Conseil International de l’OFS - Édition Trimestriel
Vol. 4- N. 1 - 2009 - Février

 

Un jeune participant témoigne
au Chapitre Général de l'ofs à Budapest en 2008

« Si vous coupez une photographie en deux, chaque partie ne montrera qu’une partie de l'image. Mais si vous divisez un hologramme, chaque partie montrera l'image dans sa totalité peu importe sa dimension ».
(P. Senge, La cinquième discipline)

Chers frères et sœurs,

La comparaison de l'hologramme me fascine. Elle est actuellement, selon moi, ce qui illustre le mieux l’aspect international de l'Ordre Franciscain Séculier (OFS). Cette image me fascine profondément, parce qu'elle me rappelle la particule du tout indivisible qu’est l’hostie consacrée. Peu importe la dimension de la particule, chacune contient le même Corps du Christ.

L'Ordre Franciscain Séculier d'aujourd'hui se doit de retrouver le vrai sens de l'identité et de l'appartenance. Emmanuela De Nunzio l’a rappelé aux capitulaires : « Toute discussion concernant l'appartenance est intimement liée à celle d’identité et la présuppose. […] Point d'identité sans appartenance et point d'appartenance sans identité. Les deux sont distinctes, mais se compénètrent essentiellement. On ne peut donc parler d'appartenance sans parler d'identité ou conscience de soi-même et différence d’avec les autres » .

Quoique divisé, l'hologramme permet de voir réellement la même image, mais sous un angle différent. C’est remarquable surtout à l’occasion d’un Chapitre Général. Après avoir échangé avec les capitulaires, j’ai pris de plus en plus conscience de l'identité OFS de chacun, en plus de la conception et de l’aspect propres de l’OFS. Le sens de l'appartenance est si vivant chez les frères, leur engagement est tel que l’identité de l'Ordre est pour chacun comme la trame musicale qui sous-tend toute sa vie.

Participer au Chapitre me fut une grâce indicible !

Je remercie le Conseil présidentiel de m'avoir donné non seulement la chance de participer au Chapitre, mais surtout l'occasion de témoigner de la merveilleuse appartenance à une famille si riche en tant de façons.
Budapest me fut une agréable surprise. Je me suis rendu compte ici que toutes mes attentes étaient fausses. J'avoue honnêtement qu'à 30 ans, après avoir voué 15 ans de ma vie à la Jeunesse franciscaine, je fus saisi de rencontrer ici des hommes et des femmes de 50 et 60 ans qui débordent d’idées et d'énergie. J'avais toujours cru que la lumière que je tenais de milliers de jeunes était quelque chose d’unique et d’insurpassable. J'étais dans l'erreur. Je sais maintenant que cette lumière, si elle est réelle, ne peut s'obscurcir. Elle doit vraiment avoir la puissance d’éliminer toute ombre qui pourrait menacer la vue d’ensemble que nous avons sur le monde.

Le Seigneur fut généreux à mon endroit en me donnant d’expérimenter l'internationalisme franciscain dans la Jeunesse franciscaine.

En 1995, je rencontrai pour la première fois des frères et sœurs franciscains hors l'Italie au Troisième Chapitre Interobédientiel de la Jeunesse franciscaine à Pinarella du Cervia. Ce Chapitre était relié à l'événement EUROHOPE (Euro-espoir de paix), que souhaitait fortement le pape Jean-Paul II durant la guerre en ex-Yougoslavie. J'avais à peine 17 ans. Imaginez ce que cela peut signifier pour un jeune homme en amour avec François et amant des langues et des cultures étrangères. J’étudiais alors les langues pour pouvoir partager avec d’autres jeunes de Grande-Bretagne, de Malte, de Pologne et de France… À ce moment-là, la Jeunesse franciscaine n'avait pas encore pris son 'élan international', et la rencontre n’eut pas de lendemain. L'unité avait encore long à faire…  

En 2003, la vraie lumière s’alluma, – celle qui m'a permis de découvrir les coins et recoins de la maison –, lors du Troisième Congrès International de la Jeunesse franciscaine en Croatie et Slovénie. La joie issue du "partage universel réciproque" est pratiquement inexprimable.

Puis en 2005 vinrent la Première Rencontre Internationale à Cologne, la Quatrième Rencontre Européenne à Assise, la Première Assemblée Internationale à Barcelone, et finalement la Deuxième Rencontre Internationale à Sydney.

Mon intime collaboration avec les frères Ivan Matic, ofm, et Xavi Ramos, ofs, – respectivement Assistant et Conseiller international de la Jeunesse franciscaine –, m’a amené à rencontrer des frères et des soeurs du Conseil présidentiel, surtout Encarnacion del Pozo, une dame incroyablement maternelle et fraternelle. Avec elle, nous sommes entre bonnes mains et ce n'est pas par hasard qu'elle fut réélue à la quasi unanimité.
Mais à Budapest que faisais-je ?

Cela me fait rire, même s’il s’agissait d’un dur travail de 10 jours. Le secrétariat, les activités musicales, la traduction des débats et des communiqués de presse, la coordination de la commission de la communication et du web, tout cela m’a convaincu plus que jamais que je reçois toujours plus en donnant qu’en recevant.

J’étais tout ému quand les capitulaires étaient appelés à confirmer chacun sa propre disponibilité. On vivait tellement dans la paix et la sérénité. Encarnación Del Pozo et le canadien Doug Clorey, élu vice-ministre Général, sont venus main dans la main de leurs conjoints respectifs, devant tous les capitulaires, non seulement confirmer leur propre disponibilité, mais aussi celle de leur famille en support à l'Ordre. Se rend-t-on compte de l’implication de leur famille, de leur travail et de leur vie dans la réalisation d’une telle mission ?

Je vous dirai aujourd'hui toute l'attention que le Conseil international (CIOFS) porte à certains points.

Personnellement, j'aime les points qui occuperont nos six prochaines années. Réfléchir une fois de plus sur 'le sens de l'identité et de l'appartenance' à la lumière de la grâce de la Profession est vraiment de nature à contrer le relativisme et le subjectivisme qui sont si répandus de nos jours.

Amorcer un dialogue sur ce qui fera de nous des êtres plus authentiques selon l'esprit de notre mission.
Aujourd'hui, appartenance ne signifie plus 'prendre part à', mais 'faire partie de'. L'accent doit être mis sur l'être plutôt que sur le faire, car l'identité mène à l'action et non le contraire.
S'opposer au 'croire sans appartenir', ou croire en un Dieu qui ne nous demande pas plus que de ‘faire partie de son royaume'. À ce sujet, l'article 30.1 de nos Constitutions exprime très bien notre devoir : "Les frères sont coresponsables de la vie de la Fraternité à laquelle ils appartiennent et de l'OFS en tant qu’union organique de toutes les Fraternités répandues dans le monde". Et comme dans l'hologramme, nous faisons partie du grand tout où que nous soyons.
Concernant notre présence à travers le monde, Encarnita a insisté même auprès des Ministres Généraux du Premier Ordre : "Je suis convaincue que le Premier Ordre, le Second Ordre et le Troisième Ordre Régulier ont besoin de la lumière que nous pouvons offrir" – comme personnes complètement engagées – "dans les problèmes de la vie quotidienne concernant le travail, la famille, la politique, l'éducation et la science, sans oublier les situations d'extrême pauvreté et tous genres de malheur". Nous devons être fiers et conscients d'être le sel qui se mêle à toutes les situations de la vie quotidienne.

Cinq priorités résument le programme élaboré par les capitualires : 

1. Formation / Entraînement

2. Communication

3. Jeunesse franciscaine

4. Présence dans le monde

5. Émergence de Fraternités nationales

J’ajouterai une attention particulière concernant la communication et la Jeunesse franciscaine.

Communication. Dans le passé, la communication dans l’Ordre se bornait tout au plus à envoyer une 'lettre circulaire' d’information concernant les événements importants. La communication est devenue 'action'. On communique les moyens de vivre la communion de vie et de la faire connaître, de sorte que les autres puissent la vivre aussi. C'est le plus grand défi. Il ne faut pas séparer les deux au tout début, puisque l'entraînement à la communication sera nécessaire : elle est l'âme du partage.

La Jeunesse franciscaine. Il est bien de voir le CIOFS s’intéresser à la Jeunesse franciscaine. Ce qui m’importe davantage est de savoir comment il s’y prend. Encarnita a catégoriquement affirmé que "la Jeunesse franciscaine n'est pas l'avenir de l'Ordre, mais son présent". L'idée de jeunesse rend le franciscanisme apte à s'étendre géographiquement dans le monde, mais même au niveau des générations. Cela faisait déjà partie des priorités. Les six dernières années comptent beaucoup de réalisations à ce sujet. Il est temps que la Fraternité internationale s’implique, par la création d'un comité de coordination aidant à rehausser le sens de l'appartenance et aussi celui de l'identité parmi les jeunes.

Les saints et saintes Élisabeth, François et Claire, et surtout notre Père, m’ont obtenu la grâce de cette grande et présente opportunité qui m'a fait croître d'une façon très spéciale et unique, malgré mon indignité. Dieu seul sait la raison pour laquelle cette expérience me fut une bénédiction.

 

 

Cliquez ici pour envoyer ce message à un ami