Allegato 6
Mimi Def
1. Introduction
2. Dieu créa l'homme a son image
3. Homme et Femme Il les créa
4. Soyez féconds
1. Introduction
L'équipe de Présidence, préparant ce chapitre, a retenu trois sujets de réflexion dont nous allons débattre durant cette session. La famille est l'un de ceux-là et c'est celui dont l'équipe m'a confié la présentation.
Je ne suis pas une historienne capable de vous brosser un tableau sur son évolution à travers les ages ou les continents.
Je ne suis pas une théologienne en mesure d'appréhender les mystères de la révélation divine.
Je suis une femme née il y a un peu plus de soixante ans dans une région de France et dans une famille de tradition chrétienne. Je vis actuellement à la périphérie d'une grande ville dans un quartier tout proche de quartiers où vivent des familles en grande difficulté.
Mariée depuis 37 ans, avec René nous nous sommes engagés ensemble par la promesse de vie évangélique dans la fraternité franciscaine séculière. C'était en octobre 1967. Nous avons eu six enfants et nous avons pour l'instant cinq petits enfants. Nous avons essayé de leur donner le meilleur de nous-mêmes, de les ouvrir à la connaissance de Jésus-Christ et du monde qui les entourait.
Nous avons partagé la souffrance de nombreux parents qui voient un jour leur enfant déserter le chemin de l'église. Nous avons partagé la souffrance e nombreux parents qui, sans rien comprendre, perdent un enfant en pleine jeunesse. Nous partageons aussi la joie de nombreux parents qui se réjouissent du bonheur de frères et soeurs qui se rassemblent.
C'est donc au travers de cette expérience de vie que je vais essayer de parler aujourd'hui.
Pour cela j'ai réouvert le Projet de vie (art 17), j'ai repris les Constitutions (art 24-25), j'ai relu l'Évangile (Mat 19,1-10; Mc 10,2-12).
Le langage ecclésial, le langage catéchétique est tout pétri de référence à la famille. On parle de familles spirituelles, de la famille franciscaine; par le baptême nous entrons dans la famille des enfants de Dieu; il est question d'abandon filial...
Pourquoi cette permanence dans les termes? Y a-t-il un sens plus profond?
Dès le premier chapitre de la Genèse nous retrouvons le fondement même de la famille (Gen 1,21-28).
2. Dieu créa l'homme a son image, à son image il le créa...
Cette phrase de la Genèse implique donc, que pour connaître l'homme il nous faut connaître Dieu. Qui es-tu donc, mon Dieu? Toi que nul homme n'est digne de nommer.
Dieu, commencement et fin, le Tout-Autre, le Tout-Puissant, le Très-Haut et qui pour se révéler à nous n'a pas hésité à prendre visage d'enfant, visage d'homme. Qui donc es-tu mon Dieu, pour nous aimer ainsi? Oui, l'Amour est bien Son nom.
Mais si tout être humain est à l'image de Dieu, toute vie est sacrée. Attenter à la vie, à l'intégrité de la personne humaine, c'est abîmer l'image même de Dieu.
Dieu Amour est aussi un être de relation. Il s'est révélé à nous Père, Fils et Esprit. L'homme ne peut donc se concevoir isolément.
3. Homme et Femme Il les créa... et Dieu vit que cela était bon.
C'est dans l'unité coeur-corps-esprit que Dieu se vit.
C'est dans la relation sexuée que Dieu se dit.
C'est la différenciation sexuelle qui permet la relation. L'homme et la femme sont deux manières sexuées d'être l'homme à la ressemblance de Dieu. La création de la femme n'ouvre pas à une double "- solitude originelle -" - rappelle Jean-Paul II - mais à une dualité.
Réouvrons l'Ancien Testament au Cantique des Cantiques (2,8.9-15; 3,12; 4,17.9-10).
Tous les amoureux du monde reprendraient ces mêmes
paroles.
Ecoutons un aumônier national du Centre de
Préparation au Mariage (Arbre 139 -- p. 22)
Dans le dessein même de Dieu, l'homme et la femme
sont appelés à leur humanisation
réciproque:
-- du don de l'homme à la femme et de la femme à
l'homme naissent les premiers sentiments humains: accueil,
émerveillement réciproque devant l'autre,
semblable et différent;
-- la réciprocité de l'amour, du don, est
générateur de dynamisme, de croissance et donc
de vie;
-- par la fécondité, l'homme et la femme
deviennent co-créateurs; le désir et le don
réciproques, grâce à la
complémentarité des corps, permettent en ne
faisant "- qu'un -" d'engendrer un autre être
unique: l'enfant.
4. Soyez féconds, remplissez la terre; soumettez-la.
Par cette continuité dans la descendance, ils accèdent à l'éternité de Dieu; de plus la trilogie -- père-mère-enfant -- permet l'approche de la notion de Trinité.
Fécondité aussi dans la création: "-Dieu vit qu'il n'y avait pas d'homme pour cultiver la terre...-" (Gen 2,5). Avec leur coeur, leur corps, leur esprit, l'homme et la femme domineront la terre, ils la rendront belle et féconde. Ainsi en est-il du plan de Dieu.
La famille, lieu privilégié où l'on vit une expérience d'amour, où l'on fait l'apprentissage de la vie sociale, où l'on découvre le visage de Dieu.
La famille, lieu idyllique, nostalgie d'un éden perdu, avant-goût d'un paradis à venir?
Qu'en est-il aujourd'hui? Quelle réalité?
Famille-cocon, famille éclatée, famille-refuge, famille-ouverte...
Qu'observons-nous dans notre quotidien?
Si fonder une famille est un droit pour tout être humain, si donner la vie est une aspiration légitime, que pouvons-nous constater? Incertitude du lendemain, inquiétude née des crises politiques et économiques. En raison de tout cela la peur s'infiltre insidieusement dans nos mentalités, paralyse nos énergies, engendre un repli sur soi, une négation de l'autre. Société de consommation, société de pénurie, société du tout tout-de-suite; les jeunes et mêmes les moins jeunes ont bien souvent du mal à trouver leur place, à construire un projet, à croire à la fidélité. Amour brisé, amour bafoué, amour défiguré...
Quand l'homme oublie la dimension spirituelle du corps, il prostitue, se prostitue, invente la pornographie; il utilise alors toutes ses forces dans la recherche effrénée du plaisir et du profit.
La sexualité devient un lieu de peurs et
d'insatisfaction:
-- le peur, oui, elle est bien là avec le sida,
véritable fléau de notre temps;
-- peur de donner la vie; dans nos sociétés
occidentales, avoir une famille nombreuse devient une
provocation. Les démographes, il est vrai, nous
prédisent l'apocalypse;
-- peur devant les découvertes scientifiques; à
coté de tant de merveilles, combien de questions?...
L'enfant-différent, l'enfant non-conforme a-t-il encore
une place? L'enfant-programmé quand-on-veut, de-qui-on
veut...
Nous allons refaire la vie. "- Vous serez comme des dieux -". Nous prenons conscience de notre péché...
Ecoutons Saint Paul dans la seconde épître au Corinthiens: "-...ce trésor, nous le portons en des vases d'argile, pour que cet excès de puissance soit de Dieu et ne vienne pas de nous. Nous sommes pressés de toute part, mais non pas écrasés; ne sachant qu'espérer, mais non pas désemparés; persécutés, mais non abandonnés; terrassés, mais non annihilés. Nous portons partout et toujours en notre corps les souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps-". La vie, nous l'avons reçue au seul d'une famille.
La famille: signe de l'alliance de Dieu avec son peuple, reflet de l'amour divin... nous devons en témoigner. Tous, quelle que soit notre condition -- car, comme nous le dit François dans sa lettre à tous les fidèles nous sommes époux, frères et mères.
J'ai bien conscience de ne pas avoir suffisamment fouillé le sujet, d'avoir omis bien des aspects... mais cela sera notre travail à tous d'y apporter les compléments que nous jugeons nécessaires. Nous allons également entendre le témoignage de Marie Amóre et de Alicia Gallardo, qui vivent des situations différentes.