Ordre Franciscain Séculier

Ordo Franciscanus Sæcularis

  • Register

COMISSSION PRESENCE DANS LE MONDE– PRESIDENCE DU CIOFS 

PROGRAMME DE FORMATION 2013 –MAI

Document préparé par Ana María Olmedo OFS

Editeur: Amando Trujillo Cano TOR – Traducteur: Aurore Collet

 LA CRISE ALIMENTAIRE ET L’  ECONOMIE VERTE – LA SAUVEGARDE DE LA CREATION

 

 

INTRODUCTION 

 

             Les derniers évènements mondiaux, que nous devons interpréter comme des signes des temps, font qu’aujourd’hui nous les franciscains  sommes ébranlés et interpellés; ils nous indiquent que c’est le moment de revoir notre forme de vie personnelle, en tenant compte de notre expérience de notre spiritualité franciscaine. Un des sujets les plus présents dans la vie franciscaine est le respect pour l’écologie, c’est pourquoi cette question vient: Vivons-nous réellement les mêmes sentiments et attitudes de François par rapport à la sauvegarde de la création? Par ce document, nous voulons ouvrir la porte pour qu’ensemble nous créons un meilleur engagement avec des attitudes et des actions écologiques qui pourront marquer la différence dans nos environnements. Sauvegarder la création, ne signifie pas seulement révérer et admirer la nature mais signifie aussi honorer et vivre la fraternité universelle, dans laquelle l’être humain pleinement accompli pourra, avec toute la création, adhérer à la présence même du Christ, par qui tout fut créer, de qui tout procède et à qui tout est redonné.

 

  1.      LA CRISE ALIMENTAIRE

 

                Selon l’article, “la faim avant la crise”, publié par la FAO:

                L'augmentation de la sous‐alimentation est particulièrement consternante parce qu’elle n'est pas le résultat d'une offre insuffisante de produits alimentaires sur le marché international. Selon des chiffres récents tirés des Perspectives de l'alimentation de la FAO, la production céréalière mondiale en 2009 sera robuste, à peine inférieure au niveau record atteint l'an dernier. A l’évidence, le monde peut produire suffisamment de denrées alimentaires pour éliminer la faim. Cependant, les stocks de nourriture sont distribués d’une façon extrêmement inégale dans le monde. Alors que les pays riches maintiennent des grandes réserves, beaucoup de pays en développement n’ont pas assez d’aliments pour offrir à leurs citoyens une consommation nécessaire pour une vie en bonne santé.

                Un autre aspect concerne l’utilisation des aliments. En effet, seulement la moitié de la production mondiale de céréale est actuellement utilisé directement pour la consommation humaine. La production agricole est de plus en plus transformée en fourrage pour satisfaire une consommation croissante de viande ou bien elle sert des emplois non alimentaires, comme la production des biocarburants pour aider à calmer des besoins énergiques croissants.

                La sous-alimentation affecte plusieurs segments de la population. En particulier, les ruraux sans terre et les citadins pauvres souffrent de la crise du fait qu'ils ne peuvent pas compter sur l'agriculture de subsistance[1].

2.      L’ECONOMIE VERTE

                Le concept de l’économie verte a fait beaucoup parler, bien que ses défenseurs (comme l’Union Européenne, les Etats-Unis et des agences de l’ONU) affirment qu’elle est en train de se construire. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) la définit telle une économie qui:

                Doit améliorer le bien-être de l’être humain et l’égalité  sociale, qui réduit à la fois les risques environnementaux et les  manques écologiques. Dans sa forme la plus basique, une économie verte serait celle qui a peu d’émission de charbon, qui utilise les ressources de manière efficace et qui  permet l’intégration socialement[2].

                Selon le secteur industriel, l’économie verte se définit comme “un ensemble de modes de production dans lesquels on cherche à maximiser la production, en prenant en considération les variantes qui jusqu’à récemment étaient ignorées lorsqu’on établissait une affaire, comme la conservation des ressources naturelles et l’éradication de la pauvreté”[3].

                Les organisations environnementales se questionnent et mentionnent que:

[C]cette nouvelle notion d’ “économie verte”… se défini essentiellement d’ [augmenter] les  bases de données d’exploitation et la privatisation de la nature… Par exemple, c’est vrai qu’en ayant le choix, elle promeut l’agriculture organique- qui est mieux que la chimique, mais en supposant que pour la répandre “massivement” il faudrait  de grandes étendues ou des monocultures “organiques”, certifiées et contrôlées par les transnationales qui peuvent ravitailler des grandes chaines de distribution et des marchés centralisés. Ainsi, la souveraineté alimentaire sera beaucoup plus incertaine. En dépendant des transnationales, aujourd’hui, ils pourront produire “organique” mais demain, ils produiront, comme toujours, ce qui leur donne le plus d’argent, que cela soit organique, transgénique, ou chimique. Déjà sans les choix locaux, sans la souveraineté des céréales, sans les agriculteurs qui défendent leurs droits dans chaque localité, leur monopole est assuré[4].

Les indicateurs du dommage que cause l’économie verte.

                De par son implantation, elle est en train de se développer dans la majorité des pays pauvres, l’extraction minière à ciel ouvert affecte la vie des peuples d’origines, l’extraction du pétrole, les grands barrages qui se convertissent en dangers pour la vie de la planète Terre. L’énergie est en train de s’étendre à travers la “biomasse”, qui entraîne la conversion des plantes, des algues et de tous les restes organiques en une fontaine d’énergie qui remplacera le pétrole, comme les agro-combustibles. Cela entraînera le fait que des millions d’hectares qui devraient être couverts de forêts ou produire des aliments seront dédiés à nourrir des machines. Ainsi même, l’agriculture climatique intelligente propose, d’imposer l’utilisation des transgéniques “adaptée” à la sécheresse et aux nouveaux champs toxiques. Cela signifie que les populations d’origine perdront le contrôle sur leurs territoires, sur les écosystèmes et sur l’eau pour produire les aliments, mettant la population ainsi en danger.

                Avant cela, la Déclaration des Peuples Indigènes à la Session de Clôture de la Ronde des négociations du Cahier zéro jusqu’à Rio-20 des Nations Unies, affirme:  

                La proposition de l’”économie verte” nous apporte beaucoup de préoccupations: Nous n’acceptons pas qu’elle soit utilisée par les corporations et les Etats pour continuer à établir le même modèle destructeur et exploiteur du “développement économique”, qui a causé les crises actuelles. […] S’Orienter vers un développement durable […] à partir ce fondement nous pouvons apporter la connaissance traditionnelle pour le vraie développement durable. Par lequel on se doit de garantir le respect, la protection et le développement des connaissances traditionnelles et les modes de vie durables des peuples indigènes. […] Pour nous, il est vital qu’on considère les droits de la Mère la Terre, par qu’elle est notre fontaine de vie, de spiritualité, de savoir et de connaissance. Elle détient la vie et l’harmonie que nous, les êtres, nous avons, pour cela c’est notre devoir de la protéger[5].

Quelle est vraiment la racine de ce problème et comment pouvons-nous le résoudre?

                La Doctrine Sociale de l’Eglise nous donne des principes et des critères d’action qui nous orientent face à la menace croissante de la vie de la planète terre.  

                La solution du problème écologique exige que l'activité économique respecte davantage l'environnement, en conciliant les exigences du développement économique avec celles de la protection environnementale. Toute activité économique qui se prévaut des ressources naturelles doit aussi se soucier de la sauvegarde de l'environnement et en prévoir les coûts, lesquels sont à considérer « comme élément essentiel du coût (...) de l'activité économique ». C'est dans ce contexte que doivent être considérés les rapports entre l'activité humaine et les changements climatiques qui, étant donné leur extrême complexité, doivent être opportunément et constamment suivis aux niveaux scientifique, politique et juridique, national et international. Le climat est un bien qu'il faut protéger et il faut que, dans leurs comportements, les consommateurs et les agents d'activités industrielles développent un plus grand sens de responsabilité[6].

                Nous rappelons que le plan de Dieu au début de la création fut que les êtres humains vivront en harmonie les uns avec les autres (cf. Genèse 2,18-25). La racine de ce problème c’est que l’humanité entière (de toutes les idéologies, ethnies, clases sociales, et cultures) et les fondamentalismes aujourd’hui nous font nous affronter les uns aux autres. Pour cette raison la sauvegarde de la création implique la responsabilité et l’engagement que nous avons tous en tenant compte de l’attention et du développement intégral de tout ce qui a été créé, incluant même l’être humain, sans aucune distinction. Face à cette situation François nous interpelle en disant: “C’est pour cela que nous avons été appelé: pour guérir les blessés, pour soigner les malades et pour corriger ceux qui sont dans l’erreur.” (TC 58).

Nouvelles alternatives face à la crise alimentaire et les effets nocifs de l’appel de l’économie verte

                L’orientation proposée depuis des années par la “Voie Paysanne”, organisation internationale des mouvements indigènes, constitue une réponse à la crise:

                Pour garantir l’indépendance et la souveraineté alimentaire de tous les peuples du monde, il est fondamental que les aliments se produisent dans le cadre de systèmes de production diversifiés, de base paysanne. La souveraineté alimentaire est le droit de tous les peuples de définir leurs propres politiques agricoles et concernant l’alimentation, de protéger et réguler la production agricole nationale et le marché interne ayant pour finalité d’obtenir des objectifs durables, décider dans quelle mesure ils cherchent l’auto suffisance sans détruire leurs excédents dans les pays tiers pratiquant le dumping (pratique illégale du commerce international qui constitue d’introduire un produit dans le marché d’un autre pays à un prix inférieur à sa valeur du pays d’origine). Le commerce international ne doit pas primer sur les critères sociaux, environnementaux, culturels ou de développement[7].

Un exemple d’une pratique écologique qui garantit la sauvegarde de la création[8]

                Il y a 25 ans, le paysage de la Haute Mixtèque , la “terre du soleil", à Oaxaca, au Mexique, paraissait un paysage lunaire: campagnes arides et poussiéreuses, dépourvues de bois, sans eau et sans fruits. Il fallait parcourir de grandes distances à la recherche d’eau et de bois. Presque tous les jeunes émigraient pour ne jamais revenir, fuyant cette vie si dure. Dans les années 80, un groupe de réfugiés guatémaltèques arrivèrent à Oaxaca quand les conditions sociales et politiques dans leur pays devinrent instables. Cela faisait dix ans que les guatémaltèques avaient développé un système de production basé sur des principes organiques et sur leur connaissance natale. Des personnes ayant  participé à ces programmes, quittèrent le Guatemala pendant la crise et arrivèrent dans notre région, en commençant à former les personnes à leurs techniques.  Jésus León,  42 ans, un paysan indigène mexicain, fut un de ceux qui reçut ces formations.

Comment développèrent-ils ce projet?

                Ils décidèrent de faire revivre un outil indigène oublié: le TEQUIO, qui est une manière organisée de travailler de profit collectif dans laquelle les membres de la communauté doivent apporter leur force de travail pour réaliser une œuvre communautaire. De cette manière, avec l’aide de 400 familles et avec les petits grains de sable, économiquement parlant, ils réussirent un programme de reforestation sans précédents. A coups de pic et de pelle, ils creusèrent des tranchées pour retenir l’eau des rares pluies, ils semèrent des arbres dans des petites pépinières, ils  apportèrent  de l’engrais et plantèrent des barrières pour retenir la fuite des terres fertiles dans la grande bataille contre l’érosion.

                Aujourd’hui la Mixtèque a reverdit, des sources ont surgi avec beaucoup d’eau, il y a des arbres et des aliments, les gens n’émigrent plus. Leurs efforts ont été récompensés par le reverdissement des versants arides. Les indices d’émigration ont diminué  tenant compte qu’ils peuvent gagner leur vie en restant à la maison, parce que selon eux: “un paysan est celui qui peut comprendre le mieux les besoins et les possibilités d’un autre paysan”. L’utilisation de poêles sans  bois allège le travail des femmes, car ainsi, elles ne parcourent pas de longues distances pour aller chercher du bois.

                On a réussi à développer un système d’agriculture durable et organique moyennant le sauvetage et la conservation des semences naissantes du mais, sans utiliser de pesticides. On sème une variété propre à la zone, le maïs “cajet” qui est un des plus résistants à la sécheresse. Cela n’a pas été facile de convaincre les gens,  car ils ne pouvaient pas arrêter d’un coup d’utiliser les engrais... Cela doit se faire peu à peu, en réduisant les engrais chimiques et en accroissant les engrais naturels, pour ne pas trop affecter la production. Les gens vivent de leurs terres; si nous les forçons à changer trop vite de système, ils peuvent souffrir des baisses sévères de leur production et se démotiver. Le changement doit se faire doucement.

Résultats

                Plus tard, se créa tout un mouvement et ils fondèrent le Centre de Développement Complet Agricole de la Mixtèque, CEDICAM. De cette manière ils ont développé leur autonomie, leur souveraineté et la sécurité alimentaire grâce à un système d’agriculture complet appelé système qui combine différentes cultures dans le même champ. Ce système ne produit pas les 8 tonnes par hectare d’une monoculture, qui requière un grand investissement chimique et matériel, mais cela donne au paysan 1800 kilos de mais pour sa famille et ses animaux. Cela lui donne haricots, courges,  herbes vertes comestibles ou n’importe quelle autre chose qu’il a semé dans sa parcelle. Il obtient cela sans un grand investissement et en utilisant seulement des engrais naturels et des semences natives. De plus, il lui reste un excèdent pour la vente.

                Ils ont semé plus d’un million d’arbres et reboiser plus de mille hectares. Leurs programmes d’agriculture durable ont entraîné la conservation de plus de deux mille hectares. Ils ont réussi à protéger cinq mille hectares en mettant en place des terrasses et des murs en pierres, augmentant ainsi de 50% la production agricole avec une plus grande rétention de l’eau et de la couche supérieure du sol. Avant cela, seulement 25 à 30% de la terre était cultivable, aujourd’hui, ils cultivent plus de 80% de celle-ci. Les tranchées de contours qui retiennent les eaux de pluies ont augmenté de 50% les niveaux des sources. Tout cela a amélioré énormément la vie des communautés de toute la région et, en conséquence, a réduit l’émigration.

                Grace au succès atteint en 2009, le prix Goldman de l’environnement leur fut remis; chaque année il est remis aux héros populaires de l’écologie. Ce projet a réveillé tant d’intérêt qu’à travers de CEDICAM ils sont déjà en train de partager leur expérience des techniques de conservation de l’eau; des moyens contre l’érosion et la pratique d’une agriculture durable dans des forums se tenant dans tout le Mexique, en Amérique Centrale et aux Caraïbes, ainsi que dans plusieurs universités et évènements aux Etats-Unis. Ils savent qu’à cause du changement climatique, de l’érosion, des inondations et de la désertification, les paysans seront sérieusement affectés et que par conséquence, la sécurité alimentaire aussi. Face à cela, beaucoup d’agriculteurs abandonneront leurs terres. Pour cette raison, ce projet doit être connu pour qu’il s’implante dans d’autres communautés indigènes.  

Comment le succès de ce projet a marqué la différence?

1) Ils n’ont pas une soif du gain ou l’exploitation de l’autre, mais plutôt conduits vers le bien-être commun. Pour cette raison, la solidarité et le petit grain de sable que chacun a donné a permis le développement durable de la communauté.

2) Il n’y a pas eu de l’individualisme, ni de sentiment d’une propriété privée, ni le droit d’autorité ni de survalorisation des expériences locales. Cela leur a permis “d’apprendre en faisant” grâce à l’expérience concrète, en s’appropriant une méthode de travail qui fortifia leurs capacités, leur habilité, et leurs connaissances pour le développement communautaire.

3) Conscients de leurs richesses ancestrales, les mayas et les mixtèques unifièrent leurs savoirs, valorisant et récupérant leurs méthodes ancestrales de culture et de biodiversité alimentaire de la zone, ce qui leur permit pas seulement de garantir leur sécurité alimentaire et d’améliorer leur alimentation, mais en même temps, ils identifièrent et construisent de nouveaux savoirs générés par le processus de solution d’un problème.

3.      LA SAUVEGARDE DE LA CREATION 

                La Conférence de la Famille Franciscaine à l’occasion de la Pentecôte 2005, nous a envoyé une lettre “Instruments de Paix”[9], de laquelle nous avons extraits les textes suivants:  

                Ayant les mains libres pour embrasser et servir les lépreux (cf. Test 1-3), pour François et ses frères, il n’était pas nécessaire de rechercher un instrument de défense ou une arme pour protéger ce qu’ils possédaient (cf. 3 S 35). Libre de toute prétention et de toute revendication, la première génération franciscaine ne voyait plus dans l’autre un concurrent, un ennemi, mais, vivant sans arme, elle reconnaissait en chacun un frère et une sœur en Jésus-Christ. Par le travail (cf. Rnb 7,1-9), par la volonté de vouloir s’insérer entre les pauvres et les exclus (cf. Rnb 9,2), par le refus de l’argent (Rnb 8,1-12), celui de la nouvelle et brutale forme de capitalisme de l’époque, François et les siens donnaient un témoignage prophétique de la possibilité de vivre ensemble de manière diverse, dans une société civile et ecclésiale illuminée par l’Évangile de Jésus (Instruments de Paix 3).

Le chemin difficile de la Paix

                Après le «siècle sombre» des guerres féroces, des dictatures brutales, de la grave et injuste disparité sociale entre le nord et le sud du monde et de la guerre froide, le début du nouveau millénaire avait été plein d’espérance et même d’enthousiasme en un temps plus pacifique et plus juste. Mais déjà les premières années de ce nouveau siècle ont démontré la fragilité du vivre ensemble de l’humanité et de nouvelles fractures se sont ouvertes, qui menacent la paix mondiale et la reconstruction d’un juste équilibre entre les nations […]Et finalement, les règles sans pitié d’un marché qui, au nom de la liberté, subordonne la valeur de la vie aux valeurs économiques, en privilégiant quelques individus, et en en marginalisant beaucoup d’autres, condamnent souvent à un futur sans espérance, surtout chez les plus faibles: les femmes, les enfants, les vieux et les malades. Parfois, il semble vraiment que les semences de paix sont suffoquées par les intérêts du pouvoir politique et économique, de ces structures d’injustice et de péché personnel […]Dans l’esprit franciscain, face à toutes ces situations, nous ne pouvons pas rester passifs ou de simple spectateurs consternés, mais nous devons nous sentir appelés à suivre les traces de Jésus-Christ qui est venu pour «annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres, proclamer aux captifs la libération et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté et proclamer une année de grâce pour le Seigneur» (Lc 4,18). (Instruments de Paix 6).

                Aujourd’hui des milliers de personnes meurent chaque jour dans le monde, fruit de mauvaises pratiques des transnationales, dont le but essentiel est l’obtention profits juteux. En tant que franciscains, nous devons rejeter toutes activités qui détruisent notre planète et qui servent seulement à générer la richesse de quelques-uns, qui avec leur ambition sans mesure mettent en danger toute l’humanité.

Comment promouvoir la sauvegarde de la création, dans un monde en conflit? 

                Durant le Chapitre Général de l’OFS ayant lieu en novembre 2008, notre ex ministre générale, sœur Emanuela de Nunzio, nous a Aidé à approfondir notre sentiment d’appartenance à l’Ordre, en nous rappelant que:

                A cause des conditions préoccupantes de notre planète, une nouvelle sensibilité se développe face aux problèmes écologiques: l'exigence s'impose de lutter pour transmettre aux générations futures une planète vraiment habitable, dans la perspective offerte par le Créateur. De nouvelles valeurs surgissent, de nouveaux rêves, de nouveaux comportements assumés par un nombre de plus en plus grand de personnes et de communautés. Le principe de base est celui de la sauvegarde de la création et c’est un principe qui engage tous et chacun. Il est évident que chaque pays et même chaque personne doit contribuer selon ses possibilités à chaque effort planétaire. Comme franciscains, en plus de renforcer notre engagement personnel pour un style de vie sobre (Règle n°11 et C.G. art.15.3), nous sommes aussi appelés à construire, avec ceux qui travaillent dans la moisson du Royaume, un monde globalisé dans lequel tous peuvent entrer, où il y a la vénération de la création, l’amour entre tous et des relations justes, au moins pour permettre à tous une vie honnête. Et alors, prendre soin de la création signifie s'engager dans divers domaines d'action, chacun lié avec les autres: de l'élimination des armes nucléaires à un changement de cap pour ce qui regarde le style de vie, d'une régénération du pouvoir politique / économique / militaire à l'adoption de la non violence comme manière de vivre la relation avec la création et avec toutes les créatures.[10]

                Le défi pour nous les franciscains et franciscaines c’est de développer cette autre forme de mise en relation avec la nature et entre les nations. On entend l’appel “à tous les hommes et les femme de bonne volonté, pour contribuer à la construction d’un monde plus humain et plus juste.” Nous devons éradiquer la violence sociale et ambiante du capitalisme et des autres systèmes et des régimes totalitaires qui sont en train d’abimer l’environnement. Pour cela nous devons rétablir les systèmes de production qui sont basés sur le bien-être commun et le respect de la création. Les savoirs ancestraux, la biodiversité et son utilisation sont des sujets de grande actualité et devraient être présents dans tous les concepts de politiques environnementales et de développement durable. Ceux –ci sont perçus comme un patrimoine naturel et culturel, mais ils n’ont pas encore la force nécessaire pour faire partie du moteur des économies nationales, à cause des politiques publiques qui identifient la chaîne productive pour des produits et des services qui proviennent de la biodiversité des territoires indigènes. Il faut seulement être conscients et s’engager dans les groupes qui travaillent déjà cela.

4.      QUESTIONS POUR UNE REFLEXION ET UN PARTAGE EN FRATERNITE

1.       Connaissez-vous un franciscain ou une franciscaine qui se sont engagés dans un mouvement écologiste? Quel est votre opinion sur ce travail réalisé par un frère ou une sœur?

2.       Connaissez-vous un projet écologique qui vaudrait la peine de soutenir et/ou diffuser?

3.       Comment pourriez-vous vous engager plus activement dans la sauvegarde de la création?

 

Commencez par faire ce qui est nécessaire, après faites ce qui est possible

et ainsi vous ferez l’impossible”  

 

5.      AUTRES DOCUMENTS ET REFERENCES

 

Ø       Développement durable, en Eglise et société, en Eglise catholique en France, Internet (22.06.2013):

http://www.eglise.catholique.fr/eglise-et-societe/developpement-durable/developpementdurable.html

Ø       Bâtir une nouvelle culture – Thèmes centraux dans l’enseignement récent de l’Église sur l’environnement, en Conférence des évêques catholiques du Canada, Internet (22.06.2013): http://www.cccb.ca/site/images/stories/pdf/Enseignement_de_lglise_sur_lenvironnement.pdf

 


[1] Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Département du Développement Économique et Social, La faim face à la crise, septembre 2009, Internet (23.04.2013): http://www.fao.org/economic/es-policybriefs/briefs-detail/fr/c/35574/?no_cache=1

[2] PNUMA, 2011. Hacia una economía verde: Guía para el desarrollo sostenible y la erradicación de la pobreza - Síntesis para los encargados de la formulación de políticas, www.unep.org/greeneconomy, 2, Internet (26.04.2013): http://www.pnuma.org/eficienciarecursos/documentos/GER_synthesis_sp.pdf  

[3] Campos M., Economía verde, en Éxito empresarial, Consultora Ambiente y Desarrollo, CEGESTI, 151 (2010), p.2, Internet (23.04.2013):  http://www.cegesti.org/exitoempresarial/publicaciones/publicacion_151_060611_es.pdf

[4] Silvia R., Economía verde o economía fúnebre, Grupo ETC, en Revista soberanía alimentaria, biodiversidad y culturas, Internet (23.04.2013): http://revistasoberaniaalimentaria.wordpress.com/2012/04/10/economia-verde-o-economia-funebre/

 

[5] Pueblos indígenas preocupados por le economía verde en negociaciones hacia Rio+20, en Red Internacional de Estudios Interculturales, (o8.o5.2012), Internet (23.04.2013): http://blog.pucp.edu.pe/item/158370/mundo-pueblos-indigenas-preocupados-por-la-economia-verde-en-negociaciones-hacia-rio-20?

[6] Conseil Pontifical "Justice Et Paix", Compendium De La Doctrine Sociale De L'église, Libreria Editrice Vaticana, 2005, 470, Internet (23.04.13):

[7] Diaz-Salazar R., Vía Campesina, Justicia Global. Las alternativas de los movimientos del Foro de Porto Alegre, Icaria editorial e Intermón Oxfam, 2002, 87. 90.

[8] Cf. “Nobel de Ecología” por reverdecer la desértica Mixteca, en Ecogaia, La Revista del Desarrollo Sostenible, 28.03.2011, Internet (26.04.2013): http://www.ecogaia.com/nobel-de-ecologia-por-reverdecer-la-desertica-mixteca.html

[9] Instruments de Paix, Lettre de la Conférence de la Famille franciscaine à l'occasion de la Pentecôte 2005, Roma, 15.05.2005, Internet (26.04.2013): http://www.ofm.org/01docum/pen2005/pentfra.pdf

[10] De Nunzio E., L’appartenance à l’OFS, Chapitre General de l’Ordre Franciscain Séculier, 15-22.11.2008, Internet (26.04.2013): http://ciofs.org/doc/kia8/kia8fr12.htm