Conseil International de l'OFS - Édition hebdomadaire
Volume: 7 - N. 16 - 2001 - avril - III
Source: http://Vatican.va
Dimanche de Pâques - 15 avril 2001
1. "Dans le mystère de la résurrection du Christ, chacun de nous est déjà ressuscité" (2e Préface de Pâques)
Puisse l'annonce pascale rejoindre tous les peuples de la
terre
et puisse toute personne de bonne volonté se sentir
concernée
en ce jour que fit le Seigneur,
jour de sa Pâque,
où l'Église proclame, avec une joyeuse
émotion,
que le Christ est vraiment ressuscité!
Ce cri, jailli du cœur des disciples
le premier jour après le sabbat,
a traversé les siècles; et maintenant,
en ce moment précis de l'histoire,
il vient raviver les espérances de l'humanité
avec la certitude inébranlable de la résurrection du
Christ,
Rédempteur de l'homme.
2. "Dans le mystère de la résurrection du Christ, chacun de nous est déjà ressuscité"
L'étonnement sceptique des Apôtres et des
femmes,
accourus au tombeau dès le lever du soleil,
telle est aujourd'hui l'expérience commune du peuple de Dieu
tout entier.
Tandis que le nouveau millénaire en est à ses
débuts,
nous désirons confier aux jeunes
générations
ce qui constitue la certitude fondamentale de notre
existence:
le Christ est ressuscité, et dans le mystère de sa
résurrection,
chacun de nous est déjà ressuscité.
"Gloire à Toi, Jésus Christ
aujourd'hui et toujours, tu seras vainqueur."
Nous revient en mémoire l'hymne de foi
si souvent chantée durant notre récente marche
jubilaire,
pour louer Celui
qui est "l'alpha et l'oméga, le premier et le
dernier,
le commencement et la fin" (Ap 22, 13).
L'Église qui chemine "entre les persécutions du
monde
et les consolations de Dieu" (S. Augustin, La Cité de
Dieu, XVIII, 51), lui reste fidèle.
Vers lui, elle tourne son regard et elle n'a pas de crainte.
Elle chemine, les yeux fixés sur son visage,
et répète aux hommes de notre temps,
que Lui, le Ressuscité,
"hier et aujourd'hui, est le même, il l'est pour
l'éternité" (He 13,8).
3. En ce dramatique Vendredi de la Passion
qui vit le Fils de l'homme
se faire "obéissant jusqu'à mourir
et à mourir sur une croix" (Ph 2, 8),
s'achevait l'itinéraire terrestre du
Rédempteur.
Après sa mort, il fut déposé en hâte
dans le tombeau,
au couchant du soleil. Étonnant crépuscule!
Cette heure obscurcie par les ténèbres
menaçantes
marquait la fin du "premier acte" de l'œuvre de la
création,
bouleversée par le péché.
Il semblait alors que la mort l'emportait, que le mal avait
triomphé.
À l'inverse, à l'heure du silence glacé de la
tombe,
s'engageait le plein accomplissement du dessein salvifique,
et prenait naissance la "nouvelle création".
Devenu obéissant par amour jusqu'au sacrifice
extrême,
Jésus Christ est maintenant "exalté" par
Dieu,
qui "lui a conféré le Nom qui surpasse tous les
noms" (Ph 2, 9).
En son nom, toute existence humaine retrouve
l'espérance.
En son nom, l'être humain est soustrait au pouvoir du
péché et de la mort,
et rendu à la Vie et à l'Amour.
4. Aujourd'hui, le ciel et la terre chantent
"le nom" ineffable et sublime du Crucifié
ressuscité.
Tout semble comme avant, mais en réalité rien n'est
plus comme avant.
Lui, la Vie qui ne meurt pas, a racheté
toute existence humaine et l'ouvre de nouveau à
l'espérance.
"Le monde ancien s'en est allé, un monde nouveau est
déjà né" (2 Co 5, 17).
Tout dessein de l'être humain,
noble et fragile créature,
a aujourd'hui un "nom" nouveau dans le Christ ressuscité
d'entre les morts,
car "dans le mystère de sa résurrection, chacun de
nous est déjà ressuscité".
Dans cette nouvelle création se réalise
pleinement
la parole de la Genèse: "Dieu dit: 'Faisons l'homme
à notre image,
selon notre ressemblance'" (Gn 1, 26).
À Pâques, le Christ,
nouvel Adam devenu "l'être spirituel qui donne la vie"
(1 Co 15, 45),
arrache le vieil Adam à la défaite de la mort.
5. Hommes et femmes du troisième millénaire,
c'est pour tous le don pascal de la lumière,
qui éloigne les ténèbres de la peur et de la
tristesse;
c'est pour tous le don de la paix du Christ
ressuscité,
qui brise les chaînes de la violence et de la haine.
En ce jour, redécouvrez avec joie et étonnement
que le monde n'est plus esclave d'événements
inéluctables.
Notre monde peut changer:
la paix est possible même là où depuis trop
longtemps
on combat et on meurt, comme en Terre Sainte et à
Jérusalem;
elle est possible dans les Balkans, qui ne sont plus
condamnés
à une incertitude préoccupante qui risque de
réduire à néant
toute proposition d'entente.
Et toi, Afrique, terre martyrisée
par des conflits sans cesse en embuscade,
relève fièrement la tête,
confiante en la puissance du Christ ressuscité.
Grâce à son aide, toi aussi, Asie,
berceau de traditions spirituelles séculaires,
tu peux vaincre le défi de la tolérance et de la
solidarité;
et toi, Amérique latine, vivier de jeunes promesses,
c'est dans le Christ seulement que tu trouveras la capacité
et le courage
pour un développement respectueux de tout être
humain.
Vous tous, hommes et femmes de tous les continents,
à la tombe qui est désormais et pour toujours
vide,
puisez la vigueur nécessaire pour combattre
les forces du mal et de la mort,
et pour mettre toutes les recherches et tous les progrès
techniques et sociaux
au service d'un avenir meilleur pour tous les hommes.
6. "Dans le mystère de sa résurrection, chacun de nous est déjà ressuscité".
Depuis que le tombeau fut trouvé vide,
depuis que Céphas, les disciples, les femmes
et "plus de cinq cents frères" (1 Co 15, 6)
te virent ressuscité,
a commencé le temps où toute la création
chante ton nom "qui est au-dessus de tout nom",
et où elle attend ton retour définitif, dans la
gloire.
Dans notre temps,
entre Pâques et la venue de ton Règne
éternel,
temps qui ressemble au travail d'un enfantement (cf. Rm 8,
22),
aide-nous à construire un monde plus humain,
rassuré par le baume de ton amour.
Toi, la Victime pascale offerte pour le salut du monde,
fais que notre engagement ne s'évanouisse pas,
même lorsque la fatigue alourdit notre marche.
Toi, Roi victorieux, donne-nous le salut éternel!
Donne au monde le salut éternel!