LISTE C I O F S

Conseil International de l'OFS - Édition hebdomadaire

Volume: 6 - N. 30 - 2000 - juilliet - IV

Source: Bureau du CIOFS


L’Ordre Franciscain Séculier face aux enjeux de l’an 2000
Introduction
1. Nous recevons chaque bien de Dieu
1.1.1. Le temps présent

L’Ordre Franciscain Séculier face aux enjeux de l’an 2000

fr. Hermann Schalück ofm



Introduction



Chères sœurs et chers frères, merci de tout cœur de m’avoir invité à votre Chapitre Général, qui revêt un ton particulier à l’heure de la célébration du vingtième anniversaire de la Règle approuvée par Paul VI. Ce que je veux vous souhaiter, c’est que cet événement féconde votre vie personnelle et celle de vos fraternités.

Je vous remercie de l’opportunité que vous m’avez offerte car c’est l’occasion de s’enrichir mutuellement et de grandir ensemble. Personnellement, je reconnais que les expériences de cheminement commun des I, II et IIIème ordres font partie des expériences de ma vie les plus belles et les plus encourageantes. Nous sommes de plus en plus conscients que étapes à parcourir.

Je voudrais commencer par quelques mots qui vous sont probablement familiers : “ La force rénovatrice de l’esprit, dans l’Eglise et dans le monde, nous faisons partie d’un grand tout, dont nous n’avons pas encore suffisamment exploité la beauté eta richesse, mais aussi toute la fécondité spirituelle. Si nous considérons les défis et les problèmes qui nous interpellent et appellent des réponses évangéliques adaptées, nous nous rendons compte que notre cheminement commun vers le futur a encore de nombreuses qui a appelé François en pénitence et lui a proposé de reconstruire l’Eglise, nous appelle également à la conversion perpétuelle et à servir nos frères au moyen d’œuvres de miséricorde, en témoignant de l’évangile dans le monde d’ajourd’hui, avec tous ses problèmes et ses espoirs ”. Ces phrases sont tirées du message que l’alors ministre général TOR J. A. Quillis vous adressa en vous remettant les nouvelles Constitutions Générales durant le Chapitre Général de Fatima. Je voudrais tirer de cette affirmation synthétique, certains éléments sur lesquels baser notre réflexion commune, avec un objectif précis : qu’elle puisse contribuer à raviver et à renforcer la conscience du don de l’Esprit que nous avons reçu en tant que franciscains et vous en particulier, en temps que franciscains séculiers.

Dans cette époque de grâce que le Seigneur nous permet de vivre, une époque qui est “ l’ époque la meilleure et l’époque la pire, l’heure de la sagesse et l’heure de la folie, le temps des croyants et le temps des incrédules, la saison de la lumière et la saison des ténèbres, un printemps d’espoir et un hiver de désespoir ” (Dokens), nous voulons rechercher la contribution nouvelle et unique que les franciscains séculiers sont appelés à offrir aujourd’hui, dans une attitude de proposition face aux problèmes et aux espoirs de l’Eglise et du monde. Car “ nous tous, chacun à notre manière, nous devons faire du nouveau à la lumière de l’enseignement de Dieu et à son service ; et ne pas refaire ce qui a déjà été fait, mais bien ce qui est encore à faire ” (Martin Buber)

C’est pourquoi, pleins d’enthousiasme pour les mots que l’évangile continue à nous adresser aujourd’hui, nous voulons faire nôtre cet élan de tout l’être qui caractérisa François et nous exclamer avec lui : “ C’est ce que je veux, ce que je demande, ce que je réclame de faire de tout mon cœur ” (1 Cel 22)

Et ainsi, quel que soit le lieu où nous nous trouvons, nous saurons répondre à l’appel de l’Esprit à nous convertir à l’évangile de Jésus et à être une authentique présence évangélisatrice et prophétique. Nous voulons vivre cela “ en communion vitale réciproque ” de façon à “ rendre présent le charisme de notre Père séraphique commun dans la vie et dans la mission de l’église ” (Règle OFS 1).

1. Nous recevons chaque bien de Dieu

Dans son testament, Saint François marque le souvenir des principaux moments de sa vie par l’expression “ Et le Seigneur... ”. “ Le Seigneur me permit de faire pénitence,... il me donna et me donne une foi profonde dans les prêtres,... il me donna des frères..., il me révéla que je devais vivre suivant le saint Evangile,... que je devais donner le salut : “Que le Seigneur te donne la paix... ”. Le Seigneur est à l’origine de chaque découverte, de chaque expérience de François, et celui-ci célèbre sa vie comme un don du Seigneur, auquel il reconnaît l’initiative de chacun des battements de son cœur.

Dans la règle, il avait affirmé chaleureusement que tout bien vient de Dieu, que tous les biens lui appartiennent et, donc, que c’est à lui que nous devons les restituer.

Le don fondamental de chacun de nous, c’est la vie : nous existons à une époque déterminée et dans un certain espace. Nous, en tant que Franciscains, nous savons que le don de la vie est le talent qu’il nous faut faire fructifier à la suite de Jésus, dans le style de François et de Claire.

Dans un premier temps de réflexion, nous nous arrêterons donc avant tout sur le don que Dieu nous fait en nous donnant cet “aujourd’hui ”, cette heure de Dieu dans laquelle il nous est donné de vivre et qui devient pour nous un temps de grâce : il s’agit du temps et de l’espace qui nous sont confiés et où nous sommes “ donnés ”. En second lieu, nous reviendrons avec le regard du cœur sur certains aspects spécifiques du don fait par l’Esprit à son Eglise, en la personne de François et celle de Claire et qui deviennent pour nous des indications précieuses d’orientation possible.

1.1.1. Le temps présent

Il faut tout d’abord nous situer dans la phase actuelle de l’histoire, dans une écoute attentive des signes des temps, pour connaître les situations dans lesquelles nous nous déplaçons au quotidien, dans l’existence aux côtés des autres hommes et femmes, afin de nous ouvrir à l’action de l’Esprit : ce sont les conditions essentielles pour vie fortement enracinée, “ vigoureuse ”.

Le Saint Père, dans l’exhortation apostolique Christifideles Laici, affirme que “il faut regarder en face notre monde, avec ses valeurs et ses problèmes, ses inquiétudes et ses espoirs, ses conquêtes et ses défaites ” (Clf 3) Le regarder en face, avec réalisme, mais je dirais aussi avec sympathie, avec espoir, dans la certitude que l’amour de Dieu ne manque pas et qu’il continue à animer ce monde et cette époque.

Nous vivons une phase de l’histoire qui montre des signes évidents de transition. En de tels instants, l’être humain éprouve une sensation de vide, d’absence de sens et de règles, d’incertitude et de crise permanente.