Ordre Franciscain Séculier

Ordo Franciscanus Sæcularis

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OFS_logoPRÉSIDENCE DU C0NSEIL INTERNATIONAL DE L'OFS
PROGRAMME DE FORMATION PROGRESSIVE
DOSSIER MENSUEL
MAI  2012 -  3ème Année - N° 29

 

 

(DOC)

 

ÉVANGÉLISÉ POUR ÉVANGÉLISER
par Fr. Fernando Ventura, OFMCap


Dossier préparé par l'équipe de  formation du CIOFS
Ewald Kreuzer, OFS, coordinateur
Fr. Amando Trujillo Cano, TOR
Doug Clorey, OFS

 

LES BÉATITUDES,
LE TEXTE LE PLUS DANGEREUX, LE PLUS  RÉVOLUTIONNAIRE
DE L'HISTOIRE HUMAINE (1ère partie)

 

Rappelons que, dans son exposé global, Fr. Fernando nous présente la Bible, "Charte Constitutionnelle" du Christianisme, texte qui, nous expliquant pourquoi nous sommes sur terre, nous permet de découvrir notre mission, de trouver la signification de nos vies.

Examinons maintenant le texte le plus dangereux et le plus révolutionnaire de l'histoire de l'humanité. Il est malheureusement possible de ne voir dans  le texte des béatitudes qu'une exhortation pieuse à la démission... une forme d'anesthésie qui  enlève à l'individu toute tentation à réagir. Il est alors dépersonnalisé puisque tout manquement dans sa vie résulte de la volonté divine, qu'il s'agisse de besoins réels, affectifs ou matériels, et même de sa dignité personnelle.  L'individu est laissé dans une sorte de "limbes", attendant une libération qui, au mieux, ne viendra que plus tard, et le menant à une sorte de péché "d'espérance ajournée".

Danger de résignation

Souffrez-vous? Vos droits sont ils violés? Avez-vous faim? Ne disposez-vous pas du minimum nécessaire pour vivre avec dignité?  Vous sentez-vous seul et abandonné? Bien, soyez patient. Telle est la volonté de Dieu. et dans l'éternité, vous serez très heureux (!)

Cet "ajournement" d'espoir est coupable, analogue à un narcotique, à une drogue, à une névrose, il est aussi  stupide. Malheureusement, telle est encore trop souvent la réponse de quelques "esprits pieux", hors du temps. Bien que ces cruautés ne soient pas exprimées à vive voix, elles trainent dans les esprits, formant un cadre de pensée et de réflexion qui induit une sorte de charité dénaturée ne menant jamais à la solidarité révolutionnaire qu'exige notre temps.

"Heureux les pauvres de coeur..." (Mt 5,3)

Comme c'est le premier des Évangiles, commençons par Matthieu. Il nous faut tout d'abord rappeler que, aussi parfaite que soit la connaissance d'une langue étrangère, nous ne pouvons nous empêcher de penser en notre propre langue. C'est exactement ce qui se passe chez Matthieu. Il rédige en grec, mais pense en araméen ou en hébreu. En rédigeant cette expression-clé du texte des béatitudes: "heureux les pauvres de cœur", première clef pour déverrouiller le code caché de la Bible, Matthieu sent que la langue grecque ne pourra transmettre avec précision ce q'il voudrait faire comprendre.

Une difficulté lingutisique: que signifie : "pauvre?"

Tout tourne en effet autour du mot "pauvre." C'est la clef indispensable pour comprendre le texte entier. Dans sa langue maternelle, Matthieu a deux mots différents pour parler de deux catégories différentes de pauvres: les mots hebreux Dalim et Anawim qui indiquent deux catégories de personnes, en faisant référence soit à leur statut social, soit à leur attitude principale envers la vie. La langue grecque, comme la plupart des langues d'aujourd'hui, manque de précision pour décrire les "pauvres"", les mots usuels en font des personnes manquant du minimum nécessaire à une vie digne. Les termes: malheureux, indigents, nécessiteux, humbles, miséreux, misérables, fauchés, sans-le-sous, décrivent un certain type de personnes dont, objectivement, nous ne pouvons pas dire qu'elles sont "heureuses", et, encore moins, qu'elles sont dans cette situation par obéissance à la volonté de Dieu et qu'elles seront donc très heureuses dans l'éternité...

Si telle est notre pensée, nous participons à un "terrorisme religieux" et cette religion, ainsi utilisée pour insulter Dieu et les pauvres, nous met en accord avec Marx et Freud en commettant ce péché d' "espérance ajournée". Nous ne pouvons suggérer  aux pauvres d'abandonner l'espoir. Nous ne pouvons les réduire à la pauvreté au nom de Dieu et encore moins, décrivant la misère des autres à partir de notre propre abondance, justifier cette pauvreté par une détermination de Dieu et la condition sine qua non d'une future béatitude éternelle. C'est une insulte. C'est du terrorisme. Mais, malheureusement, cela se fait...

Quand commence l'éternité?

Une des déformations qui affligent grandement notre pensée est notre conviction plus ou moins grande que notre éternité commence au moment de notre mort.  Erreur fatale ! Le fait est que notre éternité commence au moment de notre conception. Et donc, s'il en est ainsi, le temps, l'espace et le monde ou nous vivons sont déjà imbibés d'éternité. S'il en est ainsi, nous faisons déjà l'expérience de l'éternité et le moment de la mort devient l'apogée de la vie. S'il en est ainsi, le moment de mort est le moment de la rencontre définitive avec Dieu... le moment de mort est le moment de la résurrection! Je crois que François d'Assise fut le premier à comprendre tout cela pour aboutir à sa conclusion logique d'appeler la mort "soeur".

Où la révolution commence

Mais retournons aux difficultés linguistiques de Matthieu qui manque de mots grecs pour adapter sa linguistique hébraïque à ce qu'il veut faire savoir. Heureux les pauvres en esprit ... heureux les pauvres d'esprit...les  motivés par l'esprit... les pauvres menés ou conduits par l'esprit... toutes traductions possibles de l'expression grecque dans laquelle Matthieu a dû ajouter le mot "pauvre"  pour sauvegarder la dignité de ces  derniers, ainsi que la dignité de la façon dont nous parlons à  Dieu et le comprenons dans son "être" et son "agir" avec nous, mais surtout à travers nous. C'est ici que la révolution commence.

Et c'est ici que s'articule le "code caché".  Caché de telle façon qu'il est aussi rendu effrontément manifeste. Ce n'est pas un "code" dissimulant d'indicibles secrets mais un "code" qui divulgue comment être à Dieu et aux autres, ou mieux encore, comment être à Dieu en étant aux autres. Mais c'est ici que peut s'éveiller un terrorisme religieux qui repousse l'espoir au-delà de la période temporelle. Ou c'est d'ici que nous pouvons être précipités dans les dimensions les plus profondes d'être et d'agir en humain. Plus qu'un texte établissant des "Décisions de Dieu", les Béatitudes sont, au contraire, la "Magna Carta" de l'action humaine à la lumière de Dieu, la Constitution  qui doit être suivie par tous ces hommes et femmes qui osent être de Dieu à la suite de Jésus-Christ, les hommes et les femmes qui osent être de Dieu et des Autres. Cette idée vaut d'être répétée... un jour, peut-être, l'on comprendra.

Un code pour lire la Bible

A partir d'ici, nous pouvons commencer à lire le texte et notre propre vie sans peur ni entrave. C'est ici que nous trouvons, en fait, le code de lecture de la Bible. Loin d'être un code secret, un code caché dans les étagères de l'éternité où la moisissure pourrait le ronger, ce défi est si  inquiétant et si dérangeant qu'il me force à sortir de moi-même, et donc me sort de mon confort et me jette dans l'action; il ne me permet pas l'usage de cosmétiques pour cacher les rides de ma foi, mais me pousse en plein air, là où je puis attraper un coup de soleil, mais c'est le seul endroit où je puis obtenir un "bronzage durable." L'ultime défi reste le même..., déranger, inquiéter, renverser pour remporter une victoire sur cette schizophrénie qui nous mène à vouloir être de Dieu sans être des autres, à vouloir vivre comme divorcés de la vie, dans un faux-mariage avec Dieu... marqué par  les coups de ciseaux consécutifs et de plus en plus profonds dans notre contrat.

La référence au pauvre

Le mot clé, le concept central qui donne sa signification au texte entier, est la référence au pauvre. Séparons les deux catégories entre lesquelles la langue hébraïque ne permet aucune confusion et nous trouvons un Dieu qui n'a pas besoin d'indigents, de malheureux, de misérables attendant un bonheur qu'ils sont sûrs de ne voir que dans la vie d'après la mort, mais plutôt un Dieu qui présente un défi personnel et inévitable. Les "heureux" ne sont pas ceux qui n'ont pas le minimum pour vivre dignement, mais ceux qui reconnaissent que tout ce qu'ils ont vient de Dieu et  que, par conséquent, tout ce qu'ils ont est inconditionnellement ouvert aux autres. Ils sont ceux qui ont mis toute leur "richesse" -  de quelqu'ordre qu'elle soit-  au service des autres. À ceux-là appartient le royaume des cieux, car c'est à eux qu'est confiée la tâche de construire un monde qui défie la "norme" du "ne vous en faites pas",  à  l'image de Caïn répondant  à la question de Dieu: "Caïn, ou est ton frère Abel?"; "Je ne sais. Suis-je le gardien de mon frère?"  Quelle actualité dans une phrase ancienne de plus de 2.500 années!

La pauvreté que Dieu aime

La pauvreté que Dieu aime, la pauvreté que Dieu présente dans les Béatitudes, est bien loin de la pauvreté de "ne pas avoir" de biens matériels ou autres.  Le défi de pauvreté, au moins, est d'éviter la folie de croire que le monde nous appartient, que nous sommes au centre de l'histoire, que nous sommes détenteurs des vérités absolues au sujet de la vie, de la mort et de l'éternité; telles sont les richesse de tant de personnes dont l'estomac est si plein de Dieu qu'elles ne peuvent laisser échapper pour la consommation des autres que quelques borborygmes mystiques, parce que l'espace pour leur propre conversion est entièrement occupé, et leur ventre si enflé qu'ils ne peuvent pas voir le sol sur lequel ils marchent... La pauvreté que Dieu aime suit un autre chemin. Et il est très important que ce soit bien clair. Je puis être plus riche en possédant une voiture qui tombe en morceaux mais que je ne prêtes à personne qu'en ayant une voiture neuve que je mets au service de tous et qu'en plus encore je les conduis...

La clef de lecture des Béatitudes

Celle est la clef de lecture des Béatitudes. Comme je l'ai dit, c'est le texte le plus dangereux et le plus révolutionnaire de l'histoire humaine; Loin d'être un texte ou l'on parle de Dieu, c'est avant tout un texte dans laquel Dieu nous parle. La difficulté est précisément...d'accepter que Dieu parle... d'accepter que Dieu me pousse à être différent, à mettre en danger tous mes conforts, mes titres, mes idées préconçues, mes façons "d'éviter de penser" parce que tout ceci est difficile, parce que tout de ceci blesse, parce que tout de ceci m'inquiète, parce tout ceci remue toutes les poussinières entre lesquelles je me déplace! Heureusement, en fin de compte  la mouette de Jonathan Livingstone a appris la joie de voler...

Mais c'est précisément ici que la force d'une religion est en jeu; c'est ici que l'on peut évaluer le degré d'engagement de quelqu'un à sa façon de lire la vie et de comprendre Dieu. Une religion, c'est exactement cela... un défi à la liberté, un coup de poing dans cet estomac si paresseux qu'il m'évite même de penser car tout a déjà été dit, tout a déjà  été pensé par d'autres... il ne me reste qu'à me conformer avec ce qui m'a toujours été enseigné, car c'est comme cela, et maintenant suffit! Comme c'est ennuyeux! Ce genre de religion est successivement opium et névrose dans les mots de Marx et de Freud. À cette manière, ajoutons ceux du Professeur Agostinho da Silva "je n'ai pas de religion; c'est la religion qui m'a.

Vivre  avec dignité

Maintenant, nous pouvons lire sans peur le reste du texte... Les pauvres et les malheureux ne se sentiront plus insultés et celui qui n'a même pas le minimum pour vivre avec dignité (le Dalim pauvre en hébreu), déjà peuvent se sentir finalement heureux.  C'est ainsi, non pas parce qu'après leur mort ils pourront jouir de  tout ce qui leur a été refusé dans la vie, mais parce qu'il y aura  plus d'anawim, ces gens qui se mêlent de la vie des autres afin que ceux-ci puissent avoir le droit d'être des "personnes" et d'avoir une a vie, et que les dalim, ceux qui n'ont pas le droit de mener une vie "humaine" auront cessé d'exister.

QUESTIONS POUR RÉFLEXION ET DISCUSSION EN FRATERNITÉ

1.    Pourquoi les Béatitudes sont-elles un texte dangereux et révolutionnaire?

2.    Quel genre de pauvreté Dieu aime-t-il?

3.    Quelle est la clef de lecture des Béatitudes?

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PROGRAMME DE FORMATION CONTINUE
DOSSIER MENSUEL
AVRIL 2012 – 3ème ANNÉE – N° 28

 

 

(DOC)

 

ÉVANGÉLISÉS POUR ÉVANGÉLISER

Fr. Fernando Ventura, OFMCap
Dossier préparé par l'équipe de Formation Permanente CIOFS
Ewald Kreuzer, OFS, Coordinateur
Fr. Amando Trujillo Cano, TOR
Doug Clorey, OFS


 

L'EXODE EST UN ECRIT FONDATEUR


Dans le dossier de ce mois, Fr. Fernando explique que le livre de l'Exode contient le récit de la fondation d'Israël. C'est après que le peuple ait vu tous ses espoirs engloutis dans le sable du désert qu'Israël à découvert Dieu. Le récit de l'Exode est d'importance majeure car il montre que Dieu laisse ses marques dans l'histoire, que le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Père de Jésus-Christ, n'est pas un Dieu régnant dans un ciel distant, mais le Dieu d'ici et d'aujourd'hui.

Découvrir le Dieu d'Israël

Le Livre de l'exode est la clé permettant de découvrir comment Dieu crée ses traces dans l'histoire. Nous le constatons dès le début du Livre : le récit de toute la catastrophe commence par l'explication de la persécution en Egypte:" Un nouveau roi se lève sur l'Egypte, qui n'a pas connu Joseph"  (Exode 1: 8). En d'autres termes, un nouveau souverain est venu au pouvoir, sans aucune mémoire du passé, sans aucun arrière-plan d'Histoire. C'est  alors que tout semble perdu et que l'espoir est enterré sous le sable que Dieu est découvert. C'est par cela que l'Exode est l'évènement fondateur d'Israël. Le texte porte la charge symbolique entière du temps et de la mémoire. Nous avons pu survivre deux mille années parce que, de l'an 70 à l'an 1946, nous avons continué à nous souhaiter, chaque année nouvelle: " l'an prochain à Jérusalem". C'est notre point de départ et c'est ici que nous sommes: Dieu est le héros national d'Israël. Et, nous devons cette intuition brillante aux Juifs, aux gens de cet Ancien Testament qui a apporté le Dieu du ciel au monde.

Un Dieu d'ici, d'aujourd'hui

Le Dieu d'Abraham, d'Isaac, de Jacob, le Père de Jésus-Christ n'est pas un Dieu d'un Ciel distant, mais le Dieu d'ici, d'aujourd'hui… un Dieu bohémien, un Dieu de la route, de la poussière, et du vent. Dans les textes anciens on lui parle familièrement car, en grec comme en hébreu, il n'y a pas de forme cérémonieuse correspondant à "Vous.” “Sois béni (style familier), Seigneur Dieu d'Israël, Roi éternel.” C'est ainsi que débutent toutes les formules de prières juives. Nous parlons à Dieu dans une langue familière, (comme le "tu" espagnol ou français), non par irrévérence mais parce que notre relation est étroite, le message étant que Dieu "s'est converti" à nous. Et, en fait, mon “moi” ne peut seulement grandir qu'a la lumière du "toi", forme familière du "vous"', qui existe dans ce rapport. Nous nous inclinons tous face à une Excellence. Mon “moi” ne peut grandir que dans une relation avec un “Tu”, (ce "vous" familier); C'est le message de la Bible; c'est le message de François. C'est l'appel à la fraternité universelle, sans maîtres ni esclaves... une société de frères et de sœurs.

Mais voyez combien nous sommes loin de cette réalité! Dans notre vie de tous les jours nous expérimentons le manque de respect qu'exprime notre société. Nous menons une vie modelée par nos titres… notre fortune… notre caste.... à tous les niveaux et dans toutes les cultures. Et souvent nous continuons à faire montre de cette mentalité de caste jusque dans nos Fraternités, nos Couvents et nos Monastères.  C'est là notre erreur! Ce n'est pas la voie que nous sommes censés parcourir. Notre but ultime ne peut être la puissance. Mon but ultime ne peut être de devenir membre d’une organisation qui réglerait ma vie et la vie des miens pour servir une structure dans laquelle je me suis mis moi-même. Et c'est là ou nous en sommes: des parasites,  parasites de l'Ordre,  parasites de fraternités,  de couvents ou de monastères. Il y en a marre de ces gens!

Un Dieu qui voit, qui sait, et qui s'approche

Revenons-en au dialogue entre Dieu et Moïse à l'Horeb (Exode 3: 7-10),  en portant une attention particulière aux verbes utilisés. Clairement, il n'est pas question d'un Dieu régnant dans un ciel distant. Il est question d'un Dieu qui voit, qui connaît, et qui descend délivrer. C'est kenosis, « ou il délivre ». Souvent, ce n'est pas pour nous un kenosis (lui délivre) mais plutôt un anastasis (une résurrection). En devenant prêtres, religieuses et moines (et même Franciscains séculiers !), nous ne nous mettons pas au niveau de n'importe qui, nous montons plutôt l'échelle sociale. C'est une honte pour l'Ordre, mais cela s'observe dans chaque continent. Nous continuons à avoir beaucoup de vocations là où être prêtre, religieuse ou moine est encore considéré comme une promotion sociale; mais là ou cela n'est plus, la situation devient difficile. Elle nous impose de réfléchir. Sommes-nous venus pour un kenosis (moi-même-délivrer), ou pour un anastasis (résurrection)? Dans mon pays, l'on dit que les seuls qui peuvent vivre sans travailler sont les prêtres et les soldats.... peut-être est-ce exact ! Ce Dieu « converti à nous » descend pour être avec nous afin que nous puissions aussi monter avec Lui. C'est le Dieu qui descend vers mon monde, et se ‘convertit ' à moi afin que mon histoire puisse être transformée en éternité... afin que mon immanence puisse être transformée en transcendance. Tel est le chemin à suivre.

Le Message et le plan de Dieu

Et voici le message: “Yahvé des Troupes va donner pour tous les peuples sur cette montagne un festin de graisses, un festin de vins vieux, de graisse et de moelle, de vins vieux affinés. Sur cette montagne il engloutira toute l'étendue du voile qui voile tous les peuples et la toile tissée sur toutes les nations. Il engloutira même la mort pour longtemps. Il essuiera, - lui le Maître Yahvé - les larmes de tous les visages, la honte de son peuple, il l'ôtera de toute la terre. Oui, Yahvé a parlé.” (Isaïe 25: 6-8; Bible Bayard  2001). Tel est le texte eucharistique de l'Ancien Testament. Et tel est le défi d'intimité dont nous rêvons. Tel est Isaïe. Quel est le thème derrière le texte? C''est un repas. Qui est le cuisinier? Dieu! Qui invite au repas? Dieu! Qui sont les invités? Tous, y compris les catholiques. Et qu'y a t il au menu? Des nourritures riches et des vins de choix. Considérez le menu avec une idée de temps: une vache à besoin de temps pour engraisser… pour s'affiner, le vin a aussi besoin de temps. C'est un plan, c’est un projet de vie ouvert à tous, sans exception, sans exclusion.

Malheureusement, notre Église continue à considérer certaines personnes comme marquées, exclues parce qu'elles sont ‘au-dehors’... parce que nous, les saints, nous ne pouvons vivre avec des pêcheurs. Mais, à cette fête, tout sont accueillis! La fête est préparée en prenant son temps,  et du temps pour tout… pour cette vie ensemble… pour cette expérience de communion et de fraternité. Et ce voile qui couvre les peuples? Qu'est-ce qui va se passer avec ce voile? Et d'abord qu’est ce, ce voile de deuil? Ce voile est un tissu qui nous empêche de voir, et donc met obstacle à la communication… non à cause de nos différences, mais en créant des différences. Que  fera Dieu  des larmes? Où dois-je être pour essuyer les larmes d'un autre? Où est Dieu? Ce n'est pas un Dieu dans un ciel distant, non, c'est un Dieu qui n'a pas peur de dire “Je vous aime!”

Il est ce Dieu face à qui nous pouvons dire avec Isaïe "l'esprit du Seigneur est sur moi parce qu'il m'a oint." Qui a été oint? Nous sommes tout oints! Et pourquoi sommes-nous oints? L'onction ne sert qu’à une chose… à la Mission. Le reste est du folklore pur… le reste est discuter de couvertures chaudes : Faut-il les enlever ou les garder ?

QUESTIONS POUR RÉFLEXION ET DISCUSSION EN FRATERNITÉ

1.    Pourquoi est-il si important pour nous de comprendre le sens de l'Exode?

2.    Comment nous, comme Fraternités, vivons-nous en solidarité avec toute l'humanité, quelle que soit notre place dans la société, notre fortune ou le pouvoir que nous pourrons penser avoir?

3.    De quelle façon nous autres, Franciscains séculiers, excluons-nous les autres de notre environnement quotidien? De quelle façon pratique pouvons-nous devenir des personnes qui incluent plutôt qu'excluent?



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PROGRAMME DE FORMATION CONTINUE
DOSSIER MENSUEL
MARS 2012 – 3ème ANNÉE – N° 27

 

ÉVANGÉLISÉS POUR ÉVANGÉLISER

(DOC)

Fr. Fernando Ventura, OFMCap

Dossier préparé par l'équipe de Formation Permanente CIOFS

Ewald Kreuzer, OFS, Coordinateur

Fr. Amando Trujillo Cano, TOR

Doug Clorey, OFS

QUELLE EST LA RELIGION DE DIEU?

Nous continuons dans le présent dossier un résumé de l'exposé fait par Fr. Fernando Ventura, OFM Cap, aux participants du Chapitre général de 2011 à Sao Paulo. Comme il l'avait fait dans la première partie, Fr. Fernando commence par quelques questions "agressives" pour forcer à la réflexion sur nos rapports avec Dieu et avec notre religion. Il poursuit  en nous rappelant que le défi de l'évangile est "construire une Maison commune", une place où finalement l'Amour sera aimé." Il en conclut que nous ne pouvons avoir de rapport à Dieu qu'en ayant d'abord un rapport aux autres, qu'il nous faut progresser du stade de religieux à celui de croyant.

Quelle est la religion de Dieu?  En qui ou quoi Dieu croit-il?  Notre Dieu serait-il athée?

Nous avons un Dieu qui croit en nous. Je suis la religion de Dieu. Nous sommes la religion de Dieu. C'est un coup de poing dans l'estomac, mais nous n'y voyons pas encore assez clair. Les Catholiques ont cette idée folle que Dieu est catholique. Les Protestants, que Dieu est protestant... Les Musulmans, que Dieu est musulman... Les Juifs, que Dieu est juif. Et c'est pour cela que nous nous massacrons les uns les autres depuis des siècles. C'est pour cela que toutes les religions ont les mains tachées de sang. Et sans exception!

Une maison commune

Tel est le défi de l'Évangile. Tel est le défi de François. Une maison commune. Une place où finalement l"Amour peut être aimé" sans peur des mots, sans peur des réactions. Car cette maison devient quelquefois une maison de belle-mère, une maison "malade" parce que nous sommes tous "fatigués" les uns des autres.   Et que personne ne peut nous supporter!

Considérons notre place dans l'univers: la troisième pierre à partir du soleil... Mercure, Vénus, Terre. un petit point dans l'univers. un grain de sable. Mais nous existons, nous avons notre place, et nous devons changer ce morceau de Terre où nous vivons.  Il dépend de nous de le retoucher, il dépend de nous de découvrir que le nouveau mot pour écologie peut être "solidarité",  que le nouveau mot pour éthique peut être "fraternité."

Une phrase peut changer beaucoup de vies. Quelle est cette phrase qui peut changer tant de vies? Cela pourrait-il être "je vous aime?" Cela parait facile, mais cela ne l'est pas du tout. Cependant, il est clair qu'un peu de sucre peut tout changer. Souvent, nous vivons comme Narcisse: seul dans l'amour de soi-même. Comme tant de gens dans ce monde vivent dans l'amour d'eux mêmes, avec leurs religions, avec leurs philosophies, avec leurs névroses.

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PROGRAMME DE FORMATION CONTINUE
DOSSIER MENSUEL
FÉVRIER 2012 – 3ème ANNÉE – N° 26

 

 

(DOC)

ÉVANGÉLISÉS POUR ÉVANGÉLISER

Fr. Fernando Ventura, OFMCap
Dossier préparé par l'équipe de Formation Permanente CIOFS
Ewald Kreuzer, OFS, Coordinateur
Fr. Amando Trujillo Cano, TOR
Doug Clorey, OFS

 

INTRODUCTION : IL EST TEMPS POUR EMMAÜS

Le XIIème  Chapitre général de l'Ordre franciscain Séculier  s'est tenu à Sao Paolo au Brésil du 22 au 29 octobre dernier (2011). Il avait pour thème: "Évangélisé pour Évangéliser". Fr. Fernando Ventura OFMCap en fut le conférencier principal."Il est temps maintenant, dit-il, de comprendre  les milliers, les millions  de nos frères et sœurs en marche vers Emmaüs". L’expérience et les voyages  de Fr. Fernando lui ont permis de bien comprendre la situation mondiale. Dans cette première partie de sa conférence, il explique pourquoi il est temps d'en revenir à Emmaüs,  de  rencontrer sur la route ces deux disciples  et de réfléchir à leur expérience d'abandon d'une centralité de foi et d'espérance pour se voir conduits à la périphérie du désespoir. Il est important que vous lisiez, étudiez et discutiez le contenu de ce dossier  avec vos frères et sœurs dans votre fraternité.

Project du Formation Permanente
DOSSIER MENSUEL

Janvier 2012: HTML, DOC

PROJET DE FORMATION PERMANENTE DU CIOFS POUR 2011. THEME: L’EVANGELISATION: HTML, DOC, PDF