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CONFERENCE DES ASSISTANTS SPIRITUELS GENERAUX OFS-JEFRA

2017-2                                                                                                       Année 24                                                                                                  nr. 94

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VIVRE LE CHARISME FRANCISCAIN SECULIER DANS LE MONDE CONTEMPORAIN

40 ans après Seraphicus Patriarca

« LE SEIGNEUR ME DONNA DES FRÈRES ET DES SŒURS » (cf. Test. 14) :

Les Franciscains Séculiers et le don de la Fraternité

Fr. Alfred Parambakathu, OFM Conv.

Introduction

Du 29 mai au 2 juin, s’est déroulé le « Capitolo generalissimo » (le chapitre général) de toutes les familles franciscaines de la région de l’Ombrie pour commémorer le cinquième centenaire de Ite vos. La « prophétie de la communion fraternelle » a été une expérience vécue à Foligno, en prenant conscience qu’il n’y a pas de vérité ni de crédibilité dans une spiritualité chrétienne qui ne devient pas communion fraternelle[1].

 

 

Cela signifierait que les franciscains ont encore un long chemin à parcourir sur les pas de François. La présente étude est un humble essai à comprendre ce que signifient les liens fraternels dans la vie d’un franciscain séculier. Nous prendrons au départ la vie et les écrits de saint François. Puis, nous poursuivrons avec la Règle et les Constitutions Générales de l’OFS.

 L’expérience fraternelle du frère François d’Assise

Les premières biographies de saint François d’Assise qui nous sont parvenues contiennent les récits des expériences fraternelles durant sa vie terrestre. Nous en avons beaucoup. Cependant, les savants franciscains actuels ont mis en évidence que le chemin de la vie fraternelle de François n’a pas toujours été un tapis de pétales de roses. Il y a eu des moments de joie, de sérénité et d’entente ainsi que des moments de mésentente, de tristesse et de douleur. Nous comprendrions mieux l’homme François si nous savons nous immerger dans son monde de souffrance. [2]

  • Dans les biographies

À partir des biographies officielles de saint François, particulièrement celles de Thomas de Celano, il est évident que François a eu une période tourmentée après sa conversion :  seul, il prenait soin des lépreux et reconstruisait des églises en ruine à Assise[3]. En 1208, ensemble avec les premiers disciples, Bernard de Quintavalle et Pierre Catane, ils consultent l’Évangile dans l’église Saint-Nicolas (3S 27-29; AP 10-11). En revêtant l’habit des pénitents, ils ont commencé leur première prédication apostolique. Au printemps suivant, le nombre de frères était à douze. Entre 1209 et 1210, le Pape Innocent III approuvait verbalement la Règle de vie « selon la forme du saint Évangile » (Test. 14). De Rivo-Torto, la fraternité s’est déplacée à Sainte-Marie-des-Anges de la Portioncule, où elle a grandi en nombre et en grâce, marquant ainsi la période d’or de « François et ses premiers compagnons » qui a duré presque dix ans.

À la suite d’une série d’événements, la sérénité de la fraternité a été perturbée. François renonce à la direction de l’Ordre durant le chapitre à l’automne de 1220, en la fête de saint Michel Archange[4]. Nous sommes dans la période d’une grande transition concernant la religion ou du mouvement des Pénitents d’Assise de l’Ordre des Frères Mineurs. François s’est engagé, avec l’aide de certains des ses frères, à transformer la toute première Règle de vie en une Règle officielle, d’où la première version fut présentée au Chapitre des Nattes en 1221. La Compilation d’Assise raconte avec vivacité les moments des discussions discordants sur la nouvelle Règle entre François et « certains frères critiques » (CA 18). La discussion se termine brusquement avec les mots de François : « Mes frères, mes frères, Dieu m’a appelé par la voie de la simplicité et m’a montré la voie de la simplicité. Je ne veux pas que vous me parliez de quelques règles que ce soit, ni celle de saint Augustin, ni de saint Bernard, ni de saint Benoît. Et le Seigneur m’a dit qu’il voulait que je sois, moi, un nouveau fou dans le monde … » Les tensions, concernant la Règle, sont surmontées en 1223 avec l’approbation papale reçue le 29 novembre de la même année. Mais la tragédie personnelle de François se poursuit. Pendant cette période, nous trouvons un François errant les ermitages dans les bois avec une poignée de compagnons. Il s’est éloigné du courant principal de l’Ordre[5].

Cependant, nous retrouvons un François très différent après les stigmates. Il découvre la « vraie et parfaite joie » auprès de Jésus crucifié. On ne se limiterait pas à se rendre « au couvent des Crucigères » comme le frère dans le récit de la « vraie et parfaite joie ». Le changement d’attitude chez François se manifeste dans ses derniers écrits, desquel nous prenons en considération La Lettre à Frère Léon et le Testament. Ces derniers reflètent les dernières pensées de François sur la fraternité.

  • La Lettre à Frère Léon

La lettre à Frère Léon, l’une des trois autographes de François qui nous sont parvenues qui, peut être subdivisée en deux parties (vv. 1-15 et vv. 16-19), a été écrite en deux moments différents. Dans la première partie, avant de donner un résumé de « tout ce que nous avons dit en chemin », François dit au Frère Léon, « puis, tu ne devrais plus demander d’autres conseils ». François semblait fatigué des disciples qui lui demandaient des conseils.  Mais la dureté de François aurait heurté frère Léon. Ayant compris, François a ajouté les quatre dernières lignes : « Si c’est nécessaire pour ton âme ou pour la consolation de ton cœur, et si tu désirais simplement, Léon, venir me voir, viens ! » Les études ont démontré que les quatre dernières lignes ont été ajoutées après que les quinze premières ont été composées. La plume qui a servi aux lignes 16-19 est différente de celle qui a servi pour les lignes 1-15. L’écriture des lignes 16-19 semble aussi plus soignée.[6] Nous pouvons supposer que ces quatre dernières lignes ont été écrites lorsque François avait déjà les stigmates ! François devient de plus en plus fraternel envers ses frères !

  • Dans le Testament

Dans le Testament, François, moribond, se souvient des premiers jours de la vie. Le corps stigmatisé de François est sur le point de se rendre à son dernier repos, et son âme, à la toute fin, les derniers mots sont prononcés en forme de Testament. Après avoir mentionné sa rencontre avec les lépreux qui l’a conduit à la conversion et la foi en les églises et les prêtres, François parle de l’arrivée de ses frères en ces termes : « Et après que le Seigneur m’eut donné des frères … ». Toutes les tourments et les difficultés qu’il a souffert de la part de ses frères sont encore vives dans sa pensée. Toutefois, c’est avec joie qu’il voit l’arrivée des premiers frères comme « une grâce du Seigneur ». La vie de sa fraternité jaillit de la grâce acceptée avec foi, une foi qui eût ses débuts parmi les lépreux (1-3), transformée dans la prière devant la croix de Jésus Christ (4-5), vécue grâce aux sacrements de l’Église (6-13), et structurée selon la forme du Saint Évangile (14) [7]. Ainsi, à la fin de sa vie, François présente dans son Testament trois caractéristiques distinctives de la vie fraternelle franciscaine :

  • Inspirée par le Saint Évangile, c’est donc une grâce divine (14)
  • Confirmée par l’Église, c’est donc divinement institué (15)
  • Vécue dans la pauvreté absolue, c’est donc une dépendance totale à la Providence divine (16-22)

 

Ainsi, la fraternité Franciscaine doit être inspirée par Dieu, confirmée par l’Église et vécue dans la pauvreté de la meilleure manière lorsque les frères et sœurs ont vraiment besoin les uns des autres. Ces trois facteurs obligent François à oublier toutes les difficultés et lui permettent de dire à la fin de sa vie que la vie fraternelle est un don de Dieu.

François vit dans une société totalement différente[8]: la société est plus urbaine et commerçante, dans laquelle les relations sociales ne sont pas de subordination à un seigneur, mais découlent d’associations entre citoyens. Fils de ce nouveau contexte social, François est très sensible à certaines valeurs humaines et évangéliques qu’avait laissé dans l’ombre l’ancien monachisme. Ainsi, presque spontanément, la nouvelle communauté qui a grandi autour de lui est sous le signe de la fraternité : tous ceux qui en font partis sont également tous frères. La jeune communauté est, au sens fort du mot, une fraternité. Redécouvert dans la force originale et évangélique, le mot frater les distingue des moines et des chanoines[9]. C’est un style nouveau et original par la relation humaine dans un groupe religieux et ce lien humain est proposé aux disciples et aussi à tous les franciscains séculiers.

  1. La vie Fraternelle dans la Règle et les Constitutions Générales des Séculiers

La nouvelle Règle des franciscains séculiers a incorporé l’esprit de saint François concernant la fraternité. En effet, François utilise une seule fois le mot « Ordre » (Ordo) dans ses Écrits, pour décrire sa fondation, préférant les termes religeux – appliqués à n’importe quels mouvements religieux – spécialement le mot « fraternité » (fraternitas) ou « vie » (vita). [10] Dans la Règle de 1978, le mot « fraternité » apparaît 13 fois et l’adjectif « fraternel » apparaît 4 fois. Pareillement, le mot « famille » apparait 6 fois et le mot « communauté » apparaît 6 fois. Mais le mot « Ordre » apparait 5 fois. [11] Ainsi, l’orientation de la Règle est évidente.

  • Christ : le centre des relations fraternelles

L’objectif absolu du franciscain séculier est d’imiter François, qui a fait du Christ l’inspirateur et le centre de sa vie avec Dieu et les hommes (Règle 4). Ainsi le Christ devient le centre de nos relations avec Dieu et avec l’homme. Les relations avec les frères et sœurs occupent une première place dans la vie d’un franciscain séculier dans la rencontre avec la personne du Christ. La priorité n’est pas occasionnelle : « Ils chercheront à découvrir la personne vivante et agissante du Christ dans leurs frères, dans la sainte Écriture, dans l’Église, dans la liturgie. » (Règle 5) Ainsi, c’est d’abord dans les relations fraternelles que le franciscain séculier doit découvrir le Christ. Et en plus, « la spiritualité du Franciscain séculier est un projet de vie centré sur la personne du Christ, en suivant ses traces … » (CG 9,1). À moins qu’ils ne soient pas en mesure de voir « tout homme comme un don du Seigneur et une image du Christ » (Règle 13),

2.2 Pureté du Cœur : source des relations fraternelles

Pourquoi supportons-nous tant à vivre l’unité fraternelle ? En dépit des enseignements et des exemples qui nous sont donnés, si les séculiers ont beaucoup de difficultés à vivre une véritable fraternité, c’est à cause du manque de la liberté intérieure qui vient de la pureté du cœur. La Règle dit : « témoins du monde à venir et fidèles à leur vocation, ils s’efforceront d’acquérir la pureté du cœur, afin d’être plus libres pour aimer Dieu et leurs frères. » (Règle 12).  C’est donc la pureté du cœur ou « changement intérieur radical » (Règle 7) qui donne la liberté intérieure de s’aimer les uns les autres. Les Constitutions Générales considérent la pureté de cœur comme « source de la vraie fraternité » (CG 15,4). La paix tant désirée peut être atteinte seulement par « la réconciliation et l’amour fraternel » (CG 23,1).

  • La Vocation à l’OFS est une vocation à la vie fraternelle

Les Franciscains séculiers sont « appelés à construire un monde plus fraternel et plus évangélique … » (Règle 14). Vivre dans la communion fraternelle fait partie de leur vocation. Cette vérité est soulignée par les Constitutions Générales où il est dit : « la vocation à l’OFS est une vocation à vivre l’Évangile en communion fraternelle » (CG 3,3). S’efforçant à construire la fraternité parmi tous les hommes (cf. CG 18,3) et avec toutes les créatures (cf. CG 12,1) est le cœur de leur vocation. Par-dessus tout, il y a leur « union vitale » avec tous les autres membres de la Famille Franciscaine (cf CG 1).

 Comme leur père et fondateur, saint François, ils rencontreront naturellement des difficultés liées à la vie commune en fraternité. Comme nous l’avons souligné précédemment, c’est de la même manière que nous devons découvrir dans « Le Christ, pauvre et crucifié », « la valeur des contradictions pour la cause de la justice et le sens des difficultés et des croix de la vie quotidienne » (CG 10).

Conclusions

François n’a pas donné au monde un nouvelle doctrine ; il n’a pas proposé ni une nouvelle interprétation théologique. Néanmoins, sa vie apporte une lumière et une force de renouvellement qui doivent encore être réalisées. Cette lumière et cette force viennent d’un retour à l’Évangile et qui donne naissance au mouvement de la vie fraternelle. François veut dire que Dieu prend naissance là où commence une authentique fraternité humaine. Les hommes et les femmes d’aujourd’hui cherchent des relations authentiques dont ils reconnaissent des traits en saint François. Le plus grand défi pour un franciscain, aujourd’hui, c’est de vivre en fraternité. Celui qui n’est pas fraternel n’est pas un franciscain.

NOUVELLES – CHAPITRES – VISITES – RÉUNIONS

Bali, Indonésie – 5e Congrès OFS-JeFra Asie-Océanie

Le 5e Congrès Asie-Océanie a eu lieu à Bali, Indonésie du 20 au 27 avril 2017, avec 81 représentants provenant de 16 pays. Seuls deux pays : Papua, Nouvelle-Guinée et Singapore n’ont pas été représentés. Le Congrès a été bien organisé dans tous les détails. Le thème principal était : « La conversion quotidienne ». Un tel mot-clé doit être vécu, comme la prière quotidienne, lorsque nous voulons vivre sérieusement notre vocation selon la Règle et les Constitutions Générales. Le défi que nous rencontrons souvent est : le désir personnel dans notre vie, dans la fraternité, dans notre cheminement vocationel.

Le congrès a débuté avec la célébration eucharistique, présidée par Mgr Silvester San, évêque de Denpasar. La chorale a rehaussé la solennité de la célébration. Il y a eu une danse fascinante traditionelle de Bali pendant l’offertoire. Les délégués ont été chaleureusement accueillis par Hendro et Augustine, suivi par le discours d’ouverture de Tibor.

Les 81 participants de : Indonésie (13), Malaisie (16), Taiwan (4), Sri Lanka (3), Nouvelle-Zélande (4), Thaïlande (2), Inde (2), Australie (3), Chine (4), Hong-Kong (2), Japon (1), Korée (5), Myanmar (1), Pakistan (1), Philippines (6), Vietnam (8) et CIOFS (7). Il y a eu sept présentations avec les thèmes suivants : la formation, la communication, la famille, comment gérer l’OFS, les finances, l’administration des membres et la JPIC. Après chaque présentation, il y avait des carrefours et, ensuite, les résumés étaient présentés en plénière. Nous avons aussi parlé de la JeFra, du « Projet-Chine », du viellissement et de la minorité.

Les participants ont eu la posibilité de participer à une visite guidée pour mieux connaître la culture du pays. Chaque soir, la Fraternité franciscaine s’est manifestée par les chants et les danses de la part des participants provenant des différentes cultures. Une soirée a été consacrée à tous les assistants spirituels présents. Il y avait 11 assistants en plus des frères Amando et Alfred.

Cela a été un moment de partage fraternel où nous avons vécu des moments de réflexion, de prière, d’études, de discussions, de projets pour l’avenir, et surtout, de la vie. Un tel congrès saura demeurer pour toujours dans nos souvenirs.

Philippines – Chapitre national électif

Le chapitre national électif des Philippines a eu lieu du 29 avril au 3 mai 2017 à la maison de retraite « House of Silence » Lower Busay, Lahug. La messe inaugurale a été présidée par l’archevêque de Cebu, S.E. Jose S. Palma, D.D. Le thème du chapitre a guidé les délégués : « le rôle de l’OFS comme participants et agents à la réalisation de la communion des communautés ». Le thème était en lien avec le thème national recouvrant les neuf années de la Nouvelle Évangélisation de l’Église des Philippines tout en commémorant les 500 ans de l’arrivée de l’Évangile aux Philippines. 

 

Le chapitre a été présidé par Augustine Young Hak Yoon OFS, conseiller de la Présidence, assisté par le frère Elson M. Songson, OFM, délégué de la CAS. L’assistant spirituel national, frère José M. Litigio, OFM, a été présent tout au long de la célébration du chapitre avec les représentants des frères conventuels, capucins et TOR. Par la suite, le thème, ci-haut mentionné, est revenu dans le rapport sur « Les priorités de l’OFS des Philippines pour 2017-2020 ».  Les élections eurent lieu le premier mai avec 48 capitulaires ayant droit de vote. Belinda B. Inao fut élue ministre nationale, Maria Yvonne M. Lanuza, conseillère internationale et Rowena R. Diaz, son substitut. Le dernier jour du chapitre a été dédié à la présentation et approbation des priorités de l’OFS pour 2017-2020. Ce fut un chapitre bien conduit avec une bonne participation dans un climat très fraternel.

Bosnie et Herzégovine – Chapitre national électif

Le chapitre national électif de Bosnie et Herzégovine a eu lieu au Centre des retraites des Sœurs Franciscaines à Bijelo Polje, près de Monstar (Herzégovine), du 5 au 7 mai 2017. Au total, il y avait 31 participants avec le frère Domagoj Šimić, OFM, assistant spiritual national. Le chapitre fut présidé par Ana Fruk, conseillère de la Présidence avec l’assistant national de la Croatie, Fr. Zvonimir Brusač, TOR, délégué par la CAS. Au même moment et au même lieu, il y a eu l’assemblée national électif de la JeFra. Dans la première partie du chapitre, les rapports des ministres régionaux (Bosnie et Herzégovine) furent présentés ensembles avec le rapport triennal du ministre national. Matea Galić fut élu ministre national (deuxième mandat – Herzégovine) et Božica Ivanković fut élu conseiller international (Herzégovine). Les capitulaires ont approuvé beaucoup de décisions pour le triennat 2017-2020.

Les membres de l’OFS et de la JeFra, ensemble, priaient et célébraient l’eucharistie. Les célébrations eucharistiques furent présidées par les frères : DomagojŠimić, OFM, assistant spirituel national (premier jour), Antonio Šakota, OFM, assistant national pour la JeFra (deuxième jour) ; ZvonimirBrusač, TOR, délégué de la CAS, (3° jour). Le deuxième jour, le frère Antonio Šakota a tenu une conférence sur l’hymne à la charité de saint Paul Apôtre. Dans la fraternité nationale, il y a 44 fraternités locales ; (30 en Bosnie, 14 en Herzégovine, et 3 Fraternités émergeantes).

Roumanie – Chapitre national électif                            

Le chapitre national électif de l’OFS de la Roumanie a eu lieu du 18 au 20 Février, 2017 au couvent des frères mineurs de l’Église francicaine de Csíksomyó en Miercurea Ciuc, dans la région de Transylvanie. Le chapitre a été présidé par Attilio Galimberti, conseiller de la Présidence, assisté par le frère Alfred Parambakathu, OFM Conv., membre de la CAS. Le chapitre a commencé avec la célébration des Vêpres avec une méditation d’une heure avant le dîner. La messe inaugurale a été présidée par le frère Lucian Dumca, custode des capucins, au deuxième jour. Celina Francau, la ministre nationale sortant, a présenté un bref rapport des dernières trois années de la fraternité nationale. Il y a 47 fraternités locales, réparties en 3 fraternitésrégionales. Il y a environ 1200 membres profès, parmi lesquels seulement 700-800 sont actifs. Les élections ont été faites dans l’après midi du deuxième jour. Parmi les 57 membres ayant droit de vote, 42 furent présents. Tibor Penu Szilard fut élu ministre national (premier mandat) et Lelina Francau fut élue conseillère internationale. Le dernier jour, la messe fut présidée par le frère Szaboncs Orban, ministre provincial, OFM, et le frère Teofil Petrisor, ministre provincial des conventuel, a concélébré.

L’esprit franciscain de fraternité a régné durant le chapitre. Toutefois, la persistance des différences culturelles et politiques entre les deux groupes linguistiques (Roumain et Hongrois) a été ressentie. Il n’y a pas eu de discussions sur l’avenir de l’OFS ni de la JeFra. Les assistants spirituals des trois Ordres étaient présents.

Cannara – Dédicace des Deux places, procession à Piandarca et sainte Messe.

Le Dimanche 21 mai, la fraternité locale de l’OFS du bienheureux Lucio de Cannara, avec les citadins, le maire de la ville, les autres fraternités locales de la région, les représentants du conseil régional de l’Ombrie, les conseils national et international de l’OFS, a célébré la mémoire de l’institution du Tiers-Ordre Franciscain et la prédication aux oiseaux. Parmi les 200 participants, il y avait : Tibor Kauser, ministre général de l’OFS, Fabrizio Gareggia, maire de Cannara – PG, Don Francesco, curé de Cannara ; frère Jerzy Norel, OFM Conv., vicaire général ; les frères Pedro Zitha, OFM et Amando Trujillo Cano, TOR, assistants généraux de l’OFS-JeFra : Remo Di Pinto, ministre national de l’OFS, et les autres membres du conseil national de l’OFS. Au programme, il y avait la dédicace des deux places à Cannara, l’une au Tiers-Ordre franciscain, et l’autre à saint François d’Assise. Il y a eu un repas fraternel ; un pèlerinage à Piandarca, selon la tradition, le lieu de la prédication de François aux oiseaux. La messe de clôture fut présidée par le frère Amando.

L’Alverna, Italie – VIe Chapitre national électif

Le VIe chapitre national électif de l’OFS de l’Italie a eu lieu au sanctuaire de l’Alverne (AR), du 1er au 4 juin 2017. Il a été présidé par Ana Fruk, conseillère de la Présidence et déléguée du Ministre général. Elle était accompagnée par le frère Amando Trujillo Cano, TOR, assistant général de l’OFS-JeFra. Le frère Pedro Zitha, OFM, nouvel assistant général, était aussi présent. Le thème du chapitre était : « Maintenant, puisez et portez-en au maître du banquet » (Jn 2, 8). [Cela résume l’esprit qui a guidé les réunions préparatives au Chapitre.] 46 capitulaires étaient présents sur les 48 convoqués. Il y avait une trentaine d’observateurs, y compris quelques membres de la JeFra, les quatre assistants nationaux : les frères Giorgio Tufano, OFM Conv. ; Roberto Francavilla, OFM Cap. ; Lorenzo Scafuro, OFM et Antonio Morichetti, TOR, président en service avec quelques assistant régionaux.

L’eucharistie d’ouverture a été présidée par le frère Lorenzo Scafuro. Après les rapports du ministre sortant, Remo di Pinto ; de l’assistant national, le frère Giorgio Tufano et du trésorier, Marcello Allegro ; la Présidence du chapitre a dû affronter les défis soulevés avant de poursuivre le chapitre. Grâce à Dieu et au dialogue fraternel, tout a été surmonté. Les élections ont eu lieu le samedi le 3 juin.  Paola Braggion fut élue ministre nationale et conseillère internationale. Ana Fruk a confirmé l’élection de la nouvelle ministre et du nouveau conseil national.  La messe de clôture fut présidée par le frère Amando. Les capitualires ont aussi participé aux célébrations liturgiques avec les frères du Sanctuaire. Le chapitre s’est déroulé dans un esprit de fraternité, de prière, de discussions et de récréations joyeuses. La session de clôture s’est déroulée dans un dialogue avec l’assemblée et le nouveau conseil ainsi que la ministre nationale.

Singapore – Chapitre national électif

Le chapitre national électif de l’OFS, à Singapore s’est tenu du 2 au 4 Juin 2017, au Centre de Spiritualité des Frères Mineurs, San Damiano, près de l’église franciscaine, St. Mary of the Angels, Bukit Batok. Jusque là, la fraternité nationale de Singapore était rattachée à la Malaysie. Avec ce chapitre, les deux sont devenues des fraternités nationales émergeantes.

Le chapitre fut présidé par Tibor Kauser, ministre général de l’OFS, assisté du frère Alfred Parambakathu, OFM Conv., membre de la CAS. Il y avait 27 capitulaires. Janet Lim fut élu ministre national (premier mandat), et Christian Padman fut élu vice-ministre. Lors de la messe du 3 Juin, présidée par le frère Alfred et comme concélébrant, le frère John Wong, OFM, Custos de Malaysie-Singapore-Brunai, Tibor Kauser a installé le nouveau conseil national. Le jour suivant, le frère Alfred et Tibor ont tenu une rencontre avec le nouveau conseil.

Malaisie – Chapitre national électif

Le chapitre national de l’OFS de la Malaisie s’est tenu du 9 au 11 Juin 2017, au Centre des retraites de l’église St. Pio, Bundu Tuhan Ranau, dans la région de Sabah. Avant le chapitre, nous avons rencontré l’Archevêque de Kota Kinabalu, Mgr, John Wong.

Le chapitre fut présidé par Tibor Kauser, ministre général de l’OFS, assisté par le frère Alfred Parambakathu, OFM Conv., membre de la CAS. 73 séculiers ont participé au chapitre parmi lesquels 39 capitulaires. Il y avait aussi 5 Sœurs Franciscaines, très dévouées, qui accompagnent la fraternité comme assistantes spirituelles. Marina Jean Anjuman fut élue ministre nationale (premier mandat) ; et Deva Sayalam fut élu vice-ministre. Pendant la messe dominicale du 11 Juin, présidée par le frère Alfred, Tibor Kauser a installé le nouveau conseil national. 

Pays-Bas – Chapitre national électif

Le chapitre national électif de l’OFS des Pays-Bas a eu lieu du 9 au 11 Juin 2017 au Huiz Elizabeith à Denekamp. Une cinquantaine des participants ont pris part à ce rendez-vous fraternel national parmi lesquels des capitulaires ayant droit de vote (17) ; des assistants spirituels et observateurs (19) ; des techniciens et autres invités (4) ; et les délégués du CIOFS. Le premier jour a été marqué par une conférence du théologien Erik Borgman, laïc dominicain et professeur à Tilbur, sur le thème « Comment gérer les blessures en nous-mêmes ». La matinée du deuxième jour fut dédiée au rapport triennal du ministre national sortant ainsi qu’à l’élaboration des priorités pour le prochain triennat. Ce moment a été coordonné par le frère Rob Hoogenboom, OFM, ministre provincial. Samedi le 10, l’après-midi a été consacré aux élections du nouveau conseil. Cette session a été présidée par Màrton Beke, OFS, déléguée par Tibor Kauser, ministre général de l’OFS. Il a été assisté par le frère Francis Bongajum Dor, assistant général de l’OFS-JeFra.

Theo Reuling a été élu ministre national, Mariette Fleur, conseillère internationale et Michel Versteegh, conseiller international comme substitut. Après l’élection du nouveau conseil, le frère Rob Hoogenboom, OFM, a présidé la messe d’action de grâce et le nouveau conseil a été installé par Màrton Beke. Le frère Francis a fait l’homélie.

Le chapitre a été bien préparé et coordonné dans ses détails : les travaux, la liturgie, les repas, les textes ainsi que l’accueil et le départ des participants. Pour les élections, il n’y avait qu’un seul candidat pour chaque poste, dû au nombre très réduit des membres et de l’âge très avancé d’un grand nombre. Màrton et le frère Francis sont très reconnaissants au conseil ainsi qu’aux frères mineurs de Amsterdam pour leur accueil.

Abidjan – Côte d’Ivoire : Cours de formation – Projet-Afrique

Le premier cours de formation prévu par le comité Projet-Afrique pour les pays de la sous région Ouest de l’Afrique, s’est tenue comme prévu du 14 au 17 Juin 2017, au Centre de Spiritualité Saint- Padre Pio des Capucins à Angré-Abidjan. Il y avait 45 participants provenant de 4 pays différents : le Burkina Faso, Bénin, Togo et Côte d’Ivoire. Le thème principal était : « Le charisme franciscain et l’Église - Va, répare ma maison ». La messe d’ouverture a été présidée par S.E. Paul Siméon Ahawana, OFM, Archevêque de Bouaké ; une célébration dans laquelle a pris part également les frères Capucins réunis en Chapitre. Dans son homélie, le prélat franciscain disait que les Franciscains ont reçu la mission de proclamer l’Évangile de la fraternité, et il a souligné l’importance de témoigner la vie fraternelle et dans l’église locale et dans la société africaine. Les conférrences furent animées par Michel Janian, OFS, conseiller de la Présidence ; le frère. Paul Zipki, OFM, vicaire provincial de la province du Verbe Incarné ; Adolph et Marie-Antoinette Assagba ; et le frère Francis Bongajum Dor, OFM Cap., assistant général de l’OFS-JeFra. Lors de ces conférences, les thèmes étaient : la formation, animer et conduire une fraternité, la doctrine sociale de l’Église, la famille, le budget, la communication et le chapitre.

Au même moment, le frère Francis fit une intervention aux frères capucins réunis en chapitre sur la mission des frères auprès de l’OFS. Le dernier jour, après la messe de clôture, les participants ont tous reçu une attestation de participation et la session s’est terminée par un pèlerinage au Sanctuaire national « Notre-Dame d'Afrique, Mère de toute Grâce », où il a été fait un acte de consécration des Fraternités à la Madonne. La dernière étape de ces journées de partage a été la visite à la fraternité des frères mineurs à Ébimpé-Abidjan pour prier sur le tombeau du frère Daniel, OFM, assistant de l’OFS, plein de zèle, connu par nombreux membres du Togo, décédé depuis peu. Après un moment festif de musique et de danse, cela s’est terminé par une prère et une bénédiction par le frère Paul Zipki, supérieur de la communauté. Les participants se sont séparés en se donnant un baiser fraternel de paix et bien.

Par la grâce de Dieu et la contribution de plusieurs, cette première session de formation fut un grand succès, vu le nombre des participants et l’évaluation finale. Beaucoup ont apprécié le livret de la formation que le « Projet-Afrique » a donné ainsi que le contenu des conférences. Quelques élements devront être améliorés. L’équipe de coordination conduit par Christophe Lobognon, OFS, a réalisé un travail indispensable pour la réussite de l’atelier. La participation des assistants nationaux et locaux a été importante. À l’occasion du colloque, l’idée est venue d’organiser un cours de formation spécifiquement pour les assistants de l’OFS-JeFra. L’équipe de coordination de l’OFS-JeFra exprime sa reconnaissance au CIOFS, à la Missionszentrale der Franziskaner (MZF) - Bonn, ainsi qu’à la Fraternité nationale de l’OFS des États-Unis pour leurs contributions au financement de la session.

 

[1] Cf. D. Paoletti, La profezia della fraternità e della semplicità. Il Capitolo generalissimo dei francescani umbri: una memoria abitata in San Bonaventura informa, (anno IV, no. 53), p. 8 (http.//www.seraphicum.org/)

[2]Des études comme G.G. Merlo, Nel nome di San Francesco, Padova 2003 ; J. Dalarun, La Malavventura di Francesco d’Assisi, Milano 1996 ; T. Desbonnets, De l’intuition à l’Institution, sont quelques exemples d’études faites dans ce sens.

[3]Cf. 1C, 16-17. Les études démontrent que durant quelques 3 à 4 ans, François vivait proche des lépreux, peut-être à l’hôpital-léproserie de Saint-Rufin d’Arce près de la Portioncule ou Saint-Laurent, proche de Rivo-Torto, ou Saint- Sauveur-des-Murs. Durant cette période, vêtu en ermite, François répare Saint-Damien, Saint-Pierre et Sainte-Marie-de la-Portioncule comme le démontre le 3S 16-24.

[4] Nous pouvons seulement citer quelques moments critiques à ce propos. En 1219, François se rend en Terre-Sainte, en nommant comme vicaires Mathieu de Narni et Grégoire de Naple. L’histoire confirme que les deux frères convoquèrent « Le Chapitre des Seniores » en introduisant quelques pratiques monastiques d’ascétisme et des structures d’autorité. Phillippe le Grand, à qui François confia le soin des Pauvres Dames de Saint-Damien, obtint de la Curie Romaine quelques privilèges pour elles. Un autre Frère, Jean de Capella, établit une Communauté « exprès » pour ceux qui servaient les lépreux. Tout cela a conduit François à demander l’aide du Siège Apostolique en obtenant ainsi le Cardinal Hugolin comme Cardinal Protecteur de l’Ordre. Et nous avons le premier document papal adressé à frère François et à son Ordre, nommé Cum secundum. Pour une étude critique de cette période, les lecteurs peuvent se référer aux deux études récentes : R. J. Armstrong, Novellus pazzus in mundo. The call to follishness in CF (79) 2009, 469-486; S. Brufani, Ordinem secundum sua statute reformavit. Francesco d’Assisi nella crisi del’20 in Franciscana (XV) 2013, 1-47.

[5]En plus des ouvrages déjà cités, (note 1) les auteurs qui ont récemment porté une attention à la crise que François a dû traversé durant cette période : A. Vauchez, Francis of Assisi. The life and afterlife of a medieval saint, London 2012 (especially pp. 122-135) et A. Thompson, Francis of Assisi.A new Biography, London 2012 (spéciallement pp. 72-125). Il y a des paroles que saint François a dites à un moment sont emblématiques : « Qui sont-ils, ceux qui m’ont arraché des mes mains mon Ordre et mes frères ? Si je vis jusqu’au chapitre, je leur montrerai bien quelle est ma volonté ! »  (CA 44; 2C 188).

[6]Cf. M. W Blastic (et all. Ed.) The Writings of Francis of Assisi. Letters and Prayers (Vol I), New York 2011, p. 87. Le texte de cette lettre est cité du même livre.  Bartoli Langeli retient que les quatre dernières lignes aient été écrites sur quelque chose que François ou quelqu’un d’autre aurait effacé et que en bas de la lettre du côté gauche, on peut encore identifier un Tau. Cfr. Gli autografi di frate Francesco e di frate Leone, Turnhout: Brepols, 2000, 45-46.

[7]Cf. M. W Blastic (et all.  Ed.) The Writings of Francis of Assisi, 246.

[8]Ici, la comparaison est avec le context social du monachisme, qui fut implanté dans une société essenciellement rurale, caractérisé par la stabilité. Un monastère Bénédictin était lié à un morceau de terrain duquel venait la subsistence. Raison pour laquelle il était naturellement inséré dans le systeme féodal de l’époque et en partageait le système de gouvernement et de relations sociales. L’Abbé ne gouvernait pas seulement les moines, mais toutes les familles des agriculteurs qui vivaient et travaillaient sur le terrain du monastère.

[9]Cf. E. Leclerc, La fraternità come testamento, Milano, 2016, 60-61

[10]A. Vauchez, Francis of Assisi, 297.

[11]La parole « Fraternité » apparaît dans les articles 2 (2 fois), 20 (2), 22, 23 (2), 24, 25 (3), 26; « famille » dans Art.1(2), 2, 9, 11, 17; « fraternel » dans Art.14, 1, 23, 26; « communauté » dans Art. 13, 16, 21, 22, 23, 24 et « ordre » dans Art. 2, 20, 22, 23 (2).