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Consilium Internationale


COMMISSION FAMILLE

Jenny Harrington OFS

                                                                         Traduction : Michèle Altmeyer OFS 

 


LES CONCLUSIONS DU SYNODE SUR LA FAMILLE

PARTIE II Chapitre IV 

Vers la plénitude ecclésiale de la famille 

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Le Christ a voulu naître et grandir au sein de la Sainte Famille de Joseph et de Marie. L’Église n’est autre que la "famille de Dieu". Dès ses origines, le noyau de l’Église était souvent constitué par ceux qui, "avec toute leur maison", étaient devenus croyants (cf. Ac 18, 8). Lorsqu’ils se convertissaient, ils désiraient aussi que "toute leur maison" soit sauvée (cf. Ac 16, 31 et 11, 14). Ces familles devenues croyantes étaient des îlots de vie chrétienne dans un monde incroyant. (Catéchisme de l'Église Catholique 1655)


Le lien intime entre Église et famille (52)


La bénédiction et la responsabilité d’une nouvelle famille, scellée dans le sacrement ecclésial, comporte la disponibilité à devenir des soutiens et des promoteurs, au sein de la communauté chrétienne, de l’alliance fondamentale entre l’homme et la femme. […]. En vertu du sacrement du mariage, chaque famille devient à tous les effets un bien pour l’Église. Dans cette perspective, ce sera certainement un don précieux, pour l’Église d’aujourd’hui, de considérer également la réciprocité entre famille et Église: l’Église est un bien pour la famille, la famille est un bien pour l’Église. […]


L’Église est une famille de familles, constamment enrichie par la vie de toutes les Églises domestiques. Par conséquent, « en vertu du sacrement du mariage, chaque famille devient à tous les effets un bien pour l’Église. Dans cette perspective, ce sera certainement un don précieux, pour l’Église d’aujourd’hui, de considérer également la réciprocité entre famille et Église : l’Église est un bien pour la famille, la famille est un bien pour l’Église. Il revient non seulement à la cellule familiale, mais à la communauté chrétienne tout entière de veiller au don sacramentel du Seigneur ». (AL 87)


De nos jours, dans un monde souvent étranger et même hostile à la foi, les familles croyantes sont de première importance, comme foyers de foi vivante et rayonnante. C’est pour cela que le Concile du Vatican appelle la famille, avec une vielle expression, "Ecclesia domestica" (LG 11 ; cf. FC 21). C’est au sein de la famille que les parents sont "par la parole et par l’exemple ... pour leurs enfants les premiers hérauts de la foi, au service de la vocation propre de chacun et tout spécialement de la vocation sacrée" (LG 11).(Catéchisme de l'Église Catholique 1656).


« C’est avec une joie intime et une profonde consolation que l’Église regarde les familles qui demeurent fidèles aux enseignements de l’Évangile, en les remerciant et en les encourageant pour le témoignage qu’elles offrent. En effet, elles rendent crédible la beauté du mariage indissoluble et fidèle pour toujours. C’est dans la famille, « que l’on pourrait appeler Église domestique » (Lumen gentium, n. 11), que mûrit la première expérience ecclésiale de la communion entre les personnes, où se reflète, par grâce, le mystère de la Sainte Trinité. ‘‘C’est ici que l’on apprend l’endurance et la joie du travail, l’amour fraternel, le pardon généreux, même réitéré, et surtout le culte divin par la prière et l’offrande de sa vie’’ (Catéchisme de l’Église Catholique, n. 1657) » (AL 86)


C’est ici que s’exerce de façon privilégiée le sacerdoce baptismal du père de famille, de la mère, des enfants, de tous les membres de la famille, "par la réception des sacrements, la prière et l’action de grâce, le témoignage d’une vie sainte, et par leur renoncement et leur charité effective" (LG 10). Le foyer est ainsi la première école de vie chrétienne et "une école d’enrichissement humain" (GS 52, § 1). C’est ici que l’on apprend l’endurance et la joie du travail, l’amour fraternel, le pardon généreux, même réitéré, et surtout le culte divin par la prière et l’offrande de sa vie. (Catéchisme de l'Église Catholique 1657)


Le couple qui aime et procrée est la vraie ‘‘sculpture’’ vivante (non pas celle de pierre ou d’or que le Décalogue interdit), capable de manifester le Dieu créateur et sauveur. C’est pourquoi, l’amour fécond arrive à être le symbole des réalités intimes de Dieu (cf. Gn 1, 28 ; 9, 7 ; 17, 2-5.16 ; 28, 3 ; 35, 11 ; 48, 3-5) […] la relation féconde du couple devient une image pour découvrir et décrire le mystère de Dieu, fondamental dans la vision chrétienne de la Trinité qui, en Dieu, contemple le Père, le Fils et l’Esprit d’amour. Le Dieu Trinité est communion d’amour, et la famille est son reflet vivant. Les paroles de saint Jean-Paul II nous éclairent : « Notre Dieu, dans son mystère le plus intime, n’est pas une solitude, mais une famille, puisqu’il porte en lui-même la paternité, la filiation et l’essence de la famille qu’est l’amour. Cet amour, dans la famille divine, est l’EspritSaint. ». La famille, en effet, n’est pas étrangère à l’essence divine même. Cet aspect trinitaire du couple trouve une nouvelle image dans la théologie paulinienne lorsque l’Apôtre la met en relation avec le ‘‘mystère’’ de l’union entre le Christ et l’Église (cf. Ep 5, 21-33). (AL11)


Sous ce jour, nous pouvons présenter une autre dimension de la famille. Nous savons que dans le Nouveau Testament on parle de ‘‘l’Église qui se réunit à la maison’’ (cf. 1 Co 16, 19 ; Rm 16, 5 ; Col 4, 15 ; Phm 2). Le milieu vital d’une famille pouvait être transformé en Église domestique, en siège de l’Eucharistie, de la présence du Christ assis à la même table. La scène brossée dans l’Apocalypse est inoubliable : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi » (Ap 3, 20) (AL15)


La grâce de la conversion et de l’accomplissement (53 - 54)


L’Église demeure proche des époux dont le lien s’est tellement affaibli qu’un risque de séparation se présente. Au cas où une douloureuse fin de la relation survient, l’Église ressent le devoir d’accompagner ce moment de souffrance, afin d’empêcher le plus possible que ne surgissent d’oppositions désastreuses entre les conjoints. […]


Nous devons nous féliciter du fait que la plupart des gens valorisent les relations familiales qui aspirent à durer dans le temps et qui assurent le respect de l’autre. C’est pourquoi on apprécie que l’Église offre des espaces d’accompagnement et d’assistance pour les questions liées à la croissance de l’amour, la résolution des conflits ou l’éducation des enfants. Beaucoup apprécient la force de la grâce qu’ils expérimentent dans la Réconciliation sacramentelle et dans l’Eucharistie, qui leur permet de relever les défis du mariage et de la famille. […] (AL 38). […] Les crises du mariage sont « affrontées souvent de façon expéditive, sans avoir le courage de la patience, de la remise en question, du pardon mutuel, de la réconciliation et même du sacrifice […] (AL41)


"En leur état de vie et dans leur ordre, [les époux chrétiens] ont dans le peuple de Dieu leurs dons propres" (LG 11). Cette grâce propre du sacrement du Mariage est destinée à perfectionner l’amour des conjoints, à fortifier leur unité indissoluble. Par cette grâce "ils s’aident mutuellement à se sanctifier dans la vie conjugale, dans l’accueil et l’éducation des enfants" (LG 11 ; cf. LG 41). (Catéchisme de l'Église Catholique 1641)

Le Christ est la source de cette grâce. "De même que Dieu prit autrefois l’initiative d’une alliance d’amour et de fidélité avec son peuple, ainsi, maintenant, le Sauveur des hommes, Epoux de l’Église, vient à la rencontre des époux chrétiens par le sacrement du Mariage" (GS 48, § 2). Il reste avec eux, il leur donne la force de le suivre en prenant leur croix sur eux, de se relever après leurs chutes, de se pardonner mutuellement, de porter les uns les fardeaux des autres (cf. Ga 6, 2), d’être "soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ" (Ep 5, 21) et de s’aimer d’un amour surnaturel, délicat et fécond. Dans les joies de leur amour et de leur vie familiale il leur donne, dès ici-bas, un avant-goût du festin des noces de l’Agneau […] (Catéchisme de l'Église Catholique 1642)


L’amour vécu dans les familles est une force constante pour la vie de l’Église. « L’objectif d’union du mariage est un rappel constant à faire grandir et à approfondir cet amour. Dans leur union d’amour, les époux expérimentent la beauté de la paternité et de la maternité ; ils partagent les projets et les difficultés, les désirs et les préoccupations ; ils apprennent à prendre soin l’un de l’autre et à se pardonner réciproquement. Dans cet amour, ils célèbrent leurs moments heureux et se soutiennent dans les passages difficiles de leur vie […]. La beauté du don réciproque et gratuit, la joie pour la vie qui naît et l’attention pleine d’amour de tous les membres, des plus petits aux plus âgés, sont quelques-uns des fruits qui confèrent au choix de la vocation familiale son caractère unique et irremplaçable », tant pour l’Église que pour la société tout entière. (AL 88)
Quel que soit le problème auquel une famille est confrontée, elle peut toujours grandir, en partant "de l'amour".


« La charité est patiente ; la charité est serviable ; elle n’est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, elle ne se gonfle pas ; elle ne fait rien d’inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s’irrite pas, ne tient pas compte du mal ; elle ne se réjouit pas de l’injustice, mais elle met sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout » (1Co 13, 4-7).


L’amour d’amitié unifie tous les aspects de la vie matrimoniale, et il aide les membres de la famille à aller de l’avant à toutes les étapes. C’est pourquoi les gestes qui expriment cet amour doivent être cultivés constamment, sans mesquinerie, accompagnés par des paroles d’affection. En famille « il est nécessaire d’utiliser trois mots. Je veux le répéter, trois mots : permission, merci, excuse-moi, Trois mots clés ! » Discours aux familles en pèlerinage à Rome en l’Année de la Foi (26 octobre 2013) (AL 133).


La miséricorde au cœur de la révélation (55)


L’Église part des situations concrètes des familles d’aujourd’hui, qui ont toutes besoin de miséricorde, à commencer par celles qui souffrent le plus. Avec le cœur miséricordieux de Jésus, l’Église doit accompagner ses enfants les plus fragiles, marqués par un amour blessé et perdu, en leur redonnant confiance et espérance, comme la lumière du phare d’un port ou d’un flambeau porté au milieu des gens pour illuminer ceux qui ont perdu leur cap ou qui se trouvent au milieu de la tempête. La miséricorde est « le centre de la révélation de Jésus-Christ » (MV 25). […]
[…] Le mariage est un ‘‘don’’ du Seigneur (1 Co 7, 7). En même temps, grâce à cette évaluation positive, un accent fort est mis sur la protection de ce don divin : « Que le mariage soit honoré de tous et le lit nuptial sans souillure » (He 13, 4). Ce don de Dieu inclut la sexualité : « Ne vous refusez pas l’un à l’autre » (1 Co 7, 5). (AL 61)


« Jésus, qui a réconcilié toutes choses en lui, a ramené le mariage et la famille à leur forme originelle (cf. Mc 10, 1-12). La famille et le mariage ont été rachetés par le Christ (cf. Ep 5, 2132), restaurés à l’image de la Très Sainte Trinité, mystère d’où jaillit tout amour véritable.


L’alliance sponsale, inaugurée dans la création et révélée dans l’histoire du salut, reçoit la pleine révélation de sa signification dans le Christ et dans son Église. Du Christ, à travers l’Église, le mariage et la famille reçoivent la grâce nécessaire pour témoigner de l’amour de Dieu et vivre la vie de communion. L’Évangile de la famille traverse l’histoire du monde depuis la création de l’homme à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26-27) jusqu’à l’accomplissement du mystère de l’Alliance dans le Christ à la fin des siècles avec les noces de l’Agneau (cf. Ap 19, 9) »(AL 63)


« L’exemple de Jésus est un paradigme pour l’Église. Le Fils de Dieu est venu dans le monde au sein d’une famille […]. Il a inauguré sa vie publique sous le signe de Cana, accompli lors d’un banquet de noces (cf. Jn 2, 1-11) […]. Il a partagé des moments quotidiens d’amitié avec la famille de Lazare et de ses sœurs (cf. Lc 10, 38) et avec la famille de Pierre (cf. Mt 8, 14). Il a écouté les pleurs des parents pour leurs enfants, leur rendant la vie (cf. Mc 5, 41 ; Lc 7, 14-15) et manifestant ainsi la véritable signification de la miséricorde, qui implique la restauration de l’Alliance (cf. Jean-Paul II, Dives in misericordia, n. 4). Ceci ressort clairement des rencontres avec la samaritaine (cf. Jn 4, 1-30) et avec la femme adultère (cf. Jn 8, 1-11), chez qui la perception du péché se réveille face à l’amour gratuit de Jésus ». (AL 64)


Questions pour aider au partage dans vos fraternités
1. Réfléchir et discuter sur comment nous, comme OFS, en particulier maris et femmes, nous avons donné au monde un témoignage de l’amour du Christ pour son Eglise.

2. En nous référant à l’art. 7 de la Règle OFS, sommes-nous capables d’identifier nos faiblesses humaines qui empêchent que ce changement radical de l'intérieur, la "Conversion", se vérifie en nous-mêmes, dans notre conjoint et dans nos familles ?

3. De quelle manière pouvons-nous, comme familles OFS, contribuer à apporter à la Société, “Miséricorde, Pardon et Paix” ?


Nous concluons la rencontre en priant ensemble la Prière à la Sainte Famille


Mai 2017.