Conseil International de l'OFS - Édition hebdomadaire
Volume: 10 - N. 01 - 2004 - janvier - I
Source: http://Vatican.va
1er janvier 2004
(partie I)
1. Mon premier Message pour la Journée mondiale de la Paix, début janvier 1979, était centré sur le thème: « Pour parvenir à la paix, éduquer à la paix ».
Ce Message du jour de l'An s'inscrivait dans le sillon tracé par le Pape Paul VI, de vénérée mémoire, qui avait souhaité que, le 1er janvier de chaque année, soit célébrée une Journée mondiale de prière pour la Paix. [...]
Faisant mien le voeu exprimé par mon vénéré prédécesseur sur la Chaire de Pierre, j'ai voulu poursuivre chaque année cette noble tradition, consacrant le premier jour de l'année civile à la réflexion et à la prière pour la paix dans le monde. [...] [1]
3. Pour ma part, au cours de mes vingt-cinq ans de pontificat, j'ai cherché à poursuivre le chemin tracé par mon vénéré prédécesseur. Au début de chaque nouvelle année, j'ai appelé les personnes de bonne volonté à réfléchir sur différents aspects d'une convivialité ordonnée, à la lumière de la raison et de la foi.
C'est ainsi qu'est née une synthèse de la doctrine sur la paix, une sorte de lexique concernant ce sujet fondamental: un lexique simple à comprendre pour qui a l'esprit bien disposé, mais en même temps extrêmement exigeant pour toute personne sensible au sort de l'humanité. [...]
4. Dans le Message pour la Journée mondiale de la Paix du 1er janvier 1979, je lançais déjà cet appel:« Pour parvenir à la paix, éduquer à la paix ». Cela est aujourd'hui plus urgent que jamais, car les hommes, devant les tragédies qui continuent d'affliger l'humanité, sont tentés de céder au fatalisme, comme si la paix était un idéal inaccessible.
L'Église, quant à elle, a toujours enseigné et enseigne encore aujourd'hui un axiome très simple: la paix est possible. Bien plus, l'Église ne se lasse pas de répéter: la paix est un devoir. Cette dernière doit être construite sur les quatre piliers indiqués par le Bienheureux Jean XXIII dans l'encyclique Pacem in terris, c'est-à-dire sur la vérité, la justice, l'amour et la liberté. Un devoir s'impose donc à tous ceux qui aiment la paix, celui d'éduquer les nouvelles générations à ces idéaux, afin de préparer des temps meilleurs pour toute l'humanité.
5. Dans ce devoir d'éducation à la paix, s'inscrit avec une particulière urgence la nécessité de conduire les individus et les peuples à respecter l'ordre international et à observer les engagements pris par les Autorités qui les représentent légitimement. La paix et le droit international sont intimement liés entre eux: le droit favorise la paix.
Depuis le début de la civilisation, les regroupements humains, qui se constituaient peu à peu, eurent soin d'établir des ententes et des pactes afin d'éviter l'usage arbitraire de la force et d'ouvrir la voie à une solution pacifique des controverses surgissant au fil du temps. À côté des ordonnancements juridiques propres aux différents peuples, se constitua ainsi progressivement un autre ensemble de normes, qui fut qualifié du nom de jus gentium (droit des peuples). Avec le temps, ce dernier s'est précisé et affiné à la lumière des évolutions historiques des divers peuples. [...]
Au cours de cette évolution, ont pris forme, d'une manière de plus en plus forte et avec un développement croissant, des principes universels, qui sont antérieurs et supérieurs au droit interne des États et qui tiennent compte de l'unité et de la vocation commune de la famille humaine. [...]
6. [...] La défense et la promotion de la paix furent mises au centre d'un système législatif et institutionnel largement mis à jour. Pour veiller à la paix et à la sécurité mondiales, pour encourager les efforts des États au maintien et à la garantie de ces biens fondamentaux de l'humanité, une organisation a été créée, constituée spécialement à cet effet -- l' Organisation des Nations unies -- avec un Conseil de Sécuritéinvesti de larges pouvoirs d'action. [...]
7. Il faut reconnaître que l'Organisation des Nations unies, même avec des limites et des retards liés pour une grande part à des défaillances de ses membres, a contribué notablement à promouvoir le respect de la dignité humaine, la liberté des peuples et l'exigence du développement, préparant ainsi le terrain culturel et institutionnel sur lequel peut être édifiée la paix. [...]
Je renouvelle le souhait que j'avais formulé en 1995: « Il convient que l'Organisation des Nations unies s'élève toujours plus du stade d'une froide institution de type administratif à celui de centre moral, où toutes les nations du monde se sentent chez elles, développant la conscience commune d'être, pour ainsi dire, une '' famille des nations '' ».
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