. Quelle est notre missioon spécifique en tant qu’Ordre Franciscain Séculier dans la mission globale de l’Église?

 

PRÉSIDENCE DU CONSEIL INTERNATIONAL DE L’OFS

PROGRAMME  DE FORMATION CONTINUE

DOSSIER MENSUEL

Fevrier 2013 - 4ème ANNÉE -  N°37

(DOC)

LA THÉOLOGIE DU CORPS

par le bienheureux pape Jean-Paul II

Dossier préparé par l’équipe de formation progressive du CIOFS

Ewald Kreuzer, OFS, Coordinateur

Lucy Almiranez, OFS

Mike and Jenny Harrington, OFS

 

INTRODUCTION

Une des Conclusions du Chapitre Général denovembre 2011 à Sao Paulo, fut :

« Les jeunespréoccupés, à juste titre, par le grand thème de la sexualité, ont besoin de l’aide des Franciscains séculiers, à commencer par le témoignage de leur vie.

C’est pourquoi ce Chapitre suggère que soit inclus dans les programmes de formation de l’OFS et de la JeFra l’enseignement relatif à la Théologie du corps du bienheureux Jean-Paul II, pour que les membres puissent redécouvrir la beauté de la sexualité, du mariage et de la famille et vivre ces dons selon le dessein de Dieu. »

QU’EST-CE QUE LA THEOLOGIE DU CORPS ?

La « théologie du corps » est la vision de l'être humain du pape Jean Paul II - corps, âme et espritintégrés. Comme il l'explique, le corps humain physique  a une signification particulière qui le rend  capable de révéler les réponses aux questions fondamentales qui nous concernent, nous et notre  vie :

  • ·La vie a-t-elle un but réel et, si oui, quel est ce but ?
  • ·Pourquoi avons-nous  été créés mâle et femelle ? Est-il vraiment important que nous soyons de l’un ou de l’autre sexe ?
  • ·Pourquoi l'homme et la femme furent-ils appelésdès le début à la communion? Que nous dit l'union conjugale d'un homme et d’une femme au sujet de Dieu et de son plan pour notre vie ?
  • ·Quel est le sens des vocations aumariage et aucélibat ?
  • ·Que signifie exactement le terme « amour » ?
  • ·Est-il vraiment possible d'être pur de cœur ?

Toutes ces questions et bien d'autres reçurent les réponses de Jean-Paul II au cours de 129 Audiences du Mercredi, de 1979 à 1984. Ces réponses sont basées sur l'Ecriture (en particulier les Évangiles, les lettres de Saint Paul et la Genèse) et contiennent une vision de la personne humaine vraiment digne de l'homme. Jean Paul II y parlede l’homme tel qu’il fut àl'origine, de son état actuel (après le péché originel) et de ce qu’il doit être dans les temps à venir. Le Pape appliqua ensuite ce message à la vocation au  mariage ouau célibat, en préparation pour le Royaume des cieux.

Le message d’espoir émouvant et novateur  du Pape veut contrebalancer les tendances sociétales qui invitent à voir dans le corps un objet de plaisir ou de manipulation. Jean Paul II, en une belle vision,montre la sexualité comme amour et responsabilitédans sa théologie du corps et autres travaux. Il encourage une vénération véritable pour le don de notre sexualité et nous incite à vivre d'une manière digne de notre état d’êtres humains. Sa théologie est non seulement destinée aux jeunes adultes et aux couples mariés, mais aux personnes de tous âges et de toutes vocations car il résume le sens véritable de la personne humaine.«Tiens ferme! Si l'on tient ferme aux paroles de Benoît XVI dans sa théologie du corps, nous ne nous verrons jamais plus de la même façon ni nous-mêmes, ni les autres, ni l’Eglise, ni les sacrements, ni la grâce, Dieu, ni le ciel, ni le mariage, ni la vocation au célibat... nous ne verrons plus jamais le monde de la même manière. "(cfr.Christopher West).

Voici dans quel ordre nous présenterons les thèmes de nos dossiers de formation de cette 4ème année(préparés avec l'aimable collaboration de Jenny et Mike Harrington, OFS d’Afrique du Sud). Nous vous suggérons de les utiliser dans votre travail de formation dans vos Fraternités à tous les niveaux.

Nous serions très heureux de recevoir vos commentaires sur votre travail avec ces  dossiers.

 

L’AMOUR HUMAIN DANS LE PLAN DIVIN

1. Introduction(du Pape Jean Paul 11 : la dignité de la personnehumaine, sarelationavec le Christ - dans et par soncorpssur la terre–l‘Incarnation)

2. Retour auxorigines – notrecréation(La Solitudeoriginelle, l‘Unité originelle, la Nuditéoriginelle, le Don désintéressé/ de soi / sens conjugal du corps, la Connaissance)

3. Le coeurhumain(Péchéoriginel, concupiscence / convoitise/ honte, tension / conflit – les relationshumaines et l'universcréé, le Sermon sur la montagne)

4. La rédemption du corps(Vérité et liberté, Libremaîtrise / Pureté)

5. La résurrection du corps(notredestinée, la Vision béatifique, la Communion des saints)

6. Le célibat et la viereligieuse(Vocations)

7. Le sacrement de mariage

8. Signe sacramentel(Langage du corps, Cantique des cantiques, Libre, Total, Fidèle, Fécond)

9. Éthique(Humanae Vitae et NFP)

10. Conclusions(Culture de la Vie, Evangelium Vitae)

 

QUE DIT JEAN-PAUL II ?

Bien avant d’être Pape, Karol Wojtylafut ami et conseiller de centaines de personnes tant dansla vie qu’ auconfessionnal. Son expérience personnelle de la deuxième guerre mondiale et du nazisme dans sa jeunesse puis au début de sa prêtrise ont eu une influence profonde sur sa vie. Il a consacré une grande partie de son temps à l’étude, l’écriture et la réflexion philosophique sur le sens de l'être humain,  corps, amour et sexualité. Dans son livre « Amour et responsabilité », il dit « l'homme doit se réconcilier lui-même à sa grandeur naturelle, il ne peut pas oublier qu'il est une personne". Il ajoute que si l'amour veut être beau, s’il veut être entier et complet, il doit être "pleinement intégré," ce qui signifie qu'il doit intégrer dans un ordre correct de priorité tous les éléments d'un amour vrai". ... "l'amourau sens plein du mot est unevertu, non seulement une émotion et moins encore une simple excitation des sens".

Les écrits de la Théologie du corpssont une approche fraîche et profondément originale de la doctrine de l'Eglise sur l'amour, le sexe et le mariage. Ce message est contre-culturel. Si nous regardons le monde qui nous entoure : la philosophie du « Je peux faire ce que je veux avec mon corps », a conduit à la désintégration des familles, la perte de la dignité humaine, les individus solitaires et la confusion morale profonde. Nous vivons dans un monde saturé d'informations au sujet du sexe et il est difficile de ne pas être affecté par le barrage d'insinuations à caractère sexuel, de messages et d’images qui sont communiqués par le biais de films, de magazines,de la  télévision, des panneaux d'affichage et d’Internet.

De septembre 1979 à novembre 1984 le pape Jean- Paul II a donné une série remarquable de 129« Audiences duMercredi »  consacrées à la "la théologie du corps »,au mariage et à la sexualité humaine. C’est une étude de la façon dont Dieu révèle son mystère à travers le corps humain, une réflexion biblique sur le sens de l'incarnation humaine comme mâles et femelles, particulièrement en ce qui concerne l'appel aux deux pour devenir « une seule chair ».

Les premières cibles de la culture de mort sont la personne humaine,le mariage et la famille. Les enseignements de Jean Paul II sont une réponse qui affirme notre dignité d'être humain et la splendeur dumariage et de la famille. Dans EVANGELIUM VITAE, il détaille letravail d'éducation et de formation de la conscience qui aide lesindividus à être plus humains, les amenant toujours plus pleinement à lavérité, avec le respect de la vie et des relations humaines correctes.

Il dit qu’Il serait illusoire de penser que l'on puisse construire une vraie culture de la vie humaine sans aider les jeunes à comprendre et à vivre la sexualité, l'amour et toute l'existence, en en reconnaissant le sens réel et l'étroite interdépendance..(Evangelium Vitae 97)

Si nous voulons découvrir le vrai sens de l'homme et la femme et les raisons qui régissent leurs rapports les uns aux autres comme nous le faisons, nous devons examiner non seulement notre maquillage psychologique ou un comportement typique, mais ce que Dieu a révélé au sujet de notre destinée ultime.

Le bienheureux Jean-Paul  a répondu à la confusion chronique de la société sur l'identité et la signification de la personne humaine, il a souligné que l'identité et la vocation de l'être humain sont réunies dans et par le don total de soi dans l'amour. Le plan de Dieu pour la vie et l'amour est tellement profond et beau qu'une fois qu'il se révèle à nous, nous n’aurons plus jamais la même façon de voir la une relation entre un homme et une femme.

Questions pour la réflexion en Fraternité:

1. Pourquoi pensez-vous le que pape Jean Paul II a consacré une grande partie de son énergie dans les écrits et enseignements sur la personne, la sexualité, mariage et la famille ?

2. Comment pourriez-vous décrire la vision de notre monde d’aujourd'hui sur la sexualité et le mariage?

3. Pourquoi pensez-vous que la personne humaine, le mariage et la famille sont les premières cibles de la «  culture de mort » ?

4. Les discussions sur la sexualité et les relations conjugales sont- elles possibles au sein de nos familles ?

5. Réfléchissons à notre  relation avec Jésus Christ dans notre vie et avec les autres.

Références:

« Humanae Vitae » - Pape Paul VI, « Amour et responsabilité » - Fr Karol Wojtyla :« Homme et femme il les créa » - Jean Paul II : "lettre à la famille - Jean Paul II, « Evangelium Vitae » - Jean Paul II," Ubicumque et semper "- Benoît XVI," Pape Paul VI comme prophète :son audacieuse prédiction se réalise-t-elle? "- Janet Smith - www.theologyofthebody.net

PRÉSIDENCE DU CONSEIL INTERNATIONAL DE L’OFS

PROGRAMME DE  FORMATION CONTINUE

DOSSIER MENSUEL

NOVEMBRE 2012 -  3ème ANNÉE -  N° 35

(DOC)

 

UNE VOCATION SPÉCIFIQUE POUR UNE MISSION PARTICULIÈRE

par Benedetto Lino, OFS

Dossier préparé par l’équipe du CIOFS pour la formation continue

Ewald Kreuzer, OFS, coordinateur - Fr. Amando Trujillo Cano, TOR - Doug Clorey, OFS

 

L'ORDRE FRANCISCAIN SÉCULIER - UN VRAI ORDRE

Qu'est-ce que nous sommes en tant que Franciscains Séculiers? Un mouvement spirituel? Un groupe religieux? Une organisation laïque? Nous ne devrions jamais oublier comment l'Église nous voit: "Vous êtes un Ordre... vraiment un Ordre", comme tous les Papes dans le passé l’ont confirmé très clairement. Mais que signifie être un "Ordre?" Et pourquoi nos Constitutions générales définissent-elles l'Ordo Franciscanus Saecularis (OFS) comme une "Association publique de fidèles?" Dans ce dossier, Benedetto Lino fournit des réponses claires à ces questions et nous rappelle notre histoire, notre nature et notre identité.

Les papes, pendant tout le siècle dernier, se sont exprimés de façon claire sur l’engagement absolu et exigeant de sainteté des Franciscains séculiers:

Ste. Anna Schäffer, OFS« … Il (François d’Assise) institua un véritable Ordre, celui des Tertiaires, qui n’est pas astreint par des vœux religieux comme les deux précédents, mais est de la même façon conformé à la simplicité de mœurs et à l’esprit de pénitence. Ainsi, conçut-t-il en premier et réalisa-t-il avec succès, avec l’aide de Dieu, ce qu’aucun fondateur de réguliers n’avait jamais imaginé auparavant, rendre commune à tous la teneur de la vie religieuse ». (Benoît XV, Encyclique « Sacra Propediem », 6 janvier 1921)

« La profession de vie d’un bon Tertiaire franciscain... n’est pas la rigueur des vœux, n’est pas la vie en commun, n’est pas la vie religieuse selon la lettre. Mais l’est selon l'esprit. » C’est l’esprit de cette vie et de cette perfection porté dans la famille, dans la vie quotidienne, dans la vie ordinaire du siècle.

“S’ils ont à être des chrétiens fidèles comme tous les autres, il n’y a pas de raison pour qu’ils soient Tertiaires... cette dénomination de Tertiaires franciscains est spéciale: … on ne peut pas l’usurper – et ce serait l’usurper – une telle dénomination sans qu’il y corresponde quelque chose de spécial. » (Pie XI, aux Tertiaires Franciscains d’Italie, 5 septembre 1936).

“Vous êtes un Ordre: Ordre laïc mais véritable Ordre, Ordo veri nominis, comme l’appela notre prédécesseur Benoît XV. Vous ne serez pas, évidemment, une assemblée de parfaits; mais vous devez être une école de perfection chrétienne. Sans cette volonté résolue on ne peut pas faire partie convenablement d’une milice aussi choisie et glorieuse. » (Pie XII, 1° juillet 1956, Discours aux Tertiaires à Rome)

“…vous êtes aussi un “Ordre”, comme l’affirma le Pape (Pie XII) : “Ordre laïc, mais vrai Ordre”; et du reste, Benoît XV avait déjà parlé d’«Ordo veri nominis». Ce terme antique – nous pouvons dire médiéval – d’«Ordre» n’a d’autre signification que votre étroite appartenance à la grande famille franciscaine. Le mot “Ordre” signifie la participation à la discipline et à l’austérité propre à cette spiritualité, bien que dans l’autonomie propre à votre condition laïque et séculière, laquelle comporte entre autres souvent des sacrifices non inférieurs à ceux qui se vérifient dans la vie religieuse et sacerdotale.” (Jean Paul II, 14 juin 1988, au Chapitre général OFS)

Un Magistère constant et cohérent : 1921, 1936, 1956, 1988 !

Tout ça me donne l’occasion de souligner un aspect essentiel de la nature de l’OFS.

Nos Constitutions définissent l’OFS comme une: « Association Publique de Fidèles ». Or, quelques-uns protestent : Nous ne sommes plus un Tiers Ordre ! Nous ne sommes plus un Ordre ! Nous avons été déclassés !

Ces affirmations sont mal placées, erronées et fourvoyantes. Mais, même si c’était le cas, alors, nous, nous serions en très bonne compagnie ! L’Ordre des Frères Mineurs n’est plus un Ordre ! Il n’est qu’un Institut de Vie Consacré, comme il y en a beaucoup !

Voyez-vous? La déception ou, pire encore, la peur de compter moins et la tendance à vouloir vanter des supériorités sont toujours latentes, parfois même manifestes !

En tout cas, ne vous inquiétez pas ! Ces nouvelles dénominations dérivent de la phraséologie du Code de Droit Canon de 1983. Elles ne modifient pas d’un iota notre nature, nature qui est gravée dans la genèse de notre fondation, et est définie par l’inspiration reçue de Dieu par notre Fondateur, par l’évolution de l’Ordre et par les documents fondamentaux qui nous a donnés l’Eglise.

Aux lecteurs plus avisés et moins superficiels1 il ne peut échapper qu’être considéré aujourd’hui comme Association publique de fidèles, avec les spécifications que l’Eglise y rattache, a donné à l’Ordre Franciscain Séculier une épaisseur et une densité de contenus et perspectives qui dépassent largement l’indétermination et fragilité qui nous a caractérisés  en tant que tiers ordre comme on l’entendait jadis. Il faut ajouter, aussi, que l’OFS ne correspond pas du tout à la définition de tiers ordre du nouveau Droit Canon et à la doctrine s’y rapportant.

Indépendamment du nom, l’OFS est, et reste toujours, l’Ordre original des Frères et des Sœurs Pénitents de Saint François, dans une continuité ininterrompue avec celui qui a été fondé par Saint François.

Le nom ne nous a pas changés. Seulement nous pouvons, en tant que personnes, changer avec nos infidélités à la vocation reçue !

En tout cas, chers frères et sœurs, ce n’est pas la peine de s’arrêter sur ces aspects tout à fait secondaires. Attachons- nous à devenir saints et à réaliser notre vocation, humblement, avec simplicité et radicalité. Et si quelqu’un nous considère mineurs ou inférieurs, remercions le Seigneur : ceci veut dire qu’on est sur le bon chemin pour réaliser en joie parfaite notre vocation !

La tâche séculière qui nous incombe

Nous devons apprendre à dé-ritualiser notre « être franciscain », simplement parce qu’il y a l’adjectif « séculier » derrière « franciscain ». Cet adjectif veut dire que nous sommes immergés dans le monde, dans les conditions ordinaires de la vie de tous les jours.

Le bon Dieu n’a pas besoin d’un peu plus d’encens, de psalmodies interminables, de célébrations liturgiques complexes, de rosaires récités distraitement, de longues permanences dans l’église-édifice.

Dieu a besoin, et je veux vraiment dire « besoin » aussi pour Dieu, de rejoindre au travers de nous chaque homme et chaque femme de la terre, chaque réalité existante.

Dieu nous a touchés dans le Baptême, il nous touche dans chaque Eucharistie, il nous touche par son Esprit et il veut toucher à travers nous toute l'humanité.

Dieu veut que la fraternité, que François reçu en premier don, et qui doit aussi nous caractériser, rejoigne chaque homme. C’est un devoir qui nous revient à nous: « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mt 14, 16) et encore « … il prononça la bénédiction, il rompit les pains et les donna à ses disciples, et  les disciples les donnèrent à la foule» (Mt 14, 19).

Le lieu théologique de notre être et de notre faire

Si « nous étudions, nous aimons et nous vivons » notre Règle et nos Constitutions Générales ( Jean-Paul II, 1982 et 2002), nous devrions bien savoir que la famille, le travail et l’engagement social, politique et environnemental constituent le lieu « théologique » premier de notre être et de notre faire. Ce sont-là les aires où nous devons plus spécifiquement « servir ».

Si la famille, le travail et les contextes sociaux étaient imprégnés de notre présence active, par notre exemple et notre engagement, ces réalités seraient animées par l’esprit d'amour et de présence de Dieu; indubitablement notre société serait une société meilleure, le monde serait un monde meilleur.

L’engagement a devenir saints pour changer le monde par l’Evangile, comme François.

Où en sommes-nous dans la réalisation intégrale de notre vocation?

Où en sommes-nous sur la voie de perfection de la charité exigée par la Règle? Sommes-nous sur le bon chemin pour devenir nous aussi des alter Christus?

Parce que, vous voyez, c’est justement de cela qu’il s’agit. Il ne suffit pas de se contenter de vivoter, avec quelques pieuses dévotions, avec une présence, souvent distraite, dans l'église paroissiale, toujours à condition que cela ne dérange pas trop notre routine de vie quotidienne.

Pour accomplir notre fonction de signal, nous devons devenir saints.2

C’est une urgence impérieuse qui n’admet pas de retards.

PENSEZ, CHERS FRERES ET SŒURS, A L’INFLUENCE DETERMINANTE QUE NOUS POURRIONS AVOIR POUR CHANGER LE MONDE, SI TOUS LES 500.000 FRANCISCAINS SECULIERS, REPARTIS DANS LE MONDE EN QUELQUES 111 PAYS VIVAIENT INTEGRALEMENT LEUR PROPRE VOCATION!

POUR RÉFLEXION ET DISCUSSION EN FRATERNITÉ:

  1. Quelles sont les différences entre un ordre religieux appelé "Troisième Ordre" et notre Ordre franciscain Séculier?
  2. Pourquoi la nouvelle dénomination « Association Publique de Fidèles » ne modifie pas (d'après le droit canon) la nature de notre Ordre franciscain Séculier?
  3. Que signifie et qu’implique l'adjectif "séculier" dans le nom de notre Ordre?

 

 


1 Car c’est bien de ceci qu’il s’agit: superficialité et ignorance de ceux qui font des pareilles affirmations.

2 Voir article 17.4 des Constitutions Générales sur la tâche des franciscains séculiers à participer au service de sanctification de l’Eglise !