Notes prises lors de l’adresse du Prof. Mario Cayota, OFS, à la
Présidence CIOFS
Lorsque
François parle du « monde », tout comme saint Jean il ne fait
pas allusion aux réalités temporelles en elles-mêmes, mais à
l’interprétation que l’on peut leur donner et à leur
classification suivant une échelle de valeurs qui n’est pas
celle de l'Évangile. Ainsi le détachement du monde signifie le
renoncement à un mode de vie, à la contamination d’un monde
matérialiste.

Le monde auquel
François et Claire nous exhortent à renoncer est celui qui
encourage et sacralise la violence, qui, par l’entremise d’une
société médiévale fortement divisée en classes, avait établi
d’injustes inégalités sociales. Un monde qui recherche honneur
et richesse, qui exalte le pouvoir en tant qu’accomplissement
personnel. C’est à ce monde, contraire à la volonté de Dieu et
aux valeurs prêchées par Jésus que les Franciscains doivent
renoncer. Non aux réalités temporelles, mais à ce monde là,
comme l’ont fait les premiers missionnaires franciscains
parvenus en Amérique. Arrivés aux « Indes », ils ont renoncé au
monde des conquérants marqué par le pillage et la cruauté. Et
ils ont suivi un chemin alternatif se référant non au
Christianisme européen, mais à la communauté chrétienne
primitive.
Le Franciscain,
qu’il soit religieux ou laïc, est toujours créateur
d'alternatives. Il recherche un chemin différent de celui que
propose ce monde. Pour les laïcs franciscains, ce sera
renoncer, entre autres, à la société de consommation, à
l'hédonisme, au relativisme, toutes tentations dont parle
beaucoup, et avec raison, sa Sainteté Benoît XVI. Renoncer aux
idéologies matérialistes qui, d'une façon ou d'une autre,
essayent de séduire. Le Franciscain, ne l’oublions pas, doit
toujours créer des alternatives. Il ne doit pas se conformer au
monde, refusant la compétition et le marché comme des valeurs
absolues, bien qu'il en reconnaisse la nécessité. Il ne peut se
conformer au monde d'aujourd'hui. Il doit donner le témoignage
d'une famille différente de celle que la société actuelle veut
nous vendre et nous imposer. Il ne peut être un suiveur. Il
doit, par sa vie, rendre témoignage des valeurs de l'Évangile,
si différentes de celles que présentent aujourd'hui la
télévision, les médias et même les législations.
Le Franciscain
doit s’approprier les espoirs et les inquiétudes du monde dans
lequel il vit, tout comme le faisait François. Il doit assumer
les défis qui lui sont faits et accepter tout ce qui est bon
dans le monde d’aujourd’hui. Il doit être de son temps, comme
François et Claire étaient de leur temps et même conditionnés
par leur culture… bien qu’ils l’aient, par discernement,
transcendée. Mais il doit aussi renoncer à ce qui, dans le
monde, s’oppose à l'Évangile, il doit se détacher du monde si
celui-ci lui propose une façon de vivre différente. Il en
découle un besoin de pénitence, de conversion, et de METANOIA.
Si
tout cela est bien connu, restent bien présentes à notre
esprit les questions:
Qu’est ce que « le Monde » pour le Franciscain ?
Que signifie pour lui renoncer au Monde ?
Quel compromis peut-il accepter dans le Monde contemporain ?
La confusion
entre ces concepts est beaucoup plus grande que l’on pense. Il
en résulte une démotivation qui induit l’individu à se
désintéresser, égoïstement et sous un voile de spiritualité, des
réalités temporelles. Les documents pontificaux et conciliaires,
nous enseignent que nous devons, en tant que laïcs, conduire
notre vie vers plus de justice et charité.
Et non … les ignorer.
Souvenons-nous, à ce sujet du clair commandement de Jésus:
SOYEZ LE SEL ET LA
LUMIÈRE DU MONDE.