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Bulletin D'Information Vol. 1 - N. 2 - 2006 - Octobre |
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Deux Franciscaines séculiéres
consacrées, Caroline Banlanjo et Irène Tangwa, membres de la Fraternité OFS
Saint Antoine de Padoue de Shisong au Cameroun, se sont rendues en Ethiopie à
l’invitation de Frère Angelo Pagano, vice-provincial de la Province capucine
éthioptienne de Kidane Meheret. Cette invitation répondait à deux objectifs:
partager leur expérience avec deux jeunes femmes, Anna et Francesca qui, aidées
par le Frère capucin Angelo Antolini, curé
d'Embecho, cherchaient une forme de vie consacrée, et ranimer la vie de
l’OFS dans diverses régions du pays. Voici,
en résumé, comment Caroline et Irène
nous comptent leur extraordinaire aventure. Les premiers contacts furent
pris par leur participation à la
liturgie de Noël au village d'Embecho. Ils leur permirent de premières et Parmi les choses qui, par
leur étrangeté ou leur dureté, ont fait le plus appel à la résistance de Caroline et d’Irène, elles ont noté:
v
La visite de
pauvres demeures, partagées entre hommes et animaux, infestées d’insectes et
profondément crasseuses, et là, boire le thé ou le café offert au milieu des
mouches avec un morceau de pain noir que les vaches essaient de vous arracher
des mains... pour leur plus grand bonheur à elles;
v
La vision de
jeunes de 17 ou 18 ans subissant, nus, l’opération douloureuse de la
circoncision, et les dures confidences des filles qui ont subi l’excision,
juste avant ou juste après la cérémonie traditionnelle de leur mariage;
v La foule dans
les marchés locaux, ou toutes sortes de marchandises sont exposées à même la
terre poussiéreuse, dans un tourbillon de parfums et d’odeurs fortes, tandis
qu’acheteurs et vendeurs se livrent à d’infinis marchandages. ;
v
Tous ces gamins
incirconcis, de 10 ans et moins, bondissant de gauche et de droite, pour
examiner avec curiosité, plaisir et simplicté les deux étrangères, nullement
génés dans leur innocence d’être nus devant tout ce monde. De retour à Addis-Abeba où se
trouvait le reste de la mission éthiopienne de l’OFS, Caroline et Irène ont fortement contribué à
l’oeuvre d’adoption des orphelins de Frère Maurizio Golino. Il est difficile de
s’imaginer combien s’est augmenté le nombre des orphelins par la faute de guerres, famines, misère et
maintenant, de plus, du Sida. A entendre l’histoire de nombre d’entre-eux, à
comprendre les circonstances de la mort de leurs parents, il est souvent
surprenant qu’ils aient pu échapper à ce
destin terrible. Quelques-unes des mères sont mortes en donnant le jour, par
suite de complications dues à l’excision. Certains ont été, nouveau-nés, jetés
dans la rue et, trouvés encore en vie,
confiés au Centre d'adoption. La connaissance de toutes ces
chose a permis à Caroline et Irène de s’intégrer plus profondément dans la vie
quotidienne vraie de la population, par diverses activités organisées en
plusieurs endroits. Elles ont ainsi pu
mieux comprendre la mentalité des gens et trouver comment transmettre les valeurs
de l’OFS en une forme compatible avec de nouveaux frères et soeurs vivant dans
un contexte d'évangélisation fondamentale. Nombre de remarques de ceux
qui ont participé aux réunions OFS et
vécu pareilles expériences, indiquent que les deux “séminaristes”,
Caaroline Banlanjo et Irène Tangawa, sont arrivées au moment opportun, le
moment ou l’on a besoin de semences.
L’Ethiopie est une région d'évangélisation fondamentale et la mentalité des gens est que “l'Eglise,
c’est pour les prêtres et les religieux”. Lorsque les futurs Franciscans
séculiers seront formés ils pourront tenir leur rôle de laïcs dans une des
Eglises locales et témoigner de l’Evangile par leur mode de vie, avec sa
dimension chrétienne et franciscaine. Il y a chez beaucoup de personnes un
sentiment de vide, peut être suite à l’absence de possibilités d’améliorer leur
dignité humaine et leur vie chrétienne,
un vide qui pourrait être comblé s’ils accueillent, avec amour et joie,
les bases de la spiritualité de l’OFS pour les laïcs chrétiens. Quelques observations
concernant la dignité humaine:
v
Un point
important est l’habitude d’enfants mariés d’habiter avec leurs parents. Cette
coutume peut se comprendre, se voir comme une expression d'amour. D’un autre
point de vue, il peut en résulter paresse, manque d'intérêt dans la recherche
d’un changement de vie et d’habitation. Leur mode de vie, au sens profond, pourrait s’améliorer si chaque couple
cherchait sa propre demeure. Cela aiderait aussi à la dignité et à l'unité de
la famille.
v
Un deuxième point
est l’excision. Cette opération très douloureuse est très traumatisante pour
les femmes. Elle a, en outre, de graves conséquences physiologiques pour les
mères et leurs enfants.
v Un troisième
point est la forme de l’activité agricole en Ethiopie. Elle est exclusivement
aux mains des hommes, qui nourrissent leur famille des produits d’un sol
fertile. Donc les femmes, limitées aux activités domestiques, dépendent d’eux
pour leur alimentation. La mort de leur mari peut les mettre en mortelle
difficulté. La semence, la
spiritualité de l’OFS, a germé,
la croissance a commencé. Elle a maintenant besoin d'air, de lumière, de
soleil et d’engrais. Cela peut nécessiter l’aide des Assistants spirituels de
l’OFS, car assistance et direction
spirituelle sont nécessaires pour des débuts qui sont toujours
difficiles sans un bon guide. Des sessions de formation peuvent être lancées,
ainsi que des groupes d’étude pour les
membres de l’OFS, activités auxquelles
seraient invités des responsables et des membres de Fraternités d’autres pays,
afin qu’ils puissent contribuer au développement total de nos frères et sœurs
du sud de l’Ethiopie. |