Bulletin D'Information
Conseil International de l’OFS - Édition Trimestriel Vol. 3 - N. 1 - 2003 - Mars

Le Franciscain, créateur d'alternatives

Notes prises lors de l’adresse du Prof. Mario Cayota, OFS, à la Présidence CIOFS

Lorsque François parle du « monde », tout comme saint Jean il ne fait pas allusion aux réalités temporelles en elles-mêmes, mais à l’interprétation que l’on peut leur donner et à leur classification suivant une échelle de valeurs qui n’est pas celle de l'Évangile. Ainsi le détachement du monde signifie le renoncement à un mode de vie, à la contamination d’un monde matérialiste.

Le monde auquel François et Claire nous exhortent à renoncer est celui qui encourage et sacralise la violence, qui, par l’entremise d’une société médiévale fortement divisée en classes, avait établi d’injustes inégalités sociales. Un monde qui recherche honneur et richesse, qui exalte le pouvoir en tant qu’accomplissement personnel. C’est à ce monde, contraire à la volonté de Dieu et aux valeurs prêchées par Jésus que les Franciscains doivent renoncer. Non aux réalités temporelles, mais à ce monde là, comme l’ont fait les  premiers missionnaires franciscains parvenus en Amérique. Arrivés aux « Indes », ils ont renoncé au monde des conquérants marqué par le pillage et la cruauté. Et ils ont suivi un chemin alternatif se référant non au Christianisme européen, mais à la communauté chrétienne primitive.

Le Franciscain, qu’il soit religieux ou laïc, est toujours créateur d'alternatives. Il recherche un chemin différent de celui que propose ce monde.  Pour les laïcs franciscains, ce sera  renoncer, entre autres, à la société de consommation, à l'hédonisme, au relativisme, toutes tentations dont parle beaucoup, et avec raison, sa Sainteté Benoît XVI.  Renoncer aux idéologies matérialistes qui, d'une façon ou d'une autre, essayent de séduire.  Le Franciscain, ne l’oublions pas, doit toujours créer des alternatives.  Il ne doit pas se conformer au monde, refusant la compétition et le marché comme des valeurs absolues, bien qu'il en reconnaisse la nécessité.  Il ne peut se conformer au monde d'aujourd'hui. Il doit donner le témoignage d'une famille différente de celle que la société actuelle veut nous vendre et nous imposer.  Il ne peut être un suiveur. Il doit, par sa vie, rendre témoignage des valeurs de l'Évangile, si différentes de celles que présentent aujourd'hui la télévision, les médias et même les législations.

Le Franciscain doit s’approprier les espoirs et les inquiétudes du monde dans lequel il vit, tout comme le faisait François.  Il doit assumer les défis qui lui sont faits et accepter tout ce qui est bon dans le monde d’aujourd’hui. Il doit être de son temps, comme François et Claire étaient de leur temps et même conditionnés par leur culture… bien qu’ils l’aient, par discernement, transcendée.  Mais il doit aussi renoncer à ce qui, dans le monde, s’oppose à l'Évangile, il doit se détacher du monde si celui-ci lui propose une façon de vivre différente.  Il en découle un besoin de pénitence, de conversion, et de METANOIA.

Si tout cela est bien connu, restent bien présentes à notre esprit les questions:
Qu’est ce que « le Monde » pour le Franciscain ?
Que signifie pour lui renoncer au Monde ?
Quel compromis peut-il accepter dans le Monde contemporain ?

La confusion entre ces concepts est beaucoup plus grande que l’on pense.  Il en résulte une démotivation qui induit l’individu à se désintéresser, égoïstement et sous un voile de spiritualité, des réalités temporelles. Les documents pontificaux et conciliaires, nous enseignent que nous devons, en tant que laïcs, conduire notre vie vers plus de justice et charité. Et non … les ignorer.  Souvenons-nous, à ce sujet du clair commandement de Jésus:

SOYEZ LE SEL ET LA LUMIÈRE DU MONDE.

 

 

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